Après avoir marché à Tuviret et à Boumerdès : Les anciens rappelés du Service national ont marché à Tizi Wezu
20/11/2013 - 14:38
TIZI-WEZU (SIWEL) — Plusieurs centaines d’anciens rappelés du Service national sont sortis, ce matin, dans la rue à la ville de Tizi Wezu.
Ils ont tenu d’abord un rassemblement à la place de l’Olivier. Une prise de parole des initiateurs de ce mouvement et de délégués venus de plusieurs régions d’Algérie a eu lieu aussi.
Plus de 80 % des rapellés sont des jeunes kabyles. PH/Siwel
Les anciens rappelés ne veulent pas baisser les bras. Ils comptent mener leur combat avec la même détermination lorsqu’ils ont été appelés par l’armée pour combattre les groupes armés. Par la suite, les anciens rappelés qui étaient présents hier à la capitale du Djurdjura ont sillonné l’artère principale de la ville, en brondissant des banderoles qui dénonçaient la défaillance voir la trahison d l’Etat.
La pluie et le froid glacial qui ont sévit ce matin n’ont pas empêchés les protestataires à mener leur action. C’est la troisième fois en espace d’une semaine que ces protestataires, qui ont entamé leur combat depuis trois ans, manifestent. Ils ont d’abord marché à Tuviret au début de la semaine, avant-hier à Boumedès et aujourd’hui à la ville de Tizi Wezu. Les villes de la Kabylie sont le bastion de la protestation. Normale, lorsqu’on sait qu’entre 1994 et 1998, sur les 250 000 jeunes rappelés par les autorités militaires plus de 200 000 sont des Kabyles. Bref, les anciens rappelés réclament un statut, des postes de travail, des logements, droit aux soins au niveau des structures hospitalières militaires, etc.
En 1999, jute après son arrivée, Bouteflika a tourné le dos aux jeunes rappelés qu’il a complètement ignoré et a ouvert ses bras aux terroristes qui sont considérés comme des « héros ». Les terroristes bénéficient des privilèges au même titre que les anciens combattants de la guerre de libération nationale de 1954 et 1962.
Le pouvoir algérien fidèle à lui-même : Les engagements pris avec les victimes du Printemps noir non-respectés
20/11/2013 - 13:01
LARBAÂ-NAT-YIRATEN (SIWEL) — Depuis 1962, le pouvoir algérien n’arrête pas de réprimer et d’opprimer la Kabylie. Le printemps noir reste gravé dans la mémoire collective du Peuple kabyle avec ses 127 martyrs et ses milliers de blessés. Au jour d'aujourd'hui, des victimes réclament leur droit, mais le pouvoir reste figer dans son mutisme criminel.
Le pouvoir algérien est l'unique coupable et commanditaire des assassinats de jeunes kabyles. PH/DR
Suite aux négociations entre le régime algérien et une aile du mouvement des archs, le pouvoir s’est engagé à indemniser les victimes et assurer les soins aux blessés.
A ce jour, des victimes de ces événements tragiques et meurtriers restent ignorées et non reconnues par le pouvoir, au moment où des gens qui n’ont rien à voir avec le Printemps noir se sont faits indemnisés.
Beneddine Youcef ,Ghebraoui Amar, Bournani Djillali, trois victimes des événements tragiques sont à la recherche d’une reconnaissance. Ils étaient blessés par balles à Larbaâ Nat Yiraten, le 28 avril 2001, ensuite elles ont été transférés en France pour des soins vu la gravité de leur blessure. A ce jour, leurs dossiers restent sans suite malgré l’engagement du médiateur du wali en 2010 quant à la résolution de leur problème.
Selon notre source, d’autres blessés lésés dans leurs droits, ont eu gain de cause en 2009, par voix de justice à l’image de Moder Kamel d’Azazga et Sedouki Mohammed des Ouassif.
Notre source ajoute aussi qu’un fonctionnaire au niveau du service des victimes à la wilaya de Tizi Ouzou s’est fait passer pour un blessé du Printemps noir et il a été indemnisé alors que de vrais blessés continuent à subir le déni des autorités algériennes.
