jeudi 7 novembre 2013

Boudiaf était avec l’armée marocaine ! | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Eternel Conflit algéro-marocain
La faute incombe aux militaires algériens qui alimentent une tension pour aucune raison apparente. C’est une réalité qu’il faut dire mais aussi admettre. Que gagnera l’Algérie dans ces conflits ? Le sud marocain sera toujours marocain. Que pèsera le pays de Bouteflika devant les puissances mondiales qui se sont toutes alignées sur les thèses marocaines ? Les Algériens qui n’arrivent même pas à sauvegarder leur souveraineté aérienne de leur propre pays, comme l’atteste l’utilisation de l’armée Française de l’espace aérien algérien au début de cette année lors de l’attaque de l’Azawad, peuvent-ils libérer une partie de la nation marocaine ? Impossible. Et ces algériens le savent pertinemment.
07/11/2013 - 11:06 mis a jour le 07/11/2013 - 13:48 par Farid M.

Le litige entre l’Algérie et le Maroc n’a aucune raison d’exister. Même si au début, le Maroc n’a consenti aucun effort pour améliorer les relations entre les deux pays, ces derniers temps, il suffit que l’Algérie se retirait du conflit Saharaoui pour que tout revienne dans l’ordre et en finir avec cette guerre froide qui pénalise tous les peuples de l’Afrique du nord.
La faute incombe aux militaires algériens qui alimentent une tension pour aucune raison apparente. C’est une réalité qu’il faut dire mais aussi admettre. Que gagnera l’Algérie dans ces conflits ? Le sud marocain sera toujours marocain. Que pèsera le pays de Bouteflika devant les puissances mondiales qui se sont toutes alignées sur les thèses marocaines ? Les Algériens qui n’arrivent même pas à sauvegarder leur souveraineté aérienne de leur propre pays, comme l’atteste l’utilisation de l’armée Française de l’espace aérien algérien au début de cette année lors de l’attaque de l’Azawad, peuvent-ils libérer une partie de la nation marocaine ? Impossible. Et les algériens le savent pertinemment.
Pour l’histoire, les hommes qui ont libéré l’Algérie du joug colonial sont tous du côté marocain. Ils sont restés toute leur vie reconnaissants envers ce pays frère et voisin qui a joué un rôle prépondérant dans la l’indépendance de l’Algérie. Krim Belkacem, Aït Ahmed, Ferhat Abbas, Khider, pour ne citer que cela, ont tous dénoncé l’attitude des décideurs algériens qui ont pris le pouvoir après 1962. C’est grâce au Maroc que l’Algérie avait pris part au congrès de Ben Doug en 1956. C’était la première victoire diplomatique de l’Algérie durant la guerre de libération nationale. Durant la guerre, alors que la Tunisie prenait un quota de 10% de toutes les armes achetées par le FLN et qui transitaient par ce pays, le Maroc n’a jamais pris aucune cartouche. Ce ne sont pas les exemples qui manquent pour démontrer l’aide précieuse que le Maroc avait apporté pour le peuple Algérien. La liste est très longue. Inutile de rappeler que le Maroc était le premier pays au monde à reconnaître officiellement le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne, GPRA, lors de sa création. Pour l’histoire, lors de conflits de 1976 à Tindouf entre l’armée algérienne et Marocaine, le père du FLN (le vrai FLN !), Mohamed Boudiaf, était dans les rangs de l’Armée marocaine ! Une anecdote que sûrement beaucoup d’Algériens ignorent. Boudiaf, qui était reconnaissant envers le Maroc s’est soulevé contre le dictateur Boumedienne qui était, avec son comparse Ben Bella, derrière ce conflit. Il est absurde de comparer le patriotisme de Boudiaf avec le tyran Boumedienne !
« Dites à Boumedienne, que les Marocains aiment l’Algérie »
1976, l’Algérie avait mobilisé son armée à Tindouf de peur, soi-disant de voir le Maroc envahir l’Algérie. Des jeunes militaires de l’époque ont raconté comment ils ont vécu cette période. Une période que rares sont les algériens connaissent. « Sur le front et les postes avancés, tous les militaires étaient des Kabyles ce qui a suscité notre curiosité. Je me souviens de ces nuits cauchemardesques que nous avons passées à Tindouf. J’avais juste terminé mes études lorsque l’on m’a embarqué à Tindouf avec d’autres amis. Tous les jeunes mobilisés étaient instruits et gradés », témoigna Hocine, qui vit aujourd’hui en France.
« Il n’y avait pas d’affrontements armées. Les troupes marocaines étaient très loin. Nous avions même l’impression qu’ils avaient cédé leur territoire. Je vous raconte une anecdote qui va vous surprendre peut être. Après plus d’un mois au front et nous avions perçu aucune apparition de l’armée marocaine, nous circulions par fois sans armes sur les terroirs marocains. Y avait beaucoup de perdrix que nous aimions chasser. Un soir, une patrouille marocaine nous a surpris dans leur territoire. Nous avions très peur et nous avons cru que c’était notre fin. Les marocains nous ont capturés et arrêtés. Ils étaient des Berbères comme nous. Ils nous traité comme des frères. Ils ont pris nos armes et nous ont posé juste quelques questions. Moins de 4 heures après notre arrestation, la même patrouille nous a posé à l’endroit où ils nous ont arrêtés. les militaires marocains ont rendu nos armes et ont pris que les munitions par mesure de sécurité », raconta Hocine.
« Avant de nous relâcher, un militaire marocain, qui avait l’air d’être un haut gradé, nous a demandé de passer un chaleureux bonjour à tous les militaires algériens qui étaient au front. Il m’avait dit ceci : dites à vos amis de rentrer chez eux et ils n’ont rien à faire ici. Dites aussi à vos supérieurs que les marocains veilleront sur vos frontières et n’oubliez pas de dire à Boumedienne que les dirigeants Marocains aiment les Algériens plus que lui. Il le sait bien et ça sera juste un rappel pour lui », raconta avec des détails Hocine qui veut même publier tout un livre à ce sujet après sa retraite.
Hocine dit être étonné aujourd’hui de voir des Algériens prendre le conflit Saharoui comme une cause nationale. « Je me souviens comme si c’était hier du chanteur Kabyle Hamidouche qui était mobilisé avec nous. Il était très sensible. Il a passé des moments très durs. Il ne mangeait pas, ne dormait pas. Hamidouche était très choqué et n’arrivait pas à supporter le racisme de nos supérieurs arabes qui nous traitaient de poux ! Un jour, un de nos amis Kabyle a été tué froidement par un capitaine arabe pour une histoire banale. Hamidouche avait sombré dans la déprime. La victime était son ami intime. Quelques années après, le chanteur Hamidouche avait consacré des chansons tristes sur cette période qui l’a marqué à jamais. Je l’ai rencontré pour la dernière à Paris en 1989 », relata Hocine les larmes aux yeux. La vérité sur le conflit algéro marocain sera-t-il connu ? Boumediene a laissé un venin immortel à l’Afrique du nord.
Farid M.

