jeudi 19 décembre 2013

Par Sakina Ait Ahmed :« Quel avenir pour la Kabylie? »

Par Sakina Ait Ahmed :« Quel avenir pour la Kabylie? »

19/12/2013 - 10:03

(SIWEL) — «Sans douter de la bonne foi des initiateurs de cette pétition je me suis questionnée sur les raisons de cet amour soudain et intérêt pour Tamazight par ces partis alors qu'il n'y a pas si longtemps, le Président issu du FLN est venu provoquer les kabyles à Tizi Ouzou en proclamant que « de son vivant Tamazight ne sera jamais langue officielle ». Dans son sillage un autre présidentiable-FLN envisage de soumettre son officialisation à référendum. »


Quel avenir pour la Kabylie ? (PH/DR)
Quel avenir pour la Kabylie ? (PH/DR)
Est-il inéluctable que nous continuions à vivre sous la domination de ce pouvoir, qui a programmé notre disparition? Il se trouve que chaque jour qui passe nous démontre qu'il est indispensable que nous prenions notre destin, notre avenir en main. Mais comment?

Le débat récent sur la demande d'officialisation de Tamazight est une illustration parfaite de l'impasse actuelle face à ce pouvoir dictatorial. Il est vrai qu'au moment où la pétition a été proposée, je me suis dit : Après tout pourquoi pas! Chacun est libre de proposer ce qu'il pense être une solution. Mais lorsque le FLN a commencé à agiter la proposition d'un quatrième mandat du Président actuel tout de même diminué, je me suis posée des questions!

Mieux encore, lors de la réunion, organisée récemment à la wilaya de Tizi Ouzou en présence de certaines personnalités et partis politiques, lorsque j'ai entendu les représentants du FLN et le RND hurler dans la salle de réunion « Tamazight langue officielle » et surtout « unité de la nation », là, j'ai été envahie par un doute profond.

Sans douter de la bonne foi des initiateurs de cette pétition je me suis questionnée sur les raisons de cet amour soudain et intérêt pour Tamazight par ces partis alors qu'il n'y a pas si longtemps, le Président issu du FLN est venu provoquer les kabyles à Tizi Ouzou en proclamant que « de son vivant Tamazight ne sera jamais langue officielle ». Dans son sillage un autre présidentiable-FLN envisage de soumettre son officialisation à référendum.

Cependant, au final, mis à part l'optimisme exagéré d'un intervenant par Skype de Tizi Ouzou en l'occurrence Monsieur Abdesslam, il a informé chiffres à l'appui que tout va très bien dans le meilleur des mondes. Il a même annoncé qu'au Maroc Tamazight n'est pas une langue officielle et que des centaines de berbères marocains seraient en prison. Il faut dire qu'il a été sèchement repris par ces camarades parisiens;

Il se trouve que la majorité des intervenants et du public ont mis l'accent sur l'ingéniosité machiavélique de ce pouvoir et de ses relais à concocter toutes les petites ruses de chacal pour casser l'enseignement de Tamazight- Taqbaylit « cours de langue en fin de journée » l'incitation des parents et des élèves à fuir les cours en Tamazight, etc.. etc...

En somme, c'est un recul sans précédent!

Ces faits ont été corroborés par le témoignage poignant d'un jeune qui venait d'arriver en France sur la situation catastrophique en Kabylie.

Il est vrai que tous ses faits ont jeté un coup froid sur l'assistance! Certains intervenants ont essayé de justifier leur soutien à cette initiative au moyen de formules du type « mieux vaut un verre à moitié plein » j'ai même entendu l'allégorie « d'un verre au trois quart plein!! Il est vrai qu'un verre à moitié vide « ferait désordre »
Ceci étant dit, sans prononcer les « vilains mots » d'Autonomie ou d'Indépendance, certains intervenants ont soutenu fermement l'idée que les Kabyles doivent prendre leur destin en main.

Enfin , il ne faudrait pas non plus esquiver ni nier le fait que même si les kabyles en général prennent conscience qu'on est à un tournant déterminant de notre EXISTENCE, beaucoup se posent des questions légitimes sur la définition de l'Autonomie ou de l'Indépendance et surtout dans quelles conditions cela va -t-il advenir, quelles seront les conséquences pour eux .

L' AUTONOMIE peut être globalement définie comme "un territoire qui a certaines lois particulières mais qui ne possède pas une indépendance totale ".

C'est la possibilité pour la communauté kabyle par exemple de s'administrer librement à travers une organisation:

La Constitution d'un parlement élu démocratiquement composé de partis politiques, des Archs qui constituent le fondement antique de la société kabyle dont on peut améliorer le fonctionnement par exemple par la parité hommes/femmes, Tajmaït ou Agraw « l'assemblée de village » qui œuvre au plus près du citoyen.

Cela aura pour résultat La gestion autonome des aspects économiques, culturels, administratifs ..