Ferhat Mehenni : Les cyber criminels, usurpateurs d’identité, reviennent à la charge
19/11/2013 - 19:16
PARIS (SIWEL) — Les cyber criminels, usurpateurs d’identité, qui ciblent le président du Gouvernement provisoire kabyle (GPK), Ferhat Mehenni, ont été réactivés. Hier, une dizaine de correspondants du leader kabyle ont été destinataires d’un e-mail frauduleux les invitant à visionner une vidéo strictement privée destinée à leur usage personnel , à ne pas partager surtout. La cyber criminalité est de plus en plus motivée par des intérêts d’Etats ou des raisons politiques afin d’espionner et de nuire éventuellement aux opposants des « statu quo », notamment africains, qui maintiennent les peuples dans la domination et qui arrangent bien des intérêts…des deux côtés de la méditerranée, y compris parmi les groupes islamistes, notamment ceux que les occidentaux qualifient de « fréquentables ».
La dénonciation de la politique internationale en faveur des régimes islamistes ou manipulant le terrorisme et l’islamise pour des considérations « d’homogénéisation » ethnique, culturelles et identitaires « forcée », notamment en Afrique du Nord, dans le Sahel commencent à « agacer ». (PH/Dr
Le lien que ces cyber criminels invitent à regarder renvoi les victimes à un lien hypertexte destiné à prendre possession des information personnelles des destinataires. La réédition de ces e-mails frauduleux à destination de contacts sensibles, notamment de responsables politiques actuellement engagés dans des luttes de libération intervient à une période sensible et probablement charnière pour les peuples amazighs d’Afrique du Nord et du Sahel mais également pour le peuple kurde confronté, seul, aux brigades Djihadistes qui sont en revanche, soutenues par l’occident….comme c’est curieux !
Le Gouvernement provisoire kabyle, dans son dernier conseil des ministres, avait mis l’accent sur les incohérences de la politique internationale concernant le refus catégorique opposé aux Kurdes, démocrates et laïcs, pendant que la rébellion syrienne, d’obédience djihadiste comme elle le revendique d’ailleurs e-même, est politiquement et même « logistiquement » soutenue par ceux-là même qui prétendent combattre le Djihadisme international, notamment au Mali et plus précisément contre les Touaregs laïcs du MNLA…encore une bizarrerie difficilement compréhensible !
La politique internationale et les accointances de certaines « démocraties » avec des régimes racistes, totalitaires et pour certains carrément islamistes sont désormais ouvertement dénoncées. Les peuples occidentaux, dont le peuple français, se rendent de plus en plus à l’évidence et réalisent à leur dépends que leurs dirigeants pratiquent une politique internationale pour le moins dangereuse et à vrai dire suicidaire. En effet, l’occident observe une politique de soumission au dictat intégriste tout en prétendant les combattre. La mauvaise foi évidente du gouvernement socialiste français en est un parfait exemple : comment en effet prétendre combattre le terrorisme islamiste quand un Etat verse des rançons faramineuses à des groupes terroristes parfaitement identifiés et qu’ils s’évertuent de surcroit à les réhabiliter politiquement , au détriment des laïcs, par des « tours de passe-passe » qui ne trompent personne mais qui obtiennent néanmoins l’assentiment de la communauté internationale obnubilée par les milliards du Qatar ?
La dénonciation de la politique internationale en faveur des régimes islamistes ou manipulant le terrorisme et l’islamise pour des considérations « d’homogénéisation » ethnique, culturelles et identitaires « forcée », notamment en Afrique du Nord, dans le Sahel commencent à « agacer ». Aussi, si d’aventure, quelques authentiques défenseurs des droits des peuples, de la démocratie et de la laïcité était destinataires d’un e-mail invitant à visionner une « Vidéo strictement privée pour ton usage , à ne pas partager surtout : http://www.youtube.com/watch?=cCjzpro9_à?=oOXk » comme le stipule ce message frauduleux envoyé à partir d’une fausse adresse du leader kabyle, Ferhat Mehenni (avec un seul n, les vrais adresses étant parfaitement sécurisées), surtout ne cliquez pas sur le lien…
PARUTION / Le tropisième essai de M. Ferhat Mehheni, "La France va-t-elle perdre l'Afrique ?", bientôt en librairie
19/11/2013 - 15:52
PARIS (SIWEL) — Le troisième essai de Ferhat Mehenni, fondateur et actuel président de l'Anavad (GPK), et lauréat du prix de la paix 2013 décerné par le Fondation philippine, "Gusi", paraîtra le samedi 6 décembre 2013 à Paris.