Violences sexuelles | Afrique du Sud : viole-moi si tu peux ! | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

07/11/2013 à 15:20
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L'oeil de Glez. L'oeil de Glez. © Glez
Les agressions sexuelles sont-elles en recrudescence en Afrique du Sud ou les tolère-t-on simplement moins ? De châtiments médiatisées en campagnes militantes, en passant par l’élaboration de nouvelles méthodes de prévention, le viol fait l’actualité…
Les abus sexuels font la une des gazettes sud-africaines. Le 1er novembre dernier, au parquet de Swellendam, un Sud-africain de 21 ans, Johannes Kana, écopait d’une double peine de réclusion à perpétuité pour avoir violé et éviscéré Anene Booysen, une jeune fille de 17 ans. Les adolescents sont de plus en plus menacés par toutes sortes d’actes sauvages à caractère sexuel. Et les langues tendent enfin à se délier. Au cours de cette même première semaine de novembre, trois lycéens sud-africains dénonçaient un enseignant qui les avait harcelés pour assister à la pose d’un piercing sur ses parties génitales.
Professeur d’anatomie ou de mécanique ?
S’il serait naïf de considérer que le viol est une nouveauté, il n’en demeure pas moins qu’un rapport de l’Institut d’étude de sécurité (ISS) estimait qu’en 2012, en Afrique du Sud, "la prévalence du viol, et plus particulièrement du viol en réunion était inhabituellement élevée". Si la police locale s’arc-boute sur les chiffres de la criminalité qui auraient globalement baissé, Médecins sans frontières estime qu’une femme est violée toutes les 26 secondes dans le pays. Une fréquence que l’on rencontre habituellement dans les contrées en guerre ou le viol est utilisé comme une arme. Un Sud-africain sur trois aurait déjà participé à un rapport sexuel forcé…
Médecins sans frontières estime qu’une femme est violée toutes les 26 secondes en Afrique du Sud.
En Afrique du Sud, comme ailleurs, les victimes d’infractions sexuelles ont traditionnellement des réticences à porter plainte. D’autant que certaines agressions semblent tolérées par la société, notamment les "viols correctifs" destinés à "guérir" les lesbiennes. D’autant qu’au cours de l’année 2012, au moins 12 membres des SAPS (South African Police Service) ont été arrêtés pour agression sexuelle…
Si la défiance envers la justice est toujours patente, certains décident de traiter le mal au pubis. En 2011, une doctoresse sud-africaine, Sonnet Ehlers -elle-même violée lorsqu’elle avait 20 ans-, présentait le Rape-aXe, un préservatif féminin équipé de dents. En cas d’intrusion non sollicitée dans l’appareil génital féminin, les petits crochets “mordent” le pénis du violeur. L’agresseur se retire avec la verge emprisonnée dans le dispositif. Cette semaine, deux jeunes New-Yorkaises qui se font appeler Ruth et Yuval présentaient une réincarnation de la ceinture de chasteté. Bientôt commercialisée sous le nom d'"Anti-Rape Wear", cette culotte indéchirable fait partie d’une ligne de "vêtements anti-viol" qui assurent une protection portable contre les agressions sexuelles. Le caleçon est muni d’un verrou sécurisé par un code à 4 chiffres. Le sous-vêtement est adapté aux situations considérées à risques : lorsqu’une jeune femme se rend à un premier rendez-vous, lorsqu’elle tarde en boîte de nuit ou lorsqu’elle traverse des zones potentiellement dangereuses.
En avril dernier, trois étudiants indiens de l'université de Chennai présentaient un soutien-gorge équipé d'un système capable de lancer des décharges électriques et même d'envoyer des SMS à la police. En 2003, c’est une veste créée dans le Massachusetts qui déclenchait des décharges électriques de 80 000 volts.
Ces parades techniquement sophistiquées complètent une gamme de stratégies plus traditionnelles et moins radicales, allant de la bombe lacrymogène poivrée au cours d'autodéfense. Et pour anticiper les agressions préméditées de ceux qui intoxiquent leur futur victime, des chercheurs de l'université de Tel-Aviv ont mis au point une sorte de détecteur de violeur : une paille qui se colore dès qu’elle est plongée dans un breuvage contenant du GHB, de la kétamine ou du rohypnol ; autrement dit les "drogues du Violeur", les agresseurs étant, eux aussi, de mieux en mieux équipés.

Exclusif: Décryptage d’une vidéo d’AQMI.

Exclusif: Décryptage d’une vidéo d’AQMI.

