mardi 12 novembre 2013

| Interview: Hamid Barrada : Maghreb et Israël, des relations "sur la voie de la normalisation" Hamid Barrada Journaliste marocain | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

Hamid Barrada : Maghreb et Israël, des relations "sur la voie de la normalisation"

12/11/2013 à 10:52
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D'après Hamid Barrada, le Maroc est le pays qui prend le plus soin de sa communauté juive. D'après Hamid Barrada, le Maroc est le pays qui prend le plus soin de sa communauté juive. © DR
Pour le coauteur de L'Arabe et le Juif, Éditions Plon, 2004, les relations du Maghreb avec Israël s'apaisent d'elles-mêmes. Bien que toujours cruciale, la question de la Palestine est de moins en moins un point de blocage.
Fruit d'une histoire millénaire mais aussi des derniers bouleversements dans le monde arabe, le regard du Maghreb sur "ses juifs" change, et les relations des États de la région avec Israël aussi. Collaborateur de Jeune Afrique et auteur, avec Guy Sitbon, de L'Arabe et le Juif, Hamid Barrada décrypte les mouvements d'ensemble et les différences de perception à l'oeuvre au Maroc, en Algérie et en Tunisie.
JEUNE AFRIQUE : Comment les juifs sont-ils perçus au Maghreb aujourd'hui ?
HAMID BARRADA : Le regard des Maghrébins sur les communautés juives et, au-delà, sur Israël, a assurément changé à des degrés variables d'un pays à l'autre. Le Maroc s'est singularisé grâce à Hassan II, qui prêtait une attention toute particulière à "ses juifs". Dans les années 1980, l'ami Guy Sitbon, de retour d'un long séjour aux États-Unis, m'avait raconté que les Américains avaient vaguement entendu parler de la Tunisie [pays d'origine de l'écrivain-journaliste] mais connaissaient parfaitement le Maroc. À cette nuance près : pour eux, c'était un pays juif qui traitait convenablement sa minorité musulmane ! Passablement surpris par sa découverte, Guy voulait savoir combien il restait de juifs au Maroc. Environ 15 000 aujourd'hui si l'on compte large et de 3 000 à 4 000 si l'on compte serré. Parmi eux, André Azoulay, conseiller du roi, Serge Berdugo, président de la communauté juive, Robert Assaraf, cofondateur de l'Union mondiale du judaïsme marocain... C'est d'ailleurs Hassan II, soucieux que les relations avec les juifs marocains dispersés à travers le monde soient le meilleur possible, qui avait inspiré la création de cette union.
>> Lire aussi : Au Maroc, des juifs venus 'Israël prient leurs saints en toute tranquilité
Il convient de rappeler que pendant la Seconde Guerre mondiale, la solidarité avec la communauté juive en proie aux persécutions des autorités du protectorat français avait été exemplaire et que, plus tard, le sultan avait tout fait pour la dissuader de ne pas rejoindre le nouvel État d'Israël. Mais le poids des lobbys, qui poussaient à l'exode, a finalement été décisif. Personne n'a oublié l'attitude du sultan Ben Youssef, le futur Mohammed V, sous le régime de Vichy. Au résident général venu lui annoncer qu'on avait décidé de procéder au recensement des juifs marocains pour leur infliger le port de l'étoile jaune, il avait lancé : "Ajoutez dix-huit !" Pourquoi dix-huit ? Autant que les membres de la famille royale ! L'opération a tourné court.
À la réflexion, cette position peu banale n'est pas pour surprendre : elle est en harmonie avec l'histoire de l'empire chérifien. Depuis le XVe siècle, les mellah sont accolés aux palais pour mieux les protéger, mais aussi, paraît-il, pour que l'on puisse bénéficier de leurs excellents médecins. Hier comme aujourd'hui, le roi est Commandeur des croyants, pas seulement des musulmans, mais aussi des juifs. Enfin, les quelque 600 000 juifs marocains devenus israéliens gardent des attaches fortes avec leur patrie initiale. D'ailleurs, au regard de la loi marocaine, ils conservent leur nationalité et ils sont nombreux à revenir, régulièrement, en pèlerinage pour les fêtes de la Hiloula.
Qu'en est-il dans les autres États du Maghreb ?
C'est la Tunisie qui a traditionnellement la politique la plus proche de celle du Maroc. De Bourguiba à Ben Ali, des relations privilégiées ont été conservées avec la diaspora. Le lobby des Tunes n'a pas perdu de sa vitalité, même après le Printemps arabe. Au contraire. De nombreux intellectuels juifs redécouvrent leur pays et prêtent main-forte aux démocrates laïques. On l'a bien vu lors de la rédaction de la Constitution, à propos de l'article sur la religion de la Tunisie. Ils se sont opposés à toute formulation faisant de l'islam une religion d'État. À ce propos, il est intéressant de noter qu'au Maroc la question de la religion n'a suscité nulle controverse pendant l'élaboration de la nouvelle Constitution. Le texte adopté stipule que "l'islam est la religion de l'État" [article 3], mais dès le préambule, il est mentionné que l'identité marocaine est enrichie par l'affluent hébraïque au même titre que les composantes arabophone-islamique, amazighe, saharienne, etc.
En Libye, Mouammar Kaddafi avait du mal à s'accommoder des relations du Maroc avec Israël. Lorsque Hassan II a reçu Shimon Pérès à Ifrane, en 1986, le traité qui liait depuis deux ans le royaume à la Jamahiriya dans le cadre d'une Union arabo-africaine a été aussitôt abrogé. Hassan II n'avait pas d'autre but. Il avait cherché néanmoins à apaiser le "Guide" en dépêchant auprès de lui son ministre de l'Intérieur, Driss Basri. Avec ce message : "Tu es jaloux, car tu as perdu tes juifs alors que nous avons su garder les nôtres !" On relèvera par la suite diverses opérations de séduction des hommes de Kaddafi en direction de personnalités juives d'origine libyenne installées notamment en Italie...
>> Lire aussi : Juifs et musulmans : trois cas, trois écoles