M. Mehenni, président du GPK et auteur de plusieurs essais. PH/DR
Poursuivant la réflexion entamée avec "la question kabyle" (2004), approfondie par "le siècle identitaire" en 2010 aux Editions Michalon, voici qu'il applique les principes géopolitiques tirés des précédents ouvrages aux relations de la France avec les pays africains ayant constitué son ancien empire colonial.
" Afrique: le casse-tête français, ou La France va-t-elle perdre l'Afrique ?" est le nouvel essai du président du GPK. Il est composé de 17 chapitres, précédés d'une préface du brillant chroniqueur et essayiste Ivan Rioufol, journaliste au Figaro.
Pour toute commande s'adresser aux Editions de Passy en écrivant à : fgirond@hotmail.com
aai
SIWEL 19 1552 NOV 13
Affaire de l'assassinat d'Aghilès Hadjou : De lourdes peines pour les accusés
19/11/2013 - 16:03
TIZI-WEZU (SIWEL) — Le tribunal criminel de Tizi-Ouzou a examiné et étudié hier le dossier portant sur l’assassinat du jeune Ghilès Hadjou qui remonte, doit-on rappeler, au mois d’octobre 2012. Ils étaient quatre accusés à la barre pour répondre des chefs d’accusation d’association de malfaiteurs, homicide volontaire et kidnapping suivi d’une demande de rançon. Il s’agit des nommés Mohammed H, Amar C, Mehdi B et Amar Y.
Peine capitale pour trois accusés et une peine de 03 ans de prison ferme avec amende ont été prononcées. PH/DR
Selon l’arrêt de renvoi, les faits se sont déroulés du 18 octobre 2012 en fin d’après-midi et ont pour théâtre la ville d’Azeffoun et la plage d’Aït-Chaffaï, commune du même nom et daïra d’Azeffoun. Les quatre mis en cause ont appelé la victime et lui ont fixé un rendez-vous à une bâtisse en construction appartenant à la famille du nommé Amar C, qui, de toute évidence, connaissait parfaitement.
Toujours selon l’arrêt de renvoi qui s’est appuyé sur l’enquête et le rapport de la gendarmerie nationale, une fois la victime au rendez-vous, les quatre accusés se sont partagés les tâches. Mehdi B a assuré la surveillance sur la terrasse de la bâtisse dans laquelle devait se dérouler l’opération du crime pour que les autres opèrent tranquillement.
Le rapport du médecin légiste note que la victime est morte par strangulation. Une fois la mort constatée, Mohammed H a pris la voiture de la victime en direction du village Cheurfa où il l’abandonnera. Il sera suivi par Amar C et Mehdi B avec leur voiture pour lui assurer le retour. En effet, tous les trois retrouveront les lieux du crime. La suite de l’opération consistera à envelopper le cadavre de la victime dans un sac en plastique , le mettre dans le coffre de la voiture pour être acheminé ensuite vers la plage d’Aït-Chaffaï où il sera enterré.
Cependant, le téléphone de la victime sera utilisé par ses assassins. En effet, l’accusé Amar Y l’utilisera pour appeler le père de la victime pour lui demander une rançon de 05 milliards de centimes pour obtenir la remise en liberté de son fils. Il lui fera également savoir que c’est suite à son refus de payer 02 milliards de centimes en 2009 que le groupe a décidé de lui faire payer les pénalités. En effet, au cours de l’année 2009, le père de la victime, richissime entrepreneur a eu affaire à « des terroristes » lesquels lui ont demandé de verser pour la « cause » un montant de deux milliards de centimes. L’entrepreneur a refusé d’être racketté. Ce détail sera différemment interprété et exploité par la partie civile et le représentant du ministère public d’un côté et la défense de l’autre. Le 24 octobre 2012, soit 05 jours après le crime, les enquêteurs de la gendarmerie feront la première interpellation. L’interpellé n’est autre que Mehdi B. L’élément ayant abouti à l’interpellation de cet individu n’est autre que le SMS qu’il a envoyé au père de la victime pour « l’informer que son fils était retenu comme otage dans un lieu sûr ». A partir de cette interpellation, les autres suivront facilement.