Aqmi appelle à attaquer la France en toutes circonstances, y compris de viser les civils français.
Une nouvelle vidéo de la zone Grand Sahara d’al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) a été diffusée sur Internet à partir de la fin octobre. Son titre est "La France et la poursuite du mirage." Passée inaperçue des médias en raison de l’actualité fournie. D’abord la libération des quatre otages d’Arlit an Niger. Et ensuite l’assassinat tragique des journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon près de Kidal au Mali.
Groupe La vidéo d’AQMI montre essentiellement des combattants étrangers. Ils s’expriment devant la caméra quelque part dans le Nord du Mali. Pas de scènes de combats. Quelques images de la vie courante avec l’immanquable thé du désert.
On y voit des jihadistes plaisanter et rire, s’y moquer du président François Hollande et de la France. Le film se termine même par une sorte de bêtisier. Un combattant se faisant peigner sa barbe avant d’être filmé. Un autre combattant portant un missile Sol-Air (voir Exclusif: Photo d’un tube missile Sol-Air aux mains d’AQMI) à qui on demande de sourire devant la caméra et qui ‘exécute. Dans une autre scène, on voit des jihadistes chanter sur un véhicule pickup qui file entre les dunes. Ou encore se moquer de la nourriture des soldats français -des "boites de conserve empoisonnées"- alors que leur plat du jour sera de la viande de gazelle.
Mais qu’on ne s’y trompe pas. Au delà du style convivial, le document porte deux messages jihadistes. Le premier est un appel à venir combattre les forces françaises au Mali. Les candidats au Jihad sont invités à les rejoindre. "Le Sahara est ouvert" diront plusieurs combattants pour inciter d’autres à prendre le chemin du champ malien.
Le second message, répété à plusieurs reprises par au moins trois des interviewés, est d’attaquer la France, dans ses intérêts, ses projets et ses ressortissants y compris civils. Habib el-Mauritani y dit "ils tuent des musulmans. Tuez les!", dans tous les lieux et toutes les circonstances, y compris "dans les écoles et les consulats." Le nom de Mohamed Merah étant même cité comme exemple à suivre.
KhaledelMauritani Légende: L’un des intervenants sur la vidéo, Khaled el-Mauritani.
La majorité des jihadistes s’exprimant sur le document sont des Marocains. Ils étaient au nombre de 5. En comparaison, il y avait 3 Mauritaniens, 2 Tunisiens, 2 Maliens, 1 Algérien, 1 Soudanais, 1 Égyptien. Le doute subsiste sur un Nigéri (le terme en arabe n’étant pas clair sur la nationalité), bien que son accent laisse à penser qu’il s’agit plutôt d’un Nigérian que d’un Nigérien.
Décryptage exclusif. Cette vidéo a été probablement tournée au sein de la Katiba al-Forqane. Celle qui a été longtemps dirigée par l’actuel émir du Grand Sahara d’AQMI, Yahya Abou el-Hammame. Il y est même montré de profil alors qu’un combattant lit un poème de guerre qui se termine dans un rire collectif.
AbouHammame2 Légende: au premier plan, Yahya Abou el-Hammame. Au second plan, un jihadiste Tunisien lit une poésie.
Par choix délibéré des chargés de la cellule d’information d’AQMI au Sahara, ce sont uniquement des combattants du deuxième rang qui ont été sollicités. Pas d’allocution d’un leader ou d’un Chef de Katiba. Un seul intervenant semble être un responsable en tant qu’imam du groupe. Son nom de guerre n’y est pas révélé.
D’après certains indices dont la végétation visible, le film a été principalement tourné à proximité de la boucle du fleuve Niger, plus précisément dans la région de Gao.
Le montage du film a été terminé après la mi-septembre. En effet, il est dédié aux combattants du jihad en général. Avec une mention particulière pour les "héros qui ont fait exploser le consulat français de Benghazi" en Libye. Mention directe à l’attentat à la bombe qui a visé un bâtiment relevant du ministère français des Affaires étrangères dans la ville libyenne le mercredi 11 septembre dernier.
Les principales allocutions de la vidéo semblent être datées entre la fin février et la fin avril. A un moment donné, Abou Abd el-Tounisi fait référence à la visite de Hollande à Tombouctou début février. Il va ensuite glorifier la prise d’otages d’une famille française au Cameroun. Propos qu’il n’aurait certainement pas tenu après leur libération le 19 avril 2013.
Fait inquiétant. Cette semble avoir été téléchargée sur Internet le jour même de la libération des quatre otages d’Arlit. Comme les appels aux meurtre y reviennent souvent, espérons que cela ne traduit pas un changement de comportement par rapport aux otages encore détenus par AQMI.
NB: La vidéo pouvant être interprétée au premier degré par certains spectateurs. Aucun lien pointant dessus ne sera inclus dans ce blog.
Baki @7our Mansour

mardi 5 novembre 2013

Azawad : la paix passe par la partition !
mardi 5 novembre 2013
par Masin
L’assassinat odieux de deux journalistes de RFI à Kidal par un groupe terroriste et la campagne de désinformation visant le MNLA et l’Azawad, orchestrée par certains médias français dans le sillage de cette affaire, a failli voiler les opinions clairvoyantes de tant d’analystes et d’hommes politiques français. Les voix de ces derniers semblent, en fait, inaudibles dans les médias par ce qu’elles dérangent tous ceux qui veulent sacrifier le peuple Kel Tamacheq (Touaregs) sur l’autel de l’unité du Mali, cet autre jardin de la France. Le traitement de l’information sur l’Azawad par différents médias français nous a permis de constater que la plupart de nos éminents "spécialistes" et "experts" qui passent leurs temps à parcourir les plateaux des télévisions pour distiller leurs "analyses" écœurantes et détestables sur le Mali et l’Azawad sont complètement dépassés par les événements. Ils ne sont devenus que des complices passifs de la propagande et de la désinformation.

Dans ce gouffre de la pensée unique, entretenue par les chaînes d’information continue et les journaux, certaines voix se distinguent. Parmi elles, celle d’Alain Marsaud, ancien juge antiterroriste et élu de la 10ème circonscription des Français établis hors de France. M. Marsaud considère, dans un communiqué diffusé ce mardi 5 novembre 2013, qu’"il n’y a pas un Mali, mais au moins deux". Il affirme qu’une partition de ce pays est "inévitable".

"Nous avons, avec Serval, protégé le premier, celui du sud, au détriment du second, celui du nord. Nous sommes tous solidaires de cette erreur mais il convient d’en prendre conscience et de la réparer", précise le communiqué, expliquant que "la paix dans cette région essentielle de l’Afrique passe par une partition, forcément douloureuse mais il n’est pas d’autres solutions y compris pour nous, Français, engagés militairement sur zone"

Marsaud explique que "les groupes et ethnies du nord (…) n’ont aucune envie de vivre un destin commun avec le sud de Bamako, et les menées séparatistes, indépendantistes et autres ne pourront être contenues qu’artificiellement".

Qui peut dire mieux ?

L. Azergui

dimanche 3 novembre 2013

Acharnement contre le MNLA et les Touaregs... - TAMAZGHA le site berbériste

Acharnement contre le MNLA et les Touaregs...
Deux journalistes français assassinés par des terroristes islamistes à Kidal.
lundi 4 novembre 2013
par Masin
Acte barbare, lâche, crapuleux, odieux, abjecte… difficile de qualifier un tel acte commis par les ennemis de la vie humaine, les semeurs de la tyrannie, de la barbarie et de l’obscurantisme dont les premières victimes sont les Touaregs et les citoyens de l’Azawad.

Les deux journalistes assassinés : Ghislaine Dupont et Claude Verlon.