Hassan II et Shimon Pérès, en 1986 à Ifrane. Cette rencontre
avait jeté un froid entre le Maroc et la Libye. © Nati Harnik/AFP
En revanche, les juifs originaires d'Algérie repliés sur la France métropolitaine après l'indépendance se trouvent dans une situation très complexe. Comme les autres pieds-noirs, ils ont gardé la nostalgie de là-bas mais les blessures de la guerre n'ont pas toutes cicatrisé. En dépit de la politique de réconciliation menée aussi bien par la France que par l'Algérie, les opinions restent crispées des deux côtés de la Méditerranée. Pour preuve, l'affaire Enrico Macias. Il avait été invité par le président Abdelaziz Bouteflika, en 2000, mais son éventuelle venue avait suscité une levée de boucliers. Des responsables de premier plan, comme Abdelaziz Belkhadem [alors ministre des Affaires étrangères], avaient éprouvé le besoin de manifester leur hostilité au "chanteur sioniste". Et le voyage n'a jamais eu lieu. Les efforts de réconciliation se sont poursuivis, mais les gestes sont rares, comme cette poignée de main furtive entre Ehoud Barak [alors Premier ministre israélien] et Bouteflika lors des obsèques de Hassan II, en 1999.
>> Lire aussi : Y a-t-il encore des juifs au Maghreb ?
Quoi de neuf depuis le Printemps arabe ?
Il faut insister d'abord sur une donnée essentielle qui n'a pas fini de produire ses effets. La révolte portait sur les droits de l'homme, tous les droits de l'homme et rien que les droits de l'homme. Une revendication absolue, non négociable. "Dégage !" C'était partout la même exigence, à Tunis, au Caire, à Benghazi... Cette fois-ci, les ressorts classiques, incontournables, de la colère populaire dans le monde arabe - la Palestine, Israël, l'Irak ou l'impérialisme américain - sont totalement absents. Aucun drapeau américain ou israélien n'a été brûlé. Une cible unique : les potentats arabes. Du coup, la question palestinienne n'occupe plus une place aussi centrale dans les préoccupations des peuples arabes. Attention, elle n'a pas disparu : les jeunes qui se sont révoltés contre la tyrannie ne manqueront pas de manifester à la première occasion. La cause palestinienne reste essentielle, mais parmi les autres questions des droits de l'homme.
Quid des rapports avec Israël ?
On a l'impression d'assister à une normalisation rampante, inavouable mais acceptée. Tous les pays arabes ont solennellement reconnu Israël dans ses frontières de 1967. Le Qatar soutient le Hamas et commerce avec Israël. Dans l'opinion aussi, cette normalisation est en marche. Au Maroc, le documentaire du jeune réalisateur Kamal Hachkar, Tinghir-Jérusalem. Les échos du mellah [lire son interview p. 35], qui part à la rencontre des juifs de son village ayant émigré en Israël, a été produit par la chaîne publique 2M. Sa diffusion a suscité quelques remous, provoqués par l'Association de lutte contre la normalisation avec Israël, mais sans réelles conséquences.
Les velléités de normalisation demeurent néanmoins fragiles. Comme l'atteste cette scène vécue par Judas Azuelos, vivant entre Madrid et Paris et qui fut l'ami de Mehdi Ben Barka. Il se trouve un jour à Marrakech, place Jemaa el-Fna, lorsqu'un car déverse un groupe de touristes israéliens bruyants et démonstratifs. Il les observe, surpris, lorsqu'un Marrakchi l'apostrophe par un "shalom" très amical. Judas fait semblant de s'indigner et l'enguirlande en arabe : "Tu n'as pas honte ?" Le quidam change totalement d'attitude : "Excuse-moi mon frère, je croyais que tu en étais, hachak [mot de mépris qui signifie "sauf votre respect" et qu'on prononce lorsqu'on parle du chien, de la femme et du juif]." On passe en un tournemain du "shalom" de bienvenue au "hachak" de rejet et de mépris.