Le partage négocié avec l'Etat central de la politique étrangère, des moyens financiers et de la défense.
On gardera aussi des liens et des échanges avec les autres régions non plus sous l'aspect du dominant dominé mais dans le respect des spécificités de chacun. Si on peut considérer par exemple qu'un Kabyle qui vit en Oranie, qu'en dehors de son cercle familial il apprenne en seconde langue l'arabe oranais on peut considérer qu'un oranais qui voudrait vivre en Kabylie devrait apprendre en deuxième langue le kabyle

Le terme d'INDÉPENDANCE caractérise la condition d'un Etat qui ne relève pas d'un autre dont il faut assumer tous les aspects financiers politiques économiques, administratifs, de la défense, de la politique étrangère..
Les deux possibilités sont envisageables.

J'ajouterai, que si on observe les contenus des mouvements autonomistes et ou indépendantistes comme « la Corse, la Polynésie etc.. On peut remarquer qu'ils n'ont jamais pensé à proposer à leur population un référendum sur le choix de l'un ou l'autre. À savoir l'Autonomie ou l'Indépendance.

Ce serait pour nous un challenge formidable en termes de démocratie et de mobilisation de la population et de la possibilité de créer un rapport de force sans précédent qui sera très utile lors des négociations.

Sakina Ait-Ahmed,

SIWEL 191003 DEC 13

mercredi 18 décembre 2013

Par Jacques Simon : « Ferhat Mehenni nous parle de la Kabylie »

Par Jacques Simon : « Ferhat Mehenni nous parle de la Kabylie » 

 

18/12/2013 - 14:28

PARIS (SIWEL) — Jacques Simon, historien né en Algérie, est un ancien militant du Mouvement national algérien. En 1963, il observe médusé l’orientation idéologique et politique de l’Algérie indépendante qui s'achemine vers un arabo-islamisme violent et rétrograde. Durant les années 1980, il soutient le printemps berbère et dirige avec Ali André Mécili le journal « Libre Algérie ». Jacques Simon nous livre sa lecture du cheminement du combat kabyle à travers le discours de Ferhat Mehenni à la lumière de ses trois essais : Algérie : la question Kabyle, le siècle identitaire ou la fin de Etats postcoloniaux et enfin, Afrique : le casse-tête français ; mais aussi à la lumière de sa propre expérience d’ancien militant engagé pour l’Algérie durant la colonisation française, puis pour les peuples berbères d’Afrique du Nord et en particulier les kabyles avec lesquels il a partagé un fervent engagement pour la liberté. Nous publions ci-après l’article transmis à notre rédaction.


Jacques Simon (PH/DR)
Jacques Simon (PH/DR)

FERHAT MEHENNI NOUS PARLE DE LA KABYLIE

Au Mali, le cirque électoral terminé, il reste qu’aucun des problèmes ayant justifié l’opération Serval n’a été réalisé : la construction d’un État démocratique et viable, un plan de développement économique, social et culturel, la sécurité du pays et l’unification du Mali, mission impossible, car l’Azawad deviendra, de façon inéluctable un État indépendant. Pour prouver à ses adversaires que la procrastination qu’on lui reproche dans les affaires intérieures est malveillante, François Hollande s’est engagé, sabre au clair, avec une visibilité de six mois et des moyens dérisoires, dans une aventure périlleuse en Centrafrique.

L’objectif proclamé de cette « grande et belle mission » est de « réconcilier un peuple » déchiré par les violences ethniques et religieuses, reconstruire un État en miettes et stabiliser la région. L’objectif camouflé est de défendre les intérêts économiques et financiers de la France qui seraient garantis par le maintien des États artificiels dans son ancien empire africain. Il en est ainsi de l’Algérie dotée par le général de Gaulle du Sahara pétrolier (il existait jusque-là un ministère français du Sahara)1 qui deviendra le ciment du Pacte franco-algérien pour le maintien du statu quo.

L’enlisement annoncé de la France dans les sables mouvants de la Centrafrique et l’interminable décomposition de l’État mafieux algérien ont sonné le glas de cette construction néocoloniale et redonné vigueur à la lutte des peuples pour former des entités homogènes dans des cadres indépendants. C’est le cas des peuples de l’Afrique du Nord et en particulier celui du peuple de la Kabylie.

Algérie : La question kabyle
Exposée de façon claire et pertinente par Ferhat Mehenni, elle est fondée sur un cadre géographique inchangé depuis l’Antiquité, une histoire et une civilisation de longue durée et son aptitude à épouser son siècle2. Cette évolution est toutefois contrariée par l’action conjuguée des États français et algérien qui entendent congeler le cadre néocolonial existant, en nouant un Pacte pour neutraliser le peuple rebelle, contestataire et subversif de la Kabylie.

C’est ainsi qu’en 1959-1960, quand s’ouvrent les négociations entre Paris et le GPRA, le plan Challe concentre ses coups sur la willaya III (opérations Jumelles, Rubis et Turquoise). Le relais est pris par Boumediene dès l’entrée de l’ANP en Algérie en 1962, en 1963 et jusqu’en 1978.

Dans ce livre plusieurs points ont été traités : la nature de l’État militaro policier et arabo-islamique algérien, le mécanisme de sa préservation en suscitant l’opposition artificielle entre le RCD et le FFS pour anesthésier la volonté d’émancipation du peuple opprimé de Kabylie.