Ce samedi 2 novembre 2013, ce sont Ghislaine Dupont, journaliste-reporter à RFI et Claude Verlon, technicien à la même radio, qui ont été les victimes de ces barbares. Ils ont été d’abord enlevés à la sortie de la maison d’un responsable du MNLA qu’il venaient d’interviewer avant que leurs corps sans vie soient retrouvés une dizaine de kilomètres plus loin. Les ravisseurs les ont assassinés. Les auteurs de cet acte ignoble, commis dans la région de Kidal, ceux-là ont un nom : les terroristes islamistes. Ils sévissent dans la région depuis plusieures années. L’expression de cette lâcheté qui a ôté la vie à deux journalistes est rendue possible grâce à la complicité de certains Touaregs, ennemis de leur peuple. Il est fort probable que l’enlèvement et puis l’assassinat des deux journalistes soient l’œuvre de Touaregs ou de mercenaires qui parlent la langue des Touaregs (Tamachek). A Kidal rien ne peut se faire sans l’implication de Touaregs ; même l’armée française ne peut se passer de la collaboration de Touaregs pour accomplir sa mission. Il s’agit de savoir qui sont véritablement ces Touaregs. Seraient-ils ceux d’Ansar-Dine d’Iyad ag Ghaly avec qui la France aurait négocié la libération des quatre otages d’Arlit ?
En effet, les partisans d’Iyad ag Ghaly parlent effectivement Tamachek mais ne sont, aux yeux de la majorité touarègue, que des mercenaires au service du terrorisme islamiste dont les premières victimes sont les Touaregs et les populations de l’Azawad.
Imputer aux Touaregs un tel acte relèverait d’une volonté délibérée de créer la confusion et montrer du doigt un peuple dont la culture et les valeurs sont à mille lieux de faits pareils ; l’histoire ne leur a jamais connu de tels actes. Les Touaregs sont les victimes de cette horreur et ce depuis plus d’un demi-siècle. Les raccourcis et les propos à l’emporte-pièce ne font jamais l’histoire.
A travers ces nombreuses gesticulations sur les plateaux de télévision, depuis l’annonce de l’enlèvement et puis de l’assassinat des deux civils, qui ont tendance à accuser le peuple touareg s’exprime, en effet, la haine du Touareg.
En vingt-quatre heures, nous avons tout entendu. Des hypothèses invraisemblables aux propos mensongers, des journalistes et des chercheurs mettent en accusation le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Est-ce une volonté de préparer psychologiquement à un plan machiavélique, dont seront victimes les Touaregs, afin que la France puisse, parachever sa "nord-mali-sation" de l’Azawad ? Y-a-t-il une volonté unanime des gouvernements malien, algérien, nigérien et français d’accuser, à tort, les Touaregs pour satisfaire des intérêts inavoués ?

Dans un reportage sur France 2 consacré à Kidal (diffusé lors du Journal de 20 heures du 3 novembre 2013), le commentateur affirme que ce n’est ni l’armée malienne, ni les français qui patrouillent dans les rues de Kidal mais les rebelles touaregs du MNLA. Le même documentaire montre un jeune Touareg, du nom d’Ikenan, confirmant le contrôle de Kidal par les rebelles du MNLA. Mais il convient d’apporter, ici, la preuve irréfutable d’une tentative de manipulation et celle de propos mensongers : en effet, ce jeune homme avait été interviewé durant l’opération SERVAL, ses propos datent de février de cette année. Et il faut surtout faire remarquer que depuis les accords préliminaires de Ouagadougou (juin 2013), les combattants du MNLA sont cantonnés et c’est la MINUSMA, sous l’égide de la France, qui assure le contrôle et la sécurité de Kidal. Pour mieux se vendre, France 2 met en scène un "chercheur" du non de Mathieu Guidère qui, au mépris de l’éthique universitaire, se hasarde dans des supputations effarantes " [...] la sécurité dans cette ville est censée être assuré par les Touaregs, car cette ville est leur fief historique, mais cet enlèvement et cet assassinat montrent qu’ils ne peuvent pas le faire et il faut absolument une intervention de l’armée française pour pouvoir le faire".

Un soldat de la mission de l’ONU assurant la sécurisation de Kidal depuis juillet 2013

Heureusement que des voix, même si elles ne sont pas nombreuses, viennent nuancer cette cette avalanche d’analyses approximatives visant uniquement à salir le MNLA et les Touaregs et à les montrer du doigt. C’est ainsi que Pierre Boilley, directeur du Centre d’études des mondes africains (CEMAf), en répondant aux questions de Christophe Carré sur les ondes de la radio Europe 1, le dimanche 3 novembre 2013, déclare que l’assassinat ne peut être commis par les "mouvements rebelles" de l’Azawad, car ce n’est pas l’intérêt de ces mouvements et ce n’est pas le mode opératoire de ces groupes. Pour lui, l’acte peut venir d’une frange de groupes islamistes, des éléments d’Aqmi. Pierre Boiley évoque également une autre hypothèse, même s’il la qualifie d’audacieuse, qui ferait attribuer l’acte à des individus qui n’auraient pas envie qu’un reportage expliquant les raisons du MNLA puisse se faire ; il pourrait donc tout simplement s’agir de petits groupes dépendants de l’armée malienne, selon lui.
Une autre intervention ayant apporté un autre son de cloche est celle de Lagha Chegrouche, chercheur en géopolitique nord-africaine, expert d’Afrique du nord et du Sahel. Intervenu sur le plateau de France 24 (en arabe), le dimanche 3 novembre 2013, Lagha Chegrouche affirme que "cet assassinat est un acte barbare sans précédent ! Des journalistes qui payent pour des sombres calculs. Ils sont morts à Kidal, ville considérée comme capital de l’Azawad, un centre urbain de 30000 habitants, contrôlée, après l’accord entre le MNLA et BAMAKO, par une unité de 200 militaires maliens, 200 militaires sénégalais, l’armée française contrôlant quant à elle les accès à la ville. La responsabilité de la sécurité à Kidal incombe de fait à la mission de l’ONU". Pour l’assassinat des deux journalistes, il y aurait, selon le chercheur, deux pistes crédibles. "La première serait que les putschistes maliens et les mouvements racistes parmi les populations noires seront tentés par ce crime de salir le MNLA et le peuple touareg. Ils sont les perdants de l’intervention française au Mali et à l’Azawad !". L’autre piste que le chercheur évoque est celle des islamistes : il estime que "dans le cas où les conditions de la libération des quatre otages d’Arlit n’auraient pas été respectées par la France ou les intermédiaires, Ansar-Dine, Ansar Achria et le MUJAO pourraient, par cet acte, adresser à la France un message ; disons qu’il s’agirait d’une riposte de leur part à un non-respect d’un éventuel engagement !"

Les acteurs de ce crime barbare de Kidal ne peuvent être que des terroristes islamistes et les plus éligibles parmi eux sont ceux d’Ansar-Dine qui sont les mieux placés pour accomplir la mission. Quant aux accusations pointant du doigt le MNLA et les Touaregs de Kidal, elles sont dénuées de toute crédibilité, et cela ne dénote que la haine du Touareg et laisse présager un plan anti-MNLA et anti-touareg à Kidal et à travers l’ensemble de l’Azawad.

A la Rédaction de Tamazgha.fr, nous ne ménagerons aucun effort pour dénoncer cette mobilisation qui vise à faire échouer la lutte de libération de l’Azawad qui demeure l’objectif des femmes et des hommes de ce pays qui tiennent à en finir avec la barbarie, l’injustice et l’humiliation aussi bien du terrorisme islamiste que de l’Etat malien. C’est ce projet de libération de l’Azawad qui gêne tellement que ses ennemis sont prêts à tout pour venir à bout des hommes et femmes libres de l’Azawad.


La Rédaction.