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jeudi 7 novembre 2013

Boudiaf était avec l’armée marocaine ! | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Eternel Conflit algéro-marocain
La faute incombe aux militaires algériens qui alimentent une tension pour aucune raison apparente. C’est une réalité qu’il faut dire mais aussi admettre. Que gagnera l’Algérie dans ces conflits ? Le sud marocain sera toujours marocain. Que pèsera le pays de Bouteflika devant les puissances mondiales qui se sont toutes alignées sur les thèses marocaines ? Les Algériens qui n’arrivent même pas à sauvegarder leur souveraineté aérienne de leur propre pays, comme l’atteste l’utilisation de l’armée Française de l’espace aérien algérien au début de cette année lors de l’attaque de l’Azawad, peuvent-ils libérer une partie de la nation marocaine ? Impossible. Et ces algériens le savent pertinemment.
07/11/2013 - 11:06 mis a jour le 07/11/2013 - 13:48 par Farid M.

Le litige entre l’Algérie et le Maroc n’a aucune raison d’exister. Même si au début, le Maroc n’a consenti aucun effort pour améliorer les relations entre les deux pays, ces derniers temps, il suffit que l’Algérie se retirait du conflit Saharaoui pour que tout revienne dans l’ordre et en finir avec cette guerre froide qui pénalise tous les peuples de l’Afrique du nord.
La faute incombe aux militaires algériens qui alimentent une tension pour aucune raison apparente. C’est une réalité qu’il faut dire mais aussi admettre. Que gagnera l’Algérie dans ces conflits ? Le sud marocain sera toujours marocain. Que pèsera le pays de Bouteflika devant les puissances mondiales qui se sont toutes alignées sur les thèses marocaines ? Les Algériens qui n’arrivent même pas à sauvegarder leur souveraineté aérienne de leur propre pays, comme l’atteste l’utilisation de l’armée Française de l’espace aérien algérien au début de cette année lors de l’attaque de l’Azawad, peuvent-ils libérer une partie de la nation marocaine ? Impossible. Et les algériens le savent pertinemment.
Pour l’histoire, les hommes qui ont libéré l’Algérie du joug colonial sont tous du côté marocain. Ils sont restés toute leur vie reconnaissants envers ce pays frère et voisin qui a joué un rôle prépondérant dans la l’indépendance de l’Algérie. Krim Belkacem, Aït Ahmed, Ferhat Abbas, Khider, pour ne citer que cela, ont tous dénoncé l’attitude des décideurs algériens qui ont pris le pouvoir après 1962. C’est grâce au Maroc que l’Algérie avait pris part au congrès de Ben Doug en 1956. C’était la première victoire diplomatique de l’Algérie durant la guerre de libération nationale. Durant la guerre, alors que la Tunisie prenait un quota de 10% de toutes les armes achetées par le FLN et qui transitaient par ce pays, le Maroc n’a jamais pris aucune cartouche. Ce ne sont pas les exemples qui manquent pour démontrer l’aide précieuse que le Maroc avait apporté pour le peuple Algérien. La liste est très longue. Inutile de rappeler que le Maroc était le premier pays au monde à reconnaître officiellement le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne, GPRA, lors de sa création. Pour l’histoire, lors de conflits de 1976 à Tindouf entre l’armée algérienne et Marocaine, le père du FLN (le vrai FLN !), Mohamed Boudiaf, était dans les rangs de l’Armée marocaine ! Une anecdote que sûrement beaucoup d’Algériens ignorent. Boudiaf, qui était reconnaissant envers le Maroc s’est soulevé contre le dictateur Boumedienne qui était, avec son comparse Ben Bella, derrière ce conflit. Il est absurde de comparer le patriotisme de Boudiaf avec le tyran Boumedienne !