A la barre, Mohammed H a déclaré s’être effectivement bagarré avec la victime lors de cette journée du 18 octobre 2012 mais il n’avait pas l’intention de le tuer. Il a également soutenu que la victime était tombée de côté. Ses co-accusés diront que la victime tombera face contre terre. Quant au motif de la bagarre, l’accusé a évoqué une affaire d’honneur. « J’ai appris, dira-t-il à la cour, que Aghilès Hadjou a photographié ma cousine avec son portable et qu’il voulait utiliser ces photos à des fins criminelles. Et j’ai décidé de lui fixer rendez-vous, c’était juste pour enlever la puce contenant les photos risquant de déshonorer la famille et les détruire ». Appelée comme témoin, la cousine de Mohamed H, lycéenne de son état, a déclaré n’avoir « jamais été photographiée par la victime » et leur relation était simplement celle de camaraderie lycéenne.
En ce qui les concerne, Amar C et Mehdi B rejetteront aussi l’accusation de l’homicide volontaire. Amar Y ira même jusqu’à déclarer ne se souvenir de rien puisqu’au moment où Mohammed H l’appelé au téléphone pour lui demander de venir jusqu’à lui, il était dans un bar et dans un état d’ébriété avancé. Il reconnaît toutefois avoir appelé le père de la victime pour lui demander la rançon. « J’ignorais aussi la portée de mon geste. J’ai fait ce qu’on m’a demandé de faire », a-t-il ajouté.
Son avocat, et qui n’est autre que le célébrissime M° Chellat, prouvera à la barre que client, un attardé mental dont le degré d’intelligence ne dépasse guère celui d’un enfant de 5 ans, a été outrageusement roulé par Mohammed H, le principal instigateur de l’affaire. « Mon client n’était au courant de rien de cette affaire. C’est en le connaissant parfaitement comme un simple d’esprit qu’on a fait recours à lui. Lorsque je lui ai rendu visite en prison, il n’arrêtait pas de rigoler. Le malheureux ne savait même pas qu’est-ce qu’il lui était arrivé », a plaidé M° Chellat. De même, ce célébrissime avocat a demandé à ce que le tribunal requalifie l’affaire en ce qui concerne son client car en définitive, « même la rançon demandée, c’était dû à la panique des accusés après avoir constaté la mort de la victime qu’ils ont causée sans le vouloir ». Et pour terminer, M° Chellat a demandé au tribunal l’extrême indulgence envers son client car, je réitère que vu sa faiblesse d’esprit, mon client a été victime d’un outrage abus ».
Quant à la partie civile représentée aussi par quatre ténors du barreau, à savoir M° Hocine Ahmed, Bouchek, Redjane et Belkacem, l’accent a été mis le caractère éminemment criminel des accusés. Pour la partie civile, c’est même l’affaire de 2009 qui s’est poursuivie. Toutefois, c’est le représentant du ministère public qui a fait dresser les cheveux sur la tête. Sa plaidoirie qui, en bonne partie a reposé sur des concepts théologiques, a duré une heure et demie, a consisté à démontrer non seulement la volonté de tuer mais aussi le caractère sadique du geste des accusés. Le procureur de la république a aussi longuement développé la psychologie criminelle. « En général, a-t-il souligné, les criminels ne reviennent pas sur les lieux de leur crime. Ce qui n’est pas le cas de ces accusés qui, eux, sont revenus sur le lieu où ils ont enterré leur victime pour mieux apprécier et savourer davantage leur acte diabolique.
La demande de la rançon fait également partie de leur volonté de satisfaire leurs sentiments sadiques ». Après une « éternité » où le verbe a été joué magistralement – Même M° Chellat le reconnaîtra – le représentant du ministère public demandera la peine capitale pour Mohammed H, Amar C et Mehdi B et une peine de 10 ans d’emprisonnement et une amende 100.000, 00 DA d’amende pour Amar Y. La défense des trois premiers accusés tentera de prouver le caractère de l’homicide involontaire mais sans toutefois réussir à convaincre le tribunal. Après plusieurs de débats et une attente « interminable » quant au verdict, celui-ci tombera tard dans la soirée. Peine capitale pour Mohammed H, Amar C et Mehdi B et une trois de prison ferme et une amende de 200.000, 00 DA pour Amar Y.
18/11/2013 - 23:26 mis a jour le 18/11/2013 - 23:26 par Rédaction tamurt
Tout ce que l’Europe compte de nationalistes et d’indépendantistes régionaux semble s’être donné rendez-vous en 2014. L’an prochain, les mouvements nationalistes de Catalogne, d’Ecosse et de Flandre veulent, en effet, se compter pour obtenir un Etat. Les Ecossais sont les plus avancés : ils tiennent déjà la date de leur référendum - le 18 septembre 2014, ils voteront pour ou contre leur divorce d’avec Londres. Les Catalans bataillent encore : Madrid leur conteste formellement le droit d’organiser un référendum d’autodétermination et l’atmosphère est à l’affrontement. Les Flamands de la N-VA de Bart De Wever n’ont pas ce problème : ils misent sur les élections législatives pour réussir une démonstration de force.
