dimanche 19 janvier 2014

MAK : Soutien et solidarité avec les mozabites ↓


Publiée le 12 janv. 2014
Un impressionnant dispositif répressif a été mis en place pour empêcher la marche du MAK pour célébrer Yennayer 2964 l'an Amaziɣ !
↓ Les Liens ↓
https://www.flickr.com/photos/9221778...
http://www.tamurt.info/le-drs-reprime...
http://www.siwel.info/Marche-du-MAK-a...

un moyen efficace :
Les mots mère de chaque langue,
la liste Swadesh pour dater les langues d'origine.. Pour créer sa liste, Swadesh a choisi un vocabulaire de base que l'on retrouve dans le plus de langues possible, étant le plus indépendant possible de l'environnement naturel et de la culture.. surtout pas affecté par d'autre langue Ou on a subi un influence par degré.. Des mot comme :
tête ,oreille ,œil ,nez ,bouche ,dent ,ongle ,pied ,jambe ,main, rouge , bleu , jaune , vert ....
Les mots mère de chaque langue
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_Sw...

samedi 18 janvier 2014

Matoub Lounès Tighri n taggalt sous-titré



Mise en ligne le 17 avril 2008
Chanson de Matoub Lounès "Tighri n taggalt" (La révolte de la veuve). Vidéo sous-titrée en kabyle avec la traduction française de la chanson.
(Transcription en Tamazight et traduction/adaptation en français de Yalla Seddiki - Matoub Lounès, Mon nom est combat).
http://matoub.rebelle.free.fr/

5ème Forum international sur la vie et l’œuvre de Kateb Yacine à Guelma - La Dépêche de Kabylie

Par DDK | Il ya 1 heure | 1 lecture(s)

SA CLÔTURE ÉTAIT PRÉVUE POUR HIER

5ème Forum international sur la vie et l’œuvre de Kateb Yacine à Guelma


Les participants au 5ème Forum international sur la vie et l’œuvre de Kateb Yacine ont souligné, vendredi à Guelma, que Si Kateb écrivait en français, « c’était pour dire aux Français qu’il n’était pas des leurs ». Ayant démarré mercredi dernier, au théâtre régional Mahmoud-Triki, ce rendez-vous a eu pour thème "Kateb Yacine, la langue, l’art et la Révolution".  Les chercheuses universitaires Saalla Kittar et Raphaëlle Herout, de l’université de Caen-Basse Normandie (France), ont présenté une analyse sémantique, linguistique et textuelle de certaines œuvres de Kateb Yacine, où ils ont souligné le fait que l’écrivain « écrivait réellement en langue française pour dire aux Français qu’il n’était pas français ». Alliant poésie et style dramatique, ces chercheuses ont revisité les œuvres de Kateb Yacine pour donner un aperçu sur les visions de l’écrivain sur la problématique de la langue française, ses engagements dans la lutte contre l’occupant et la défense de ses convictions, celles de construire une nation algérienne dont les racines et les origines sont indépendantes du colonisateur. Les deux universitaires ont évoqué ce qu’avait écrit Kateb Yacine au sujet des massacres du 8-Mai 1945, à Sétif, Guelma et Kherrata, ainsi que sur les manifestations du 17 octobre 1961 pour soutenir que l’écrivain interpellait la conscience française : « Peuple français, vous êtes désormais témoin de ce qui s’est passé dans la Seine à Paris ». Mmes Kittar et Herout ont considéré que la lutte de Kateb Yacine pour la liberté était « amplement illustrée dans ses oeuvres et ses pensées ». Pawlicki Jedrjez, de l’université Adam Mickiewicz de Poznan