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Hommage à Kamal Amzal | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Journée nationale de l’étudiant kabyle :

Hommage à Kamal Amzal

De Tizi-Ouzou, Saïd Tissegouine
L’orateur a également souligné que le défunt étudiant savait que la situation sécuritaire à la cité où il résidait était explosive mais au lieu de prendre la fuite, il a préféré affronter le danger, lequel lui a coûté la vie.
03/11/2013 - 15:10 mis a jour le 03/11/2013 - 20:14 par Saïd Tissegouine

Ils étaient des centaines de personnes des deux sexes à venir se recueillir aujourd’hui sur la tombe de Kamal Amzal, le jeune étudiant assassiné d’un coup de sabre un certain 2 novembre 1982 dans l’enceinte de l’université. C’est aussi en rapport avec la date de la disparition de feu Kamel Amzal que le Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK), devons-nous rappeler, a décidé de décréter la journée du 2 novembre comme « Journée Nationale de l’Etudiant Kabyle ».
C’est pourquoi aussi, la famille du Mouvement pour l’Autodétermination du Peuple Kabyle (MAK) a été fortement présente au village natal du martyr, Tiferdhoudha. A l’occasion de la prise de parole, Bouaziz Aït-Chebib a fait un aperçu historique sur cette journée fatidique du 2 novembre 1982.
Du coup, il a explicité les grandes visées du régime algérien à cette époque même car il était surtout question d’éviter de changer le plan d’arabisation et d’islamisation de l’Algérie. « L’assassinat de Kamel Amzal, est survenu juste deux années après le Printemps 1980 », a insisté le président du MAK pour conclure ensuite que « même le régime algérien était complice dans l’assassinat de Kamel Amzal ».
L’orateur a également souligné que le défunt étudiant savait que la situation sécuritaire à la cité où il résidait était explosive mais au lieu de prendre la fuite, il a préféré affronter le danger, lequel lui a coûté la vie.
De même, le président du MAK a réussi à démontrer le lien existant entre ces événements de la décennie 1980 et ce qui se passe aujourd’hui. L’arabo-islamisme que l’on voit aujourd’hui est bel et bien le résultat de la politique anti-kabyle entretenue par le régime dès les premiers de l’indépendance du pays. « Toutes ces réalités et tous ces cas cités, poursuit Bouaiz Aït-Chebib, nous interpellent sur l’urgence à prendre notre destinée par nous-mêmes ».
Pour sa part, Mouloud Amrani, président du conseil universitaire du MAK, a fait état des changements et événements survenus depuis le 2 novembre 1982 au 2 novembre 2013. C’est la forme allégorique qui est utilisé dans la rédaction et la lecture du document. Et c’est sur cette fin de lecture que prit fin aussi la fin de la cérémonie.

L’Etat algérien est-il anti-impérialiste ? | Etat d'Exception

L’Etat algérien est-il anti-impérialiste ?

Ahmed Ben Bella Fidel Castro Che Guevara
Au cours des deux dernières années, plusieurs articles et analyses ont tenté de décrypter la position ambiguë de l’Algérie à propos des interventions impérialistes occidentales en Libye et au Mali. Contrairement à sa diplomatie affirmée et résolue des années 1960 et 1970, le régime algérien déroute plus d'un observateur, tant il n'est pas facile de dire s’il appuie ou s’oppose à ces guerres récentes.

D'une part, les visions réductionnistes ont échoué à analyser la situation objectivement et ont eu recours à l'explication facile selon laquelle l'Algérie est pragmatique, et que les contradictions apparentes dans ses décisions et actions ne sont que le reflet de son approche réaliste. D'autre part, celles et ceux qui adhèrent à une vision binaire du monde, divisé entre un Nord impérialiste et un Sud anti-impérialiste, ont eu une attitude pavlovienne, qui a avancé l'idée que l'Algérie est sous une pression immense et se trouve ciblée pour son nationalisme et ses capacités de résistance à l'hégémonie occidentale[1].

Ces affirmations résisteront-elles à un examen sérieux ? La position de l'Algérie à l’endroit de ces interventions impérialistes est-elle justifiée ? Pourquoi l’Algérie a échoué à jouer un rôle plus proactif dans la résolution des crises au Mali, en Libye, et maintenant en Syrie, étant donné qu'il s'agit d'une puissance militaire et économique régionale, qui aurait dû être au premier plan dans ces conflits ? Ceci est d'autant plus important que l'Algérie était préoccupée par sa sécurité et a mis en garde contre les risques de déstabilisation et les retombées dans toute la région si les conflits s’aggravaient après l'intervention occidentale. Enfin, l'Algérie résiste-t-elle vraiment à l'hégémonie occidentale et conteste-t-elle la domination impérialiste ?

Cet article va tenter d'apporter quelques réponses à ces questions, et faire la lumière sur la politique étrangère de l'Algérie. Avant tout, examinons les cas libyen, malien et syrien.

Complicité tacite avec l'intervention de l'OTAN en Libye

Le régime algérien a été généralement hostile aux soulèvements qui ont eu lieu dans les pays voisins, et a adopté sa position soi-disant « neutre » face à ces événements marquants. Comment pourrait-il en être autrement pour un régime autoritaire, dont la survie est menacée par le risque que la vague révolutionnaire atteigne ses rives ? Plusieurs fonctionnaires de haut rang ont déclaré que l'Algérie a eu son « Printemps arabe » en 1988. Ils ont insisté sur le maintien de la « fausse » stabilité du pays, et ont utilisé la carte de la guerre civile traumatisante des années 1990, pour dissuader la population d'aller dans la même voie que les Egyptien-ne-s et les Tunisien-ne-s.

Le Conseil national de transition libyen (CNT), irrité par la position « neutre » des autorités algériennes et leur refus de le reconnaître comme un interlocuteur, a affirmé – sans aucune preuve à l’appui – que l'Algérie a apporté son soutien au régime de Kadhafi, et lui a fourni des mercenaires pour freiner la révolution. Le CNT a également réagi avec colère à la décision de l'Algérie d'accorder l’asile à des membres de la famille Kadhafi, et a considéré qu’il s’agissait d’un acte ennemi[2]. L'ambassadeur d'Algérie auprès des Nations unies a déclaré à la BBC que l'Algérie respectait tout simplement la « sainte règle de l'hospitalité », et acceptait la famille pour des raisons humanitaires. En outre, certaines sources ont rapporté que le gouvernement avait promis de livrer Mouammar Kadhafi s’il essayait de suivre sa famille en Algérie.

Un examen plus attentif à la position apparemment ambiguë du régime algérien, révèle que le pays essayait de s'adapter à une situation de changement rapide dans la région, et a été principalement préoccupé par sa survie et sa stabilité. L’Algérie a voté contre une résolution approuvant une zone d'exclusion aérienne que la coquille vide qu’est la Ligue arabe a adoptée, et a déclaré qu'il revenait au Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) de se prononcer sur une telle question, ce qu'il a fait à travers la résolution 1973, permettant une intervention de l'OTAN en Libye.