Il est bien montré que la cohésion de l’État DRS détenteur de la rente pétrolière n’est possible que par la marginalisation de la Kabylie, la militarisation du régime, la confiscation des libertés démocratiques, le contrôle des médias, la caporalisation des syndicats, un FLN subventionné dominant une Assemblée introuvable, l’arabisation et l’islamisation de la société. Cette politique n’a pu exister qu’avec la complicité de l’État français, de ses idéologues intéressés et des idiots utiles défenseurs du Pacte.

Ils redoutent tous que la Kabylie suive l’exemple de la Prusse et du royaume du Piémont qui furent les acteurs de l’unité allemande et italienne. Indépendante, la Kabylie dynamiterait l’ordre en place et donnerait une impulsion à la formation d’une Afrique du Nord unifiée. L’auteur écrit : « Personnellement je souhaite vivement la construction de l’unité nord-africaine, mais avec la Kabylie comme partenaire à part entière ayant comme tous les autres membres son mot à dire sur les orientations politiques, économiques et socioculturelles du sous-continent » (p.128)

L’an I de la rébellion kabyle
Pour Ferhat Mehenni, la révélation inacceptable de ce mécanisme d’oppression a surgi avec éclat pendant la terrible répression d’avril 2001 sans provoquer une réaction du reste du pays. 2

« C’est aujourd’hui, me disais-je, que la Kabylie a besoin de la solidarité de tous les Algériens. Si elle ne vient pas maintenant, c’est qu’elle ne viendra jamais. La solution de l’autonomie m’apparut alors comme l’unique issue raisonnable pour mettre nos enfants à l’abri de la violence armée de l’État. » (p.30).

Première expression significative de l’identité kabyle, avril 2001 marque la rupture consciente entre ce peuple opprimé et l’État totalitaire algérien. Le saut qualitatif est notable entre la manifestation de colère du « printemps berbère » d’avril 1980 et l’engagement déterminé de tout un peuple pour arracher son émancipation totale.

Plusieurs points restent à développer : les institutions futures, l’économie, le programme démocratique, la laïcité de l’école et de l’État et le cadre géopolitique dans lequel la Kabylie doit s’inscrire : Tamazgha ? l’Union de la Méditerranée ? l’Occident méditerranéen ?3

D’autres points doivent être précisés, relatifs à l’histoire de l’immigration algérienne en France et en particulier celle de l’Étoile Nord-Africaine construite et dirigée majoritairement par les Kabyles inscrits dans l’appareil de production moderne et membres de la CGT. Le rôle social et politique de l’Étoile fut remarquable après 1934 : quand la crise économique mondiale gagne la France et plonge l’Europe dans la barbarie. L’Étoile luttera avec énergie contre l’exploitation capitaliste, le chômage et la misère, le colonialisme, les ligues d’extrême droite, l’antisémitisme, le fascisme, le nazisme et le franquisme. Il adhérera au Front Populaire et restera toujours sur les valeurs du mouvement ouvrier 4.

L’Étoile associait dans le combat qu’elle menait pour les libertés dans le pays d’accueil avec celui pour se constituer en nation souveraine à travers un processus constituant sur le modèle de la Révolution française de 1789.

Dans le débat qui s’ouvre maintenant de façon publique, on peut nourrir sa réflexion avec trois exemples : l’action des Kabyles comme la force structurante du nationalisme algérien avec l’Étoile, l’adoption massive de la Constituante par le congrès des AML de mars 1945 et la transformation des élections municipales de 1947 en un référendum sur la Constituante, lui aussi plébiscité 5.


Le siècle identitaire
Dans ce livre préfacé par le politologue Roger Kaplan6, Ferhat Mehenni élargit le champ de sa réflexion en dressant l’acte de décès des États postcoloniaux. Il inscrit ensuite le combat du peuple de Kabylie dans le mouvement révolutionnaire des peuples pour briser tous les carcans et se constituer en nations souveraines (L’Écosse, la Catalogne...) Défenseur de la laïcité, le président du gouvernement provisoire de la Kabylie (GPK) invite l’Occident au réalisme sur l’héritage géopolitique colonial.

« Au lieu de soutenir les dictatures musulmanes au prétexte qu’elles professent un islam « modéré », les démocraties occidentales seraient plus sages de repérer les tensions et les folies qui se jouent derrière leur apparence ordonnée » (p. 52).

Afrique : le casse-tête français
Avec ce troisième livre préfacé par Ivan Rioufolbi[[7]b]i, l’auteur ne cherche plus à fournir un argumentaire pour établir la légitimité de la revendication identitaire kabyle, mais à s’engager dans une lutte contre le Pacte des deux brigands. Après un état des lieux des pays africains francophones, il est montré que la balkanisation de l’Afrique occidentale (AOF) et orientale (AEF) n’a pas engendré des États viables, du fait de l’intégration de populations hétéroclites dans des cadres artificiels.