« Dites à Boumedienne, que les Marocains aiment l’Algérie »
1976, l’Algérie avait mobilisé son armée à Tindouf de peur, soi-disant de voir le Maroc envahir l’Algérie. Des jeunes militaires de l’époque ont raconté comment ils ont vécu cette période. Une période que rares sont les algériens connaissent. « Sur le front et les postes avancés, tous les militaires étaient des Kabyles ce qui a suscité notre curiosité. Je me souviens de ces nuits cauchemardesques que nous avons passées à Tindouf. J’avais juste terminé mes études lorsque l’on m’a embarqué à Tindouf avec d’autres amis. Tous les jeunes mobilisés étaient instruits et gradés », témoigna Hocine, qui vit aujourd’hui en France.
« Il n’y avait pas d’affrontements armées. Les troupes marocaines étaient très loin. Nous avions même l’impression qu’ils avaient cédé leur territoire. Je vous raconte une anecdote qui va vous surprendre peut être. Après plus d’un mois au front et nous avions perçu aucune apparition de l’armée marocaine, nous circulions par fois sans armes sur les terroirs marocains. Y avait beaucoup de perdrix que nous aimions chasser. Un soir, une patrouille marocaine nous a surpris dans leur territoire. Nous avions très peur et nous avons cru que c’était notre fin. Les marocains nous ont capturés et arrêtés. Ils étaient des Berbères comme nous. Ils nous traité comme des frères. Ils ont pris nos armes et nous ont posé juste quelques questions. Moins de 4 heures après notre arrestation, la même patrouille nous a posé à l’endroit où ils nous ont arrêtés. les militaires marocains ont rendu nos armes et ont pris que les munitions par mesure de sécurité », raconta Hocine.
« Avant de nous relâcher, un militaire marocain, qui avait l’air d’être un haut gradé, nous a demandé de passer un chaleureux bonjour à tous les militaires algériens qui étaient au front. Il m’avait dit ceci : dites à vos amis de rentrer chez eux et ils n’ont rien à faire ici. Dites aussi à vos supérieurs que les marocains veilleront sur vos frontières et n’oubliez pas de dire à Boumedienne que les dirigeants Marocains aiment les Algériens plus que lui. Il le sait bien et ça sera juste un rappel pour lui », raconta avec des détails Hocine qui veut même publier tout un livre à ce sujet après sa retraite.
Hocine dit être étonné aujourd’hui de voir des Algériens prendre le conflit Saharoui comme une cause nationale. « Je me souviens comme si c’était hier du chanteur Kabyle Hamidouche qui était mobilisé avec nous. Il était très sensible. Il a passé des moments très durs. Il ne mangeait pas, ne dormait pas. Hamidouche était très choqué et n’arrivait pas à supporter le racisme de nos supérieurs arabes qui nous traitaient de poux ! Un jour, un de nos amis Kabyle a été tué froidement par un capitaine arabe pour une histoire banale. Hamidouche avait sombré dans la déprime. La victime était son ami intime. Quelques années après, le chanteur Hamidouche avait consacré des chansons tristes sur cette période qui l’a marqué à jamais. Je l’ai rencontré pour la dernière à Paris en 1989 », relata Hocine les larmes aux yeux. La vérité sur le conflit algéro marocain sera-t-il connu ? Boumediene a laissé un venin immortel à l’Afrique du nord.
Farid M.