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L’Algérie ne s'est pas opposée à l'intervention et n'a même pas mis en doute ses motivations impérialistes, n'ayant recours qu’à une vague critique de la mise en œuvre et de l'interprétation de la résolution 1973 du CSNU par les puissances occidentales. La réticence de l'Algérie à l’endroit de cette intervention peut être expliquée par sa peur des conséquences possibles dans la zone frontalière, et par ce qui est devenu une opposition sans âme et superficielle à l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures des autres pays.

Collusion dans l'intervention française au Mali

Alors que l'Algérie poussait activement pour une solution diplomatique au conflit dans le nord du Mali, et a été un médiateur dans les négociations entre les autorités maliennes, le MNLA (Mouvement national pour la libération de l'Azawad) et les islamistes d'Ansar Eddine, la France n'était, dès le départ, pas trop enthousiaste quant à cette approche, et a fini par intervenir unilatéralement en janvier 2013. Le régime algérien a affirmé de manière étonnante son respect de la décision française d'intervenir, car le Mali a demandé l'aide des puissances « amies ». Depuis quand l’ancien maître colonial est-il devenu une puissance « amicale » qui se soucie de la vie des Malien-ne-s ? Depuis quand la France, avec ses outils néo-coloniaux (Françafrique, Francophonie …), se soucie-t-elle du sort des Africain-e-s ?

Deux explications peuvent être avancées pour comprendre la réaction algérienne :
  • le régime algérien croit naïvement que les puissances occidentales sont soudainement devenues altruistes, abandonnant leur mission impérialiste de dominer et de contrôler le monde en fonction de leurs intérêts étroits, ou
  • le régime a simplement abdiqué face à l'hégémonie occidentale, et est disposé à coopérer.
Quelques jours après l'intervention française au Mali[3], le peuple algérien a dû subir l'humiliation de recevoir des nouvelles du ministre français des affaires étrangères, selon lesquelles les autorités algériennes avaient ouvert « sans condition » l'espace aérien algérien aux avions français, et exigé qu’Alger ferme ses frontières sud. Qui a dit que les attitudes néo-coloniales sont anachroniques ?

La France en guerre au Mali
Certains journalistes ont aussi indiqué qu'un drone états-unien a été autorisé à suivre la prise d'otages dans l'usine de British Petroleum à In Amenas, dans le sud-est de l'Algérie, et plus récemment, il est apparu que les autorités algériennes apportaient un précieux soutien aux opérations françaises au Mali, en fournissant discrètement des quantités indispensables de carburant à l'armée française[4]. Ceci, en fait, revient à cautionner l'expédition néo-coloniale française.

L'Algérie et la menace militaire contre la Syrie : les mots ne suffisent pas

L'Algérie a été parmi les dix-huit pays (sur un total de vingt-deux) qui ont voté en novembre 2011 pour la suspension de la Syrie de la Ligue arabe, et la mise en œuvre de sanctions pour son refus de mettre fin à la répression gouvernementale des manifestations. Il s'agit d'une stupéfiante décision majoritaire, venant de pays comme le Bahreïn, l'Arabie Saoudite, le Soudan et l'Algérie, qui possèdent des relevés éblouissants en matière de démocratie et de droits humains.

Dans un geste perçu comme un retrait du processus de recherche d'un règlement politique de la crise syrienne, la Ligue arabe menée par le Qatar et l’Arabie saoudite, a pris la décision en mars 2013 d’offrir au Conseil national syrien (CNS), la place de la Syrie au sein de la Ligue arabe. L'Algérie et l'Irak ont ​​voté contre la motion, arguant qu'une telle décision contredit la Charte de la Ligue arabe sur l'irrecevabilité de toute action visant à un changement de régime dans les pays arabes.

La résolution finale du sommet affirme que « chaque Etat membre de la Ligue arabe a le droit de fournir des moyens de défense comme il le souhaite – y compris militaires – pour soutenir la résistance du peuple syrien et l'Armée syrienne libre (la branche armée de l'opposition syrienne). » Avec une telle déclaration, on se demande si la Ligue arabe n'est pas devenue une courtisane des puissances occidentales (France, Grande-Bretagne et Etats-Unis) et un outil de légitimation de leurs agendas dans la région.

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Le 1er septembre 2013, la Ligue arabe a demandé une action internationale contre le gouvernement syrien pour décourager ce qu'elle a appelé le « crime horrible » consistant à utiliser des armes chimiques. C'était une étape importante vers le soutien à des frappes militaires occidentales, proche de l'approbation explicite que les Etats-Unis et certains alliés du Golfe avaient espéré. Faisant écho à sa position dans la crise libyenne, l'Algérie, aux côtés de l'Egypte, de l'Irak, du Liban et de la Tunisie, a exprimé son opposition à une intervention militaire étrangère en Syrie en dehors du « droit international », un euphémisme pour la loi du plus fort. Heureusement, cette fois, la Russie et la Chine ne sont pas du côté des puissances occidentales.

Il est inconcevable de considérer une telle position comme anti-impérialiste, ou de la concilier avec la collusion pure et simple à l'intervention française au Mali. Un tel comportement est tout à fait incompatible avec une ligne anti-impérialiste cohérente, et peut difficilement être qualifié de résistance à l'hégémonie occidentale. L'Algérie a adopté une diplomatie très effacée dans le conflit libyen, et envers la Ligue arabe et les réactions de la Turquie à la crise syrienne ; une position qui ne ressemble plus à sa diplomatie forte et audacieuse des années 1960 et 1970, et qui illustre l'érosion de tout semblant d'une ligne anti-impérialiste, autrefois associée au régime FLN. Cependant, cela n'est pas contradictoire avec la politique étroite de survie du régime algérien, même si cela signifie aller avec les diktats et les décisions des puissants, et manœuvrer dans ce cadre de domination de l'Occident et des Etats-Unis sur le monde.

Une ligne anti-impérialiste devrait être inscrite dans une vision bien pensée, qui non seulement cherche à contester cette domination, mais qui s’oppose aussi fermement aux interventions impérialistes et à l’ingérence dans les affaires des autres Etats. Cette position devrait également contester l'ordre politique et économique profondément injuste, et appuyer pleinement les luttes d'émancipation des peuples partout dans le monde. Certes, il y aura certaines contradictions sur le chemin, mais celles-ci doivent être abordées sur une base solide, avec l’objectif principal de mettre un terme à la domination impérialiste.

Si l'Algérie veut vraiment jouer un rôle actif dans les changements capitaux qui se produisent dans la région (y compris en s'opposant fermement aux monarchies du Golfe et aux intentions de la Turquie en Syrie), et être un acteur pertinent dans la gestion des crises multiples dans son voisinage immédiat, il faut en premier lieu qu’elle se transforme elle-même.