Invitation est faite à la France si elle entend défendre ses intérêts et son prestige culturel auprès des populations africaines, à renoncer à ses interventions militaires quasi annuelles stériles et à rompre le Pacte. Revenant sur les relations entre la Kabylie et la France, il écrit : « Face à ses agressions multiformes, la Kabylie toujours un peu païenne, un peu chrétienne, juive par certaines origines, toujours musulmane à sa manière, pratique, comme au temps les plus reculés de son histoire, entre autres formes de résistance, sa laïcité en jurant « au nom de toutes les croyances » (p. 102)

En fin de livre, il est rappelé que les deux millions de Kabyles en France ont participé à la construction et à la défense de l’hexagone comme sur le modèle de l’assimilation différent de celui de l’intégration. Ils s’inscrivent ainsi sans la chaîne des immigrations européennes du XIXe siècle qui ont fait la France tout en restant attachés à « la patrie ancestrale ».

S’adressant à la France, Mehenni lui propose de s’appuyer sur les Kabyles pour défendre son identité, ses intérêts économiques sa Grandeur dans le monde et son prestige auprès des populations francophones africaines. Pour cela, elle devra déchirer le Pacte scélérat et mener avec son plus fidèle allié, un combat sans concession, [comme ce fut le cas avec l’Étoile, contre l’islamo fascisme]. La lutte que les Kabyles mèneront pour la défense de leur pays d’accueil sera associée à celle pour l’indépendance de leur « patrie ancestrale».

Conclusion : la question kabyle est devenue maintenant un problème de la vie politique intérieure, africaine, et internationale de la France. Tous les hommes épris de liberté soutiendront la marche du peuple kabyle pour son émancipation.

Notes
1. Treyer (C). Sahara 1956-1962. Les Belles lettres, 1966.
2. Mehenni (F). Algérie : la question kabyle. Michalon, 2004. Voir également Chaker (S). Berbères aujourd’hui, L’Harmattan, 1998, Guenoun (A). Chronologie du mouvement berbère, Casbah, 1999 ; Aït Kaki (M). De la question berbère au dilemme kabyle à l’aube du XXIè siècle , L’Harmattan, 2011 ; et l’immense thèse de Mahé Alain. Histoire de la Grande Kabylie, Bouchene, 2001.
3. Simon (J). L’Occident méditerranéen. L’Harmattan, 2013.
4. Simon (J). L’Étoile Nord-Africaine (1926-1937). L’Harmattan, 2003.
5. Kaddache (M). Histoire du nationalisme algérien. SNED, 1981.
6. Mehenni (F). Le siècle identitaire, Michalon, 2010.
7. Mehenni (F). Afrique : le casse-tête français. La France va-t-elle perdre l’Afrique ?, Ed. de Passy, 2013.


Jacques Simon
18 décembre 2013


SIWEL181428 DEC 13

Vous trouverez plusieurs publication de l'auteur sur son site internet ci-dessous

En pdf, l'article de Jacques Simon : FERHAT MEHENNI NOUS PARLE DE LA KABYLIE
ferhat_mehenni_nous_parle_de_la_kabylie_.pdf FERHAT MEHENNI NOUS PARLE DE LA KABYLIE..pdf  (188.49 Ko)

mardi 17 décembre 2013

Le DRS derrière l’assassinat des moines de Tibhirine ! | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Le pouvoir algérien veut faire endosser leurs assassinat aux terroristes
Le fallacieux argument de la souveraineté nationale ne tient guère debout. De puissances mondiales, comme la Suisse, l’Allemagne et même les USA ont autorisées des enquêteurs étrangers à mener aisément des enquêtes sur leur territoire dans de grandes affaires criminelles.
18/12/2013 - 00:33 mis a jour le 17/12/2013 - 21:31 par

Et si réellement le pouvoir algérien était jalousement attaché à ce soit disant principe de souveraineté, pourquoi aurait-il autorisé les avions militaires français sillonnés, en toute quiétude, l’espace aérien algérien pour aller bombarder nos frères Touaregs ? A moins que ce principe devienne caduc dès qu’il s’agisse de destruction de tout ce qui a trait à Tamazight ou à Imazighen...
Tout le monde s’accorde à dire que c’est le DRS qui a exécuté les moines de Tibhirine. La fallacieuse raison que l’Algérie pourrait évoquer serait le fait d’accueillir dans leur monastère, par fidélité à leur religion, toutes personnes leur demandant de l’aide.
Il ne s’agit même pas d’une bavure. Le crime est prémédité et les services secrets algériens ont monté un scénario de toutes pièces pour faire croire au monde entier qu’il s’agit d’un acte terroriste. Le but recherché par les commanditaires de cet abominable crime était de faire réagir la communauté internationale devant la barbarie intégriste et surtout de ne pas perdre le précieux soutien de la France.
Ces terroristes que la télévision algérienne ne cessent de montrer pour crédibiliser la thèse des décideurs algériens, sont-ils vraiment des terroristes ? Tout le monde sait qu’en Algérie, et jusqu’à ce jour, il existe des groupes islamiques armés et des groupes islamiques de l’armée ! Des villages entiers et des centaines de civils ont été exécutés par des gendarmes et des militaires durant les années 1990. Le cas de Bentalha et d’Ighil Izan sont à ce titre édifiants. La raison de ses carnages est le fruit des luttes claniques au sommet du pouvoir et de l’armée.
Reste seulement à savoir si la France fermera les yeux sur ce crime en contre partie de juteux marchés conclus avec l’Algérie ?
Une chose est sûre, tôt ou tard, la vérité finira par éclabousser même ceux qui pense être protégés par le rideau derrière lequel il se cache.
Alger, Saïd F. pour Tamurt.info

dimanche 15 décembre 2013

Bouaziz Aït-Chebib installe la coordination d’Alma n Silla (Michelet)