Violences sexuelles | Afrique du Sud : viole-moi si tu peux ! | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

07/11/2013 à 15:20
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L'oeil de Glez. L'oeil de Glez. © Glez
Les agressions sexuelles sont-elles en recrudescence en Afrique du Sud ou les tolère-t-on simplement moins ? De châtiments médiatisées en campagnes militantes, en passant par l’élaboration de nouvelles méthodes de prévention, le viol fait l’actualité…
Les abus sexuels font la une des gazettes sud-africaines. Le 1er novembre dernier, au parquet de Swellendam, un Sud-africain de 21 ans, Johannes Kana, écopait d’une double peine de réclusion à perpétuité pour avoir violé et éviscéré Anene Booysen, une jeune fille de 17 ans. Les adolescents sont de plus en plus menacés par toutes sortes d’actes sauvages à caractère sexuel. Et les langues tendent enfin à se délier. Au cours de cette même première semaine de novembre, trois lycéens sud-africains dénonçaient un enseignant qui les avait harcelés pour assister à la pose d’un piercing sur ses parties génitales.
Professeur d’anatomie ou de mécanique ?
S’il serait naïf de considérer que le viol est une nouveauté, il n’en demeure pas moins qu’un rapport de l’Institut d’étude de sécurité (ISS) estimait qu’en 2012, en Afrique du Sud, "la prévalence du viol, et plus particulièrement du viol en réunion était inhabituellement élevée". Si la police locale s’arc-boute sur les chiffres de la criminalité qui auraient globalement baissé, Médecins sans frontières estime qu’une femme est violée toutes les 26 secondes dans le pays. Une fréquence que l’on rencontre habituellement dans les contrées en guerre ou le viol est utilisé comme une arme. Un Sud-africain sur trois aurait déjà participé à un rapport sexuel forcé…
Médecins sans frontières estime qu’une femme est violée toutes les 26 secondes en Afrique du Sud.
En Afrique du Sud, comme ailleurs, les victimes d’infractions sexuelles ont traditionnellement des réticences à porter plainte. D’autant que certaines agressions semblent tolérées par la société, notamment les "viols correctifs" destinés à "guérir" les lesbiennes. D’autant qu’au cours de l’année 2012, au moins 12 membres des SAPS (South African Police Service) ont été arrêtés pour agression sexuelle…
Si la défiance envers la justice est toujours patente, certains décident de traiter le mal au pubis. En 2011, une doctoresse sud-africaine, Sonnet Ehlers -elle-même violée lorsqu’elle avait 20 ans-, présentait le Rape-aXe, un préservatif féminin équipé de dents. En cas d’intrusion non sollicitée dans l’appareil génital féminin, les petits crochets “mordent” le pénis du violeur. L’agresseur se retire avec la verge emprisonnée dans le dispositif. Cette semaine, deux jeunes New-Yorkaises qui se font appeler Ruth et Yuval présentaient une réincarnation de la ceinture de chasteté. Bientôt commercialisée sous le nom d'"Anti-Rape Wear", cette culotte indéchirable fait partie d’une ligne de "vêtements anti-viol" qui assurent une protection portable contre les agressions sexuelles. Le caleçon est muni d’un verrou sécurisé par un code à 4 chiffres. Le sous-vêtement est adapté aux situations considérées à risques : lorsqu’une jeune femme se rend à un premier rendez-vous, lorsqu’elle tarde en boîte de nuit ou lorsqu’elle traverse des zones potentiellement dangereuses.
En avril dernier, trois étudiants indiens de l'université de Chennai présentaient un soutien-gorge équipé d'un système capable de lancer des décharges électriques et même d'envoyer des SMS à la police. En 2003, c’est une veste créée dans le Massachusetts qui déclenchait des décharges électriques de 80 000 volts.
Ces parades techniquement sophistiquées complètent une gamme de stratégies plus traditionnelles et moins radicales, allant de la bombe lacrymogène poivrée au cours d'autodéfense. Et pour anticiper les agressions préméditées de ceux qui intoxiquent leur futur victime, des chercheurs de l'université de Tel-Aviv ont mis au point une sorte de détecteur de violeur : une paille qui se colore dès qu’elle est plongée dans un breuvage contenant du GHB, de la kétamine ou du rohypnol ; autrement dit les "drogues du Violeur", les agresseurs étant, eux aussi, de mieux en mieux équipés.