L'Algérie est soumise à l'impérialisme

Il est loin le temps où la capitale, Alger, était considérée comme la Mecque des révolutionnaires du monde entier, du Vietnam à l'Afrique du Sud, qui voulaient faire tomber l'ordre impérialiste et colonial. Les temps sont révolus où l'Algérie était audacieuse et imperturbable dans sa politique étrangère, lorsque :
  • elle soutenait les luttes anticolonialistes partout dans le monde,
  • la question de Palestine et le Sahara occidental étaient au premier rang de ses priorités en matière de politique étrangère,
  • elle supportait de manière significative (en termes financiers et militaires) la cause palestinienne dans les guerres israélo-arabes de 1967 et 1973,
  • elle a cassé ses relations diplomatiques avec les Etats-Unis en 1967,
  • elle jouait un rôle de premier plan dans le mouvement des non-alignés et accueillait son sommet en 1973 à Alger, qui avait vivement dénoncé la logique intolérable des inégalités structurelles dans le système mondial, profitant aux pays déjà favorisés au détriment des nations du prolétariat.
Elle est loin l'époque où l'Algérie était engagée dans une expérience de décrochage pour rompre avec la domination impérialiste. Elle a malheureusement renoncé à la poursuite d'un développement national autonome, qui impliquait un certain degré de confrontation politique et économique avec l'impérialisme. L'infitah (libéralisation économique) des trois dernières décennies, a fini par assigner au pays un statut de dépendant à l'impérialisme, et d’exportateur d'énergie dans le cadre néocolonial de la division internationale du travail[5].

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Hélas, la récupération de la souveraineté nationale aux colonialistes français, n'a pas été accompagnée de la récupération de la souveraineté populaire, à travers la construction d'une société civile forte et la participation active des masses dans la vie publique de manière démocratique. Ces conditions sont absolument nécessaires au maintien de la résistance à la domination occidentale. La nouvelle pathologie du pouvoir (pour reprendre les mots d’Eqbal Ahmad) observée dans les pratiques autoritaires et coercitives de la bourgeoisie nationaliste, la démobilisation et la dépolitisation des masses rurales et urbaines, ont été au cœur du démantèlement ultérieur du projet de développement national, et son remplacement par un  projet anti-national. Dans son chapitre sur « Les mésaventures de la conscience nationale » dans les Damnés de la terre, Fanon avait prévu la tournure des événements. Il a fait valoir avec force, que si la conscience nationale au moment de sa réussite n’était pas d’une manière ou d’une autre transformée en une conscience politique et sociale, l'avenir ne porterait pas de libération, mais une extension de l'impérialisme, avec ses divisions et ses hiérarchies.

L’Algérie aujourd'hui, et surtout après le 11 septembre, coopère étroitement avec l'OTAN, une organisation qui a non seulement soutenu l'armée française contre le peuple algérien dans la guerre de libération (1954-1962), mais a récemment envahi l'Afghanistan et est intervenue en Libye. Le régime collabore également avec les armées états-uniennes et britanniques qui ont envahi l'Irak, et aussi avec l'armée française qui est intervenue récemment en Côte-d'Ivoire pour imposer un candidat à la présidence, et au Mali pour lutter contre les soi-disant fondamentalistes islamistes. Le régime ombrageux et autoritaire surnommé par les Algérien-ne-s « le pouvoir », participe aux côtés de la CIA, du FBI, du MI6 et de la DGSE dans la guerre globale contre le terrorisme, qui constitue un autre alibi pour les interventions impérialistes. En fait, l'Algérie est complice des violations des droits humains associées aux détentions secrètes illégales de la CIA et son extraordinaire programme d’extradition, puisqu'elle a permis l'utilisation de son espace aérien et de ses aéroports pour ces opérations[6]. En outre, elle joue le rôle de gardienne des frontières de l’Europe forteresse contre les immigré-e-s africain-e-s pauvres, qui fuient la misère causée en premier lieu par les puissances européennes. L'Algérie a également rejoint l'Union pour la Méditerranée, aux côtés d'un Etat colonialiste comme Israël, et a désormais une position « modérée » sur la question palestinienne. De même, dans le cas du Sahara occidental, l'Algérie soutient aujourd'hui le principe scandaleux d'une solution acceptée par les deux parties. Depuis quand les dominé-e-s doivent attendre du dominant qu’il accepte les conditions de leur libération ? Il y avait aussi un rapprochement avec l'organisation mondiale de la Francophonie, l'un des principaux instruments de domination politique française dans le monde. Ce sombre tableau d'une politique étrangère réactionnaire et honteuse est vraiment déplorable pour la mémoire historique révolutionnaire du FLN.

Ceci dit, l'Algérie n'est pas encore devenue un simple valet de l'impérialisme comme les pétromonarchies du Golfe, l'Egypte de Hosni Moubarak, ou la monarchie jordanienne, mais elle a renoncé à la logique de la résistance. Elle a embrassé une autre logique, celle de l'abdication, de la soumission et de la collusion, ce qui ne fera que s'aggraver. Le régime algérien ne conteste pas l'ordre international profondément injuste, et cherche au contraire à s'y adapter. Elle est loin de la résistance consciente de certains pays d'Amérique Latine, comme le Venezuela de Chavez, et la Bolivie de Morales.

L'anti-impérialisme et la lutte démocratique

La bourgeoisie compradore

La démocratie en Algérie
L'analyse ci-dessus suggère que la bourgeoisie anti-nationale, stérile et improductive, a obtenu la mainmise dans la gestion des affaires de l'Etat en orientant ses choix économiques, quoique avec une certaine résistance de la part d'une bourgeoisie nationale quasi-inexistante (modification de la loi anti-nationale et sans vergogne Khelil de 2006 sur les hydrocarbures, après qu’Hugo Chavez ait fait pression contre elle). Il suffit de regarder la nature improductive de l'économie algérienne, avec la prépondérance des activités de commerce d'import-import et la désindustrialisation, pour se rendre compte que cette bourgeoisie a un caractère qui est essentiellement rentier, commercial et spéculatif. Elle n’est également intéressée qu’à exporter ses propres bénéfices à l'étranger, les thésaurisant dans des paradis fiscaux ou les investissant dans des secteurs / actifs non productifs, tels que les restaurants, les hôtels et les propriétés. (Sur la manière dont cette bourgeoisie s'efforce de vendre l'économie de la façon la plus anti-nationale qui soit, voir le livre de Hocine Belalloufi : La démocratie en Algérie, Réforme ou révolution ?[7]).