Bouaziz Aït-Chebib installe la coordination d’Alma n Silla (Michelet)

15/12/2013 - 12:39

ALMA N SILA ( SIWEL) - Le premier responsable du MAK souligne : « En Algérie, sous la pression du Printemps Noir et le MAK, le pouvoir a consacré Tamazight comme langue nationale afin de bénéficier de la caution de la Kabylie en prévision des élections locales de 2002. En 2013, ce même pouvoir, pris de panique suite à l’évolution du MAK de l’autonomie à l’autodétermination, tente de duper la Kabylie en ouvrant un simulacre de débat sur l’autonomie et l’officialisation de Tamazight". Bouaziz Aït-Chebib affirme que ce simulacre de débat n’a en réalité qu’un seul objectif : faire participer la Kabylie aux élections présidentielles d’avril 20I4. « Aussi, poursuit le président du MAK, je lance dès aujourd’hui et à partir d’Alma N’silla à l’endroit des deux partis politiques kabyles, en l’occurrence le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie et le Front des Forces Socialistes à emboîter le pas au MAK : rejeter ces élections d’avril 2014 ».


Bouaziz Aït-Chebib installe la coordination d’Alma n Silla (Michelet)
Agissant dans le cadre du renouvellement des structures du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) de celles touchées par l’expiration de mandat d’exercice, Bouaziz Aït-Chebib, accompagné de Mohamed Chabane, était en déplacement hier dans la région de Michelet où il a procédé justement au renouvellement de la structure d’Alma-N’silla. Et conformément aux statuts et règlements du MAK où la démocratie est maîtresse, la nouvelle composante humaine de la coordination MAK du pays de mat de cocagne a obéi au choix sélectif. En effet, après la sanction par le vote, le nouveau bureau est dégagé. Le voici : Président : Saïd Kaci-Ouali, vice-président : Mohand Ath-Aïssi, Secrétaire à l’organique : H’cène Kaci et Trésorier : Boudjemaâ Ath-H’cène.

Par ailleurs, le président du MAK a mis à profit cette rencontre pour rappeler à l’assistance les grands rendez-vous que doit honorer la famille militante et patriotique du MAK et passer en revue les sujets d’actualité où la Kabylie constitue le principal élément de l’équation.

C’est ainsi effectivement que Bouaziz Aït-Chebib a réitéré à l’intention des cadres et militants d’Alma N’silla que la date du 3 janvier 20I4 sera consacrée à l’étude et l’adoption de l’avant-projet pour un Etat kabyle , prévues à Béjaia. Tout en insistant sur l’importance que revêt ce document d’où l’implication de tout un chacun est indispensable, le premier responsable du MAK a également mis l’action fêtarde de Yennayer. « Celle-ci, a indiqué le premier responsable du MAK, sera traduite par une marche à Tizi-Ouzou ».

Le second volet de l’intervention de Bouaziz Aït-Chebib a porté naturellement sur les élections présidentielles algériennes d’avril 20I4. Et fidèlement à sa légendaire capacité oratoire, Le n°1 du MAK a commencé par indiquer que « le peuple kabyle, encore une fois, ne sent pas concerné par cette élection présidentielle et dès lors, l’homme qui occupera ou réoccupera le fauteuil d’El Mouradia ne sera toujours pas reconnu par la Kabylie comme son président ». « D’ailleurs, Abdelaziz Bouteflika, ajoute Bouaziz Aït-Chebib, n’est pas notre président de la république ». S’agissant de la question de « Tamazight » où certains appareils satellitaires du pouvoir commencent à s’agiter en évoquant son officialisation comme s’ils prétendent à sa paternité alors que dans le passé, toute expression amazighe leur causait une allergie, le premier responsable du MAK souligne : « En Algérie, sous la pression du Printemps Noir et le MAK, le pouvoir a consacré Tamazight comme langue nationale afin de bénéficier de la caution de la Kabylie en prévision des élections locales de 2002. En 2013, ce même pouvoir, pris de panique suite à l’évolution du MAK de l’autonomie à l’autodétermination, tente de duper la Kabylie en ouvrant un simulacre de débat sur l’autonomie et l’officialisation de Tamazight". Bouaziz Aït-Chebib affirme que ce simulacre de débat n’a en réalité qu’un seul objectif : faire participer la Kabylie aux élections présidentielles d’avril 20I4. « Aussi, poursuit le président du MAK, je lance dès aujourd’hui et à partir d’Alma N’silla à l’endroit des deux partis politiques kabyles, en l’occurrence le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie et le Front des Forces Socialistes à emboîter le pas au MAK : rejeter ces élections d’avril 2014 ».