Exclusif: Décryptage d’une vidéo d’AQMI.

Exclusif: Décryptage d’une vidéo d’AQMI.

Aqmi appelle à attaquer la France en toutes circonstances, y compris de viser les civils français.
Une nouvelle vidéo de la zone Grand Sahara d’al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) a été diffusée sur Internet à partir de la fin octobre. Son titre est "La France et la poursuite du mirage." Passée inaperçue des médias en raison de l’actualité fournie. D’abord la libération des quatre otages d’Arlit an Niger. Et ensuite l’assassinat tragique des journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon près de Kidal au Mali.
Groupe La vidéo d’AQMI montre essentiellement des combattants étrangers. Ils s’expriment devant la caméra quelque part dans le Nord du Mali. Pas de scènes de combats. Quelques images de la vie courante avec l’immanquable thé du désert.
On y voit des jihadistes plaisanter et rire, s’y moquer du président François Hollande et de la France. Le film se termine même par une sorte de bêtisier. Un combattant se faisant peigner sa barbe avant d’être filmé. Un autre combattant portant un missile Sol-Air (voir Exclusif: Photo d’un tube missile Sol-Air aux mains d’AQMI) à qui on demande de sourire devant la caméra et qui ‘exécute. Dans une autre scène, on voit des jihadistes chanter sur un véhicule pickup qui file entre les dunes. Ou encore se moquer de la nourriture des soldats français -des "boites de conserve empoisonnées"- alors que leur plat du jour sera de la viande de gazelle.
Mais qu’on ne s’y trompe pas. Au delà du style convivial, le document porte deux messages jihadistes. Le premier est un appel à venir combattre les forces françaises au Mali. Les candidats au Jihad sont invités à les rejoindre. "Le Sahara est ouvert" diront plusieurs combattants pour inciter d’autres à prendre le chemin du champ malien.
Le second message, répété à plusieurs reprises par au moins trois des interviewés, est d’attaquer la France, dans ses intérêts, ses projets et ses ressortissants y compris civils. Habib el-Mauritani y dit "ils tuent des musulmans. Tuez les!", dans tous les lieux et toutes les circonstances, y compris "dans les écoles et les consulats." Le nom de Mohamed Merah étant même cité comme exemple à suivre.
KhaledelMauritani Légende: L’un des intervenants sur la vidéo, Khaled el-Mauritani.
La majorité des jihadistes s’exprimant sur le document sont des Marocains. Ils étaient au nombre de 5. En comparaison, il y avait 3 Mauritaniens, 2 Tunisiens, 2 Maliens, 1 Algérien, 1 Soudanais, 1 Égyptien. Le doute subsiste sur un Nigéri (le terme en arabe n’étant pas clair sur la nationalité), bien que son accent laisse à penser qu’il s’agit plutôt d’un Nigérian que d’un Nigérien.
Décryptage exclusif. Cette vidéo a été probablement tournée au sein de la Katiba al-Forqane. Celle qui a été longtemps dirigée par l’actuel émir du Grand Sahara d’AQMI, Yahya Abou el-Hammame. Il y est même montré de profil alors qu’un combattant lit un poème de guerre qui se termine dans un rire collectif.
AbouHammame2 Légende: au premier plan, Yahya Abou el-Hammame. Au second plan, un jihadiste Tunisien lit une poésie.
Par choix délibéré des chargés de la cellule d’information d’AQMI au Sahara, ce sont uniquement des combattants du deuxième rang qui ont été sollicités. Pas d’allocution d’un leader ou d’un Chef de Katiba. Un seul intervenant semble être un responsable en tant qu’imam du groupe. Son nom de guerre n’y est pas révélé.
D’après certains indices dont la végétation visible, le film a été principalement tourné à proximité de la boucle du fleuve Niger, plus précisément dans la région de Gao.
Le montage du film a été terminé après la mi-septembre. En effet, il est dédié aux combattants du jihad en général. Avec une mention particulière pour les "héros qui ont fait exploser le consulat français de Benghazi" en Libye. Mention directe à l’attentat à la bombe qui a visé un bâtiment relevant du ministère français des Affaires étrangères dans la ville libyenne le mercredi 11 septembre dernier.
Les principales allocutions de la vidéo semblent être datées entre la fin février et la fin avril. A un moment donné, Abou Abd el-Tounisi fait référence à la visite de Hollande à Tombouctou début février. Il va ensuite glorifier la prise d’otages d’une famille française au Cameroun. Propos qu’il n’aurait certainement pas tenu après leur libération le 19 avril 2013.
Fait inquiétant. Cette semble avoir été téléchargée sur Internet le jour même de la libération des quatre otages d’Arlit. Comme les appels aux meurtre y reviennent souvent, espérons que cela ne traduit pas un changement de comportement par rapport aux otages encore détenus par AQMI.
NB: La vidéo pouvant être interprétée au premier degré par certains spectateurs. Aucun lien pointant dessus ne sera inclus dans ce blog.
Baki @7our Mansour