En Europe de l’Ouest, ces trois régions ne sont évidemment pas les premières à revendiquer un Etat. Mais là où l’IRA, en Irlande du Nord, et l’ETA, au Pays basque espagnol, pariaient sur les armes, le Parti national écossais (SNP), l’Alliance néoflamande (N-VA) et, pour la Catalogne, Convergence et Union (CiU) et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), fondent leurs espoirs de victoire sur des processus politiques démocratiques. Il n’est pas dit que ces revendications aboutissent demain, mais la démonstration de force du 11 septembre - une chaîne humaine de 400 km a alors traversé la Catalogne - atteste la réalité de la montée de cette aspiration qui bouscule les Etats et l’Europe. NATIONALISMES RÉGIONAUX VIVIFIÉS
Cette étonnante conjonction d’initiatives peu ou prou séparatistes ne résulte pas de la simple maturation d’un processus linéaire. « Pendant cent ans, le nationalisme catalan a été le seul nationalisme européen qui ne s’est pas posé la question de l’indépendance, souligne l’historien Joan Baptista Culla, professeur à l’Université autonome de Barcelone. La Catalogne était le centre économique, elle avait besoin du marché espagnol et cela passait par un Etat commun. Un changement radical s’est produit ces deux ou trois dernières années. » Aujourd’hui, sous la pression des républicains indépendantistes, la CiU, la grande fédération nationaliste de centre droit qui, de 1980 à 2003 et depuis 2010, gouverne l’organisation politique de la communauté autonome de Catalogne, la Generalitat (« Généralité »), est tentée de faire le grand saut - du moins certains de ses membres.
En diluant certains attributs de l’Etat, l’intégration européenne a vivifié ces nationalismes régionaux. « Il y a trente ans, nous avions en partage avec les autres Espagnols une monnaie, des frontières et un service militaire, observe Jordi Alberich, directeur général de l’influent Cercle d’economia de Barcelone, proche des milieux d’affaires. Plus rien de cela n’existe. Pour la génération des moins de 40 ans, les liens avec l’Espagne sont moins forts. » D’autant que les Catalans n’étudient plus dans la même langue que les autres Espagnols et que leurs principaux médias audiovisuels s’expriment en catalan. L’évolution est très semblable pour les Flamands en Belgique, elle est moins marquée pour l’Ecosse, qui a la livre en partage avec le reste du Royaume-Uni et où les deux langues locales, le gaélique écossais et le scots, ne sont parlées que par une petite minorité. "AFFADISSEMENT DE L’IDÉAL EUROPÉEN"
Si les nationalismes régionaux profitent du fait que la construction européenne a dépossédé l’Etat du monopole de l’exercice de la puissance publique - dire le droit et battre monnaie -, ils prospèrent dans des monarchies qui, comme le relève Frank Tétart, docteur en géopolitique, « n’ont pas réussi à se réaliser en tant que nation ». La construction nationale de l’Espagne, au XIXe siècle, a été un « échec », souligne José Marti, professeur de philosophie du droit à l’université Pompeu Fabra de Barcelone. Le nationalisme, ajoute-t-il, « a longtemps été le synonyme du progressisme car la construction unitaire de l’Espagne renvoyait au franquisme. C’était une construction oppressive et sectaire ». Dans les années 1990, poursuit-il, le morcellement de la Yougoslavie et de l’URSS, qui ont abouti à la création de nouveaux Etats, a donné une nouvelle impulsion au nationalisme régional. « Si l’Union européenne reconnaît de nouveaux Etats, de quel droit nous dit-elle non ?, demandent, depuis, les nationalistes catalans, note le constitutionnaliste et ancien eurodéputé Olivier Duhamel. La montée de l’indépendantisme est aussi une conséquence de l’affadissement de l’idéal européen, notamment aux yeux des jeunes. La mondialisation a conduit à des crises identitaires, l’Europe aurait pu apparaître comme une réponse mais son incapacité politique à peser sur la scène mondiale, par exemple, l’a disqualifiée comme idéal. Les jeunes ne se disent plus : l’Europe, c’est notre avenir. » LA « GLOCALISATION »
Président de l’Alliance libre européenne, qui regroupe de nombreux partis régionalistes de l’UE, Eric Defoort, ancien professeur d’histoire à l’Université catholique de Bruxelles et ancien cofondateur de la N-VA, estime que les tentations séparatistes sont liées à la mondialisation. « Les gens ont besoin de « localisation », affirme-t-il. Ils veulent avoir un contenu dans lequel ils se reconnaissent. C’est ce que l’on appelle la « glocalisation ». » Pour Anne-Marie Thiesse, directrice de recherche au CNRS, ce mouvement n’est pas incompatible avec l’ouverture au monde. « En Ecosse, l’accent est mis sur la culture et son insertion dans les réseaux internationaux, comme en témoigne le Festival international du livre d’Edimbourg. Ces nationalismes veulent jouer l’ouverture, les valeurs contemporaines de connexion, de réseaux. Ils prennent en compte des processus de la mondialisation. » On est bien éloigné de l’acception traditionnelle française du nationalisme, qui, souligne Frank Tétart, renvoie à « une dimension xénophobe ».