C’est sur cet appel solennel aux deux formations politiques du seul pays appelé « la Kabylie » que Bouaziz Aït-Chebib a mis fin à son intervention. Nous devons également signaler qu’après cette rencontre dédiée à feu Antonio Cubillo, leader indépendantiste canarien, décédé, rappelons-le, le 10 décembre 20I2, Bouaziz Aït-Chebib et son compagnon, Mohamed Chabane, ont été invités par les cadres et militants d’Alma N’silla à une petite randonnée « touristique ». A pied et en voiture, les yeux ont découvert la grande beauté de Tizi-l’Djamaâ, le col de Tirourda, la Grotte du Macchabée et tant d’autres lieu tout aussi prestigieux.

De Tizi-Ouzou, Saïd Tissegouine

Siwel avec Tamurt

vendredi 13 décembre 2013

Tel est pris qui croyait prendre ! - La Dépêche de Kabylie

58ème anniversaire de l’opération Oiseau bleu

Tel est pris qui croyait prendre !

L’union nationale de la jeunesse algérienne (U.N.J.A) a commémoré, dans la journée d’avant-hier, le 58ème anniversaire de la mythique opération ‘’Oiseau bleu’’ ou ‘’Force K’’, à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, en présence de la famille révolutionnaire, du mouvement associatif et d’un public venu nombreux. A cette occasion, un film documentaire historique sur la wilaya III a été projeté. Il est intitulé « Oiseau bleu, histoire secrète d’une guerre », écrit et réalisé par Razika Mokrani lauréate du prix Mention spéciale du jury à la 11ème édition du festival du film amazigh. Il raconte les événements qui se sont produits lors d’une opération secrète lancée par l’armé française, en 1955, en haute Kabylie.  Des historiens comme Camille Lacoste du Jardin, Benjamin Stora et Djoudi Attoumi, des ethnologues et des militaires, du côté français, et des acteurs de l’opération, du côté algérien, interviennent dans le documentaire. Cette opération également dénommée « Force K », allusion faite à la lettre « K » de Kabylie, fut l’œuvre des services secrets français avec la bénédiction du gouverneur général d’Algérie de l’époque, Jacques Soustelle, et avait pour objectif, la création d’un contre maquis en Kabylie maritime. Les services de renseignement français pensaient naïvement qu’ils pouvaient retourner dans les rangs du FLN plusieurs centaines de Moudjahidine et les transformer en commandos clandestins qui opéreraient avec les mêmes tenues de combat que celles de l’ALN.  Comme l’a si bien dit Krim Belkacem, l’armée française a tenté d’« introduire un cheval de Troie au sein de la résistance algérienne… ». Mais c’était sans compter sur le patriotisme des Algériens qui ont su profiter de l’aubaine que leur offraient les Français.  Diviser les rangs du FLN, l’affaiblir et mettre à mal ses projets révolutionnaires, c’était l’objectif de l’opération « Force K ». Mais cela s’est soldé par un cuisant échec et une grande humiliation pour l’armée française qui a permis au FLN de s’approvisionner en fonds et en armes de guerre et de renforcer ses rangs. Le président de l’association des moudjahiddine de Tizi-Ouzou, Mr Ouali Aït Ahmed, a, lors de son intervention, précisé : « le centre de gravite de l’opération ‘’Oiseau bleu’’ était le Chahid Ahmed Zaidat qui était en charge d’un réseau du côté d’Azazga…». Il ajoutera : « les éléments de la victoire furent : la prise de conscience des Algériens de leur servitude et le fait d’avoir donné à la révolution une dimension politique et l’esprit de sacrifice… ».Par ailleurs, les organisateurs de la commémoration ont profité de l’occasion pour honorer le président de l’association des moudjahiddine de Tizi-Ouzou et plusieurs autres moudjahiddine qui ont prix part à cette opération.  Le premier responsable du secteur de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou, M. El Hadi Ould Ali a également été honoré pour le travail remarquable qu’il a accompli pour la promotion de la culture dans la wilaya. Le wali de Tizi-Ouzou, M. Abdelkader Bouazghi, et le président de l’assemblée populaire de la wilaya, M. Hocine Haroun, ont eux aussi été honorés par l’U.N.J.A pour tous les efforts qu’ils ont consentis et l’intérêt qu’ils portent au développement de la wilaya.

jeudi 12 décembre 2013

Yennayer 2964 : Le calendrier kabyle en vente dans les librairies

Yennayer 2964 : Le calendrier kabyle en vente dans les librairies

12/12/2013 - 11:53

TIZI WEZZU (SIWEL) - Amar Zebbar, militant kabyliste, poète et photographe a toujours marqué le nouvel an amazigh à travers un calendrier kabyle depuis 2001. Il ne se contente pas de faire revivre le calendrier agricole kabyle étant donné que chaque édition est porteuse d'un message révolutionnaire appelant le peuple kabyle à disposer de lui-même.


Yennayer 2964 : Le calendrier kabyle en vente dans les librairies
En dépit de la politique négationniste du régime raciste d'Alger, Yennayer est célébré dignement par les Amazighs.

à l'approche du nouvel an, les librairie sont envahiss par des calendriers de toute dimension. Le calendrier kabyle dont Yennayer n'est pas toujours consacré jour férié comme le 1er janvier et le 1er Moharem, est présent chaque année grâce à la détermination des militants kabyles qui expriment leur attachement à leur kabylité et leur appartenance à la grande famille amazighe.