mardi 5 novembre 2013

Azawad : la paix passe par la partition !
mardi 5 novembre 2013
par Masin
L’assassinat odieux de deux journalistes de RFI à Kidal par un groupe terroriste et la campagne de désinformation visant le MNLA et l’Azawad, orchestrée par certains médias français dans le sillage de cette affaire, a failli voiler les opinions clairvoyantes de tant d’analystes et d’hommes politiques français. Les voix de ces derniers semblent, en fait, inaudibles dans les médias par ce qu’elles dérangent tous ceux qui veulent sacrifier le peuple Kel Tamacheq (Touaregs) sur l’autel de l’unité du Mali, cet autre jardin de la France. Le traitement de l’information sur l’Azawad par différents médias français nous a permis de constater que la plupart de nos éminents "spécialistes" et "experts" qui passent leurs temps à parcourir les plateaux des télévisions pour distiller leurs "analyses" écœurantes et détestables sur le Mali et l’Azawad sont complètement dépassés par les événements. Ils ne sont devenus que des complices passifs de la propagande et de la désinformation.

Dans ce gouffre de la pensée unique, entretenue par les chaînes d’information continue et les journaux, certaines voix se distinguent. Parmi elles, celle d’Alain Marsaud, ancien juge antiterroriste et élu de la 10ème circonscription des Français établis hors de France. M. Marsaud considère, dans un communiqué diffusé ce mardi 5 novembre 2013, qu’"il n’y a pas un Mali, mais au moins deux". Il affirme qu’une partition de ce pays est "inévitable".

"Nous avons, avec Serval, protégé le premier, celui du sud, au détriment du second, celui du nord. Nous sommes tous solidaires de cette erreur mais il convient d’en prendre conscience et de la réparer", précise le communiqué, expliquant que "la paix dans cette région essentielle de l’Afrique passe par une partition, forcément douloureuse mais il n’est pas d’autres solutions y compris pour nous, Français, engagés militairement sur zone"

Marsaud explique que "les groupes et ethnies du nord (…) n’ont aucune envie de vivre un destin commun avec le sud de Bamako, et les menées séparatistes, indépendantistes et autres ne pourront être contenues qu’artificiellement".

Qui peut dire mieux ?

L. Azergui