Si la perspective nationaliste séduit autant, c’est aussi parce que, en période de crise, elle paraît plus souriante que les discours européens sur l’austérité. « L’Espagne ne présente quasiment que des obligations négatives : réduire le déficit, combattre la corruption, faire maigrir l’administration, diminuer les salaires, appauvrir les services publics, relève le philosophe espagnol José Luis Pardo. Nous avions un projet : construire des Etats-providence. Nous l’avons perdu. Dans le même temps, la Catalogne propose un rêve : le droit de décider de l’indépendance. C’est une illusion, mais certaines conduisent à la victoire. » Le président du gouvernement catalan, Artur Mas, va jusqu’à comparer la lutte pour la « liberté » de la Catalogne avec le combat pour les droits civils des Afro-Américains de Martin Luther King. ARGUMENTS ÉCONOMIQUES
A cet « idéal » politique, s’ajoutent des arguments économiques. « Avec la crise, nous avons vu surgir un mouvement indépendantiste aux fondements purement économiques, remarque l’historien catalan Joaquim Coll, vice-président de l’Association des fédéralistes de gauche. Le gouvernement catalan a développé un discours populiste qui affirme que l’Espagne pille la Catalogne ou que l’indépendance ferait baisser le chômage de 10 points. La sécession est présentée comme une solution à la crise. » La Catalogne et la Flandre sont, en effet, bien dotées économiquement, et l’Ecosse peut tirer profit des ressources pétrolières de la mer du Nord.  Ce nationalisme new-look n’en pose pas moins des défis redoutables sur le plan du droit et de la décision démocratique. Car les sociétés dans lesquelles il prospère sont loin d’être unanimes. Selon les sondages, entre 40 % et 50 % des Catalans se disent aujourd’hui favorables à l’indépendance (après avoir plafonné à 20 % pendant près de trente ans), mais les taux n’atteignent que 15 % en Flandre et environ 30 % en Ecosse. Quelle valeur conférer aux votes si la participation est faible ? S’ils semblent conditionnés par la crise ? S’ils sont conjoncturels ? Et comment accepter que la Catalogne, l’un des moteurs économiques de l’Espagne, mette en péril l’ensemble du pays sans que le reste des Espagnols aient leur mot à dire ? « TOTALITARISME SOFT »
L’écrivain Javier Cercas estime ainsi que le référendum réclamé par les séparatistes catalans est illégitime. Dans une tribune publiée le 15 septembre par El Pais, il a dénoncé un « totalitarisme soft » : selon lui, le « droit à décider » revendiqué par les indépendantistes n’est pas en soi un concept démocratique. Ce qui l’est, c’est l’expression d’une opinion dans les conditions prévues par la Constitution et la loi. « On ne peut pas appeler au respect du cadre constitutionnel quand celui-ci est discrédité », réplique le philosophe basque Daniel Innerarity. Il sait bien que les affaires de corruption qui touchent les partis politiques, les administrations et les institutions espagnoles ont miné la confiance des Espagnols dans leur système de représentation.
(/journaliste/cecile-chambraud/) Cécile Chambraud (/journaliste /cecile-chambraud/) Journaliste au Monde (/journaliste/sandrine-morel/) Sandrine Morel (/journaliste /sandrine-morel/) (à Madrid) Journaliste au Monde