Amar Zebbar, militant kabyliste, poète et photographe a toujours marqué le nouvel an amazigh à travers un calendrier kabyle depuis 2001. Il ne se contente pas de faire revivre le calendrier agricole kabyle étant donné que chaque édition est porteuse d'un message révolutionnaire appelant le peuple kabyle à disposer de lui-même.

Chaque numéro, est dédié à des militants qui se sont sacrifiés pour la dignité et la liberté et souvent disparu dans l'anonymat. Amar Zebbar fait en sorte de déterrer leur nom et leur combat pour les inscrire dans la mémoire collective du peuple kabyle.

Pour Yennayer 2964, le calendrier a été un hommage aux militants qui ont marqué chaque période du combat kabyle depuis l'Etoile Nord Africaine à nos jours : Imach Amar, Benai Ouali, Amar Ould Hamouda, Mbarek Ait Menguellet, Laimèche Ali, Henine yahia , Rachid Ali Yahia , Mouloud Mammeri, Salah Boukrif, Achour Belhjezli .....

L'auteur a tenu à travers cette nouvelle édition, à rendre hommage aux hommes de lettres comme Tertullien, Belait Ait Ali, l'historien kabyle Mouloud Gaid .. et à exprimer son soutien au chanteur kabyle Zedek Mouloud.

Entre Images tirées des manifestationsdu MAK, poèmes engagés, petites biographies des personnages suscités, Amar Zebbar s'engage avec dignité pour l'autodétermination du peuple kabyle.

lundi 9 décembre 2013

Contribution - Tamazight langue officielle : Une fausse solution pour un vrai problème | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie


Contribution - Tamazight langue officielle : Une fausse solution pour un vrai problème

L. ACARΣIW pour Tamurt.info

A l’approche de l’élection présidentielle algérienne, le problème de la « langue ? » Tamazight refait surface. D’anciens « militants » berbéristes tentent de refaire croire en l’espoir de son officialisation sous un régime qui, depuis plus de cinquante ans, a vu tant de têtes partir et d’autres s’installer, sans que la politique de déni identitaire et linguistique envers les peuples Amazighs d’Algérie change en quoi que ce soit.
09/12/2013 - 10:53 mis a jour le 09/12/2013 - 10:54 par L. ACARƩIW

A ttnadin Υef tsarutt , tabburt w’arɛad i tt-ufin CuΥlen-d m’ ad-telhu tefsut, nitni du gegris Υellin. Ait menguellet
A vrai dire, ces quelques phrases suffisent amplement pour résumer le désarroi des tenants de la revendication de l’officialisation de tamazight, aujourd’hui.
Malheureusement, si cela est clair pour certains, pour d’autres, l’évidence se perd dans la densité du brouillard politique qui fait obstacle à une projection de l’avenir en Algérie. A partir de là, chacun de nous a le devoir d’exprimer sa divergente par souci de démocratie et d’honnêteté intellectuelle.
Toutefois, la question se pose légitimement quant à la motivation politique des initiateurs de ce débat unilatéral.
A l’approche de l’élection présidentielle algérienne, le problème de la « langue ? » Tamazight refait surface. D’anciens « militants » berbéristes tentent de refaire croire en l’espoir de son officialisation sous un régime qui, depuis plus de cinquante ans, a vu tant de têtes partir et d’autres s’installer, sans que la politique de déni identitaire et linguistique envers les peuples Amazighs d’Algérie change en quoi que ce soit.
Le concept même d’officialisation d’une langue ne signifie pas toujours que sa reconnaissance soit la reconnaissance d’un peuple. Beaucoup de pays officialisent des langues qui ne sont pas propres à leur peuple. C’est une officialisation motivée par un besoin pratique, pour le bon fonctionnement de leurs institutions. Les pays d’Afrique en sont l’illustration.
Il existe aussi des Etats qui utilisent des langues dans leurs institutions sans même qu’elles soient officielles, l’exemple du français en Algérie est édifiant, même si nous n’ignorons pas la duplicité du régime qui, dans ses discours exprime hypocritement son hostilité envers cette langue, et dans les faits, en use et en abuse abondamment au plus haut sommet de l’Etat.
Pour moi, comme l’a chanté un poète de chez nous, « les langues comme les hommes, sont égales en droit ». Mais force est de constater chez ceux qui nous gouvernent que pour toutes les langues amazighes, il n’y a que haine, mépris et violence envers leurs défenseurs. Ils n’arrivent pas à admettre que l’on puisse mettre celles-ci sur le même pied d’égalité avec l’arabe, consacré depuis 1962 comme La langue nationale et officielle. Les langues amazighes sont pour eux des langues de sauvages et d’arriérés.
Ces constats m’amènent à penser que la thèse avancée, selon laquelle l’officialisation de la « Langue Tamazight » en Algérie mettra fin au déni identitaire dont souffrent les peuples Amazighs, au premier rang desquels il y a le peuple kabyle, est erronée. On le voit déjà au Maroc où, même en faisant constitutionnellement de tamazight une langue nationale et officielle tarde lourdement à l’appliquer dans les faits.
L’explication se trouve dans la nature du régime Algérien qui a constamment développé une politique coloniale visant à dépersonnaliser les Kabyles, les Chawis, les Touaregs, les Mozabites soumis tous à une politique visant leur disparition. Une politique qui n’est pas seulement celle du régime Algérien, mais partagée et exécutée par tous les Etats d’Afrique du Nord au nom de l’idéologie arabo-musulmane.
Le recul historique de la lutte de nos aînés pour notre existence, puis l’évolution de notre réflexion aujourd’hui, me laissent penser que le problème dont souffre le peuple kabyle, et à travers lui, les autres peuples Amazighs, ne peut pas se résumer à un simple problème linguistique. Même si un bilan dans ce sens est important à réaliser, il me semble que la question est avant tout d’ordre politique. C’est celui de l’existence de peuples distincts méritant chacun son propre Etat.
Surtout quand on sait que les linguistes s’accordent à dire qu’une langue ne se résume pas seulement à un moyen de communication entre les personnes, mais que la langue est un concept beaucoup plus complexe, comme le soutient Claude Hagege en disant : « chaque langue est un petit univers de sens et d’originalité conceptuelle ». Louis-Jean Calvet, quant à lui, soutient qu’une langue qui n’est pas acceptée par ses interlocuteurs n’a pas lieu de s’imposer. D’où cette question objective qui nous interpelle : pourquoi veut-on imposer la langue arabe aux Amazighs, et pourquoi veut-on imposer une langue commune aux peuples Amazighs au détriment de leurs langues respectives ?
Dans les deux cas de figure, la démarche est vouée à l’échec. C’est Ferdinand de Saussure qui nous a rappelé cette évidence : « L’État parvient rarement à imposer à une population une langue dont elle ne veut pas ou plus. Les langues évoluent, naissent et meurent, en fonction des besoins de leurs interlocuteurs ».
Au fond, La réflexion me pousse à poser le problème de la légitimité du combat pour « Tamazight ». Quelle est la légitimité des kabyles à porter une revendication pan-amazighe, qui ne concerne pas que la Kabylie ? Surtout, a-t-on le droit de piétiner la souveraineté et les aspirations des autres peuples Amazighs en Algérie ?
Ceci est d’autant moins légitime que le niveau de conscience, le combat politique, l’expérience et la tradition revendicative sont différents d’un peuple à un autre. La démarche la plus sage devrait avoir pour souci de respecter des paramètres pour chaque situation. Cela dit, une synergie est susceptible de se créer mais avec des Etats, chacun en phase avec son peuple.
Le combat identitaire des kabyles ne date pas d’aujourd’hui. Il a traversé des temps immémoriaux. D’un combat militaire mené pour la souveraineté du peuple kabyle à un combat politique en faveur des droits de tous les peuples d’Afrique du Nord, la Kabylie a arraché l’indépendance de l’Algérie mais ne trouvera de repos que le jour où le peuple kabyle aura recouvré sa totale liberté.
L’apport de l’Amusnaw kabyle, Dda Lmulud At Mâemmer en matière d’histoire, d’anthropologie et de linguistique est à bien des égards inestimable. Il avait le souci de ne pas dissocier la culture de la politique. Il était convaincu que celui qui prend les rênes du pouvoir, dans un pays multiethnique est toujours tenté d’imposer et de favoriser sa langue et sa culture sur celles des autres.
Parler des bienfaits de l’officialisation, supposerait que le pouvoir algérien mettrait tout en œuvre pour promouvoir et développer l’Amazighité qu’il a toujours combattue. Cela relève d’un fantasme politique. L’exemple du Maroc est là pour nous rappeler que l’officialisation de Tamazight n’est qu’un gadget pour amuser ceux qui y croient et qu’elle ne rétablit pas les peuples Amazighs dans leurs droits. Peut-on faire confiance à ce pouvoir pour prendre en charge notre langue ? Peut-on penser que la victime puisse attendre de la clémence de son bourreau ?
Au demeurant, penser aujourd’hui que le nationalisme kabyle, qui s’est traduit par cette volonté d’affirmer son identité à travers un Etat, un peuple et une langue kabyle, est anti-amazigh est un non-sens. Un bébé qui se sépare de son cordon ombilical, ne veut pas dire qu’il reniera sa mère, cela veut juste dire qu’il est apte à se prendre en charge, cela nécessite du temps certes, mais c’est tout-à- fait naturel. Il en va de même pour toutes les langues dites amazighes. Elles sont toutes aptes à être des langues officielles, des langues d’Etat, quand-bien même elles puiseraient chacune dans les autres ce qui lui manquerait.
Indéniablement, c’est grâce au bilan du combat pour « Tamazight » que nous sommes arrivés à une réalité, qui aurait dû nous interpeller en amont de notre lutte, et qui est la suivante : la pérennité d’une langue dépend de la capacité du peuple à la protéger et à la promouvoir. Or, le peuple kabyle est dépourvu de sa souveraineté, par voie de conséquence sa langue n’a aucune protection. Protéger le peuple kabyle par l’édifice d’un Etat propre à lui, protégera inéluctablement sa langue.
C’est aussi la façon la plus efficace avec laquelle on peut faire bénéficier tous les peuples Amazighs des fruits de leur sueur.
L. ACARΣIW