Cette bourgeoisie compradore ne produit pas, mais consomme plutôt ce qu'elle importe et compromet gravement les services publics essentiels, tels que la santé et l'éducation, qui se dégradent d'année en année. L'oligarchie quasi-mafieuse est néolibérale par religion, et n'a aucun égard pour l'avenir du pays et de sa population. Elle est parasitaire et rapace en tant qu’elle s’attaque à l’économe et maintient une corruption endémique (responsable d'une série récente d’importants scandales de corruption, qui a touché des secteurs importants de l'économie, y compris le plus stratégique de tous : le secteur de l'énergie). Elle est entièrement subordonnée au système international de domination économique, politique et militaire, et représente donc le véritable agent de l'impérialisme et son accessoire utile.

Non à une ingérence impérialiste, non au statu quo

Ce régime largement compradore est la plus grande menace à la souveraineté de la nation et doit à coup sûr être renversé. Cependant, il est nécessaire de s'assurer que cette chute se produise dans un contexte national et ne conduira pas à l'instauration d'un autre régime soumis à l'impérialisme. C'est une tâche extrêmement difficile pour l'opposition démocratique, et nécessite une bonne compréhension de l'impérialisme et de son fonctionnement pour éviter de devenir un instrument de déstabilisation du pays en faveur de l'impérialisme. Cependant, une vigilance absolue à l’endroit des desseins impérialistes ne doit pas conduire à accepter ou à défendre le statu quo et la stabilité feinte, à savoir le soutien à un régime qui prive son propre peuple du droit à l'autodétermination. Cette prudence ne doit pas conduire à renoncer à la lutte pour la démocratie et l'hégémonie des masses opprimées.

Une position anti-impérialiste étroite et simpliste, basée sur une vision manichéenne du monde – entre un Nord impérialiste et un Sud globalement anti-impérialiste – ne doit pas nous aveugler. Ce point de vue ne tient pas compte des réalités sur le terrain, où des régimes corrompus et autoritaires – dont la plupart sont des clients des puissances occidentales – qui étouffent le peuple. Ce point de vue dilue aussi avec son désagréable manque de nuance l'importance de bâtir de solides Etats démocratiques, et conforte certaines classes compradores parasites, qui se posent en tant que super-patriotes. Malheureusement, ce point de vue est renforcé par ce qui s'est produit lors de l’inspirant « Printemps arabe », surtout après son détournement par l'intervention occidentale en Libye et la guerre par procuration en Syrie.

Il est donc primordial de comprendre que l'autoritarisme et la corruption sont les jumeaux de toute entreprise néocoloniale, et sont des alliés objectifs de l'impérialisme (l'islam politique réactionnaire est un autre exemple). Les centres impériaux peuvent facilement gérer les régimes non démocratiques (comme ceux de Saddam Hussein, Kadhafi, Bachar Al Assad, et Bouteflika). Tant que ces régimes sont les vassaux des puissances impériales, ils peuvent réprimer et opprimer leur peuple à volonté, et quand ils ne sont plus utiles, ils sont abandonnés et remplacés (Saddam, Moubarak, Ben Ali, Kadhafi, Ali Saleh, et probablement Al Assad). Ce refus de la démocratie est donc très périlleux pour la souveraineté de la nation et son intégrité territoriale.

En outre, ces dictatures « patriotiques » servent les desseins impériaux visant à redessiner un grand Moyen-Orient, dans une stratégie d'affaiblissement des Etats-nations[8]. Avec la suprématie militaire occidentale et une propagande massive, nos dictateurs sont des éléments clés dans ce complot. Ils répriment leurs peuples, participent à des guerres par procuration pour l'empire (l'Irak contre l'Iran), et peuvent être utilisés à la fin comme justification d'une intervention / occupation directe. Le scénario irakien n'est pas quelque chose du passé ; il a été reproduit plutôt efficacement en Libye et est actuellement en cours en Syrie, mais en adoptant une approche différente. Il peut éventuellement être étendu à d'autres pays, dont l'Algérie, pour éradiquer complètement toute réticence à être dominé. Cela n'arrive pas qu'aux autres, alors comment pouvons-nous éviter la re-colonisation, la gestion directe de nos ressources énergétiques, le contrôle de notre territoire, ainsi que la subordination du pays à des intérêts qui ne sont pas les nôtres ?

George+W+Bush+Abdelaziz+Bouteflika+G8+Hokkaido+bwdOWwYe8L9l
Il n'y a pas de meilleure citation pour répondre à cette question, afin de souligner le danger extrême des systèmes dictatoriaux sur la sécurité nationale, et souligner la nécessité d'une cohésion nationale fondée sur la citoyenneté et la liberté, que ce que le défunt Abdelhamid Mehri, un intellectuel de la révolution algérienne, avait à dire à propos de l'Algérie dans le sillage des événements historiques en Tunisie et en Egypte en 2011 :

« Si vous ne voulez pas être changé par les autres, vous devez vous changer vous-mêmes. La démocratie n'est pas seulement un impératif éthique, c'est aussi un impératif de sécurité nationale. Par conséquent, la dictature et l'autoritarisme sont de vraies menaces existentielles, et des alliés objectifs de l'impérialisme. »
Cinquante ans après son indépendance, l'Algérie doit renouer avec ses idéaux révolutionnaires du passé, grâce à l'initiative d'une révolution démocratique pour mettre fin à la tyrannie et l'injustice, démanteler l’Etat compradore et installer un régime anti-impérialiste audacieux, qui va vraiment libérer le peuple et aussi s'efforcer de construire un ordre mondial multipolaire équitable. Cela peut être fait en transcendant les contraintes nationales et en établissant de solides alliances à travers le monde, en particulier avec le Sud, afin de faire lever, émerger, et accomplir la liberté de [from] la domination impérialiste.

Source : Jadaliyya.
Traduit de l’anglais par RC, pour Etat d’Exception.

[1] Dan Glazebrook, The African Union, Algeria and Mali: The West’s War Against African Development Continues, Counterpunch, Edition du week-end, 15-17 février 2013.
[2] Julian Borger, Martin Chulov et Richard Norton-Taylor, Diplomatic standoff after Gaddafi's family make a break for the border, The Guardian, 30 aout 2011.
[3] Hamza Hamouchene, Algeria, Mali: another front in the “Global War on Terror”?, openDemocracy, 27 janvier 2013.
[4] Jean Guisnel, Mali : l'aide logistique et discrète des Algériens, Le Point, 26 avril 2013.
[5] Hamza Hamouchene, Algeria, an Immense Bazaar: The Politics and Economic Consequences of Infitah, Jadaliyya, 30 janvier 2013.
[6] Globalizing Torture: CIA Secret Detention and Extraordinary Rendition, Open Society Justice Initiative, février 2013.
[7] Hocine Bellaloufi, La démocratie en Algérie, Réforme ou révolution ?, APIC-Lazhari Labter editions, Alger, 2012.
[8] Ahmed Selmane, Les dictatures de l’insécurité nationale, La Nation, 20 mars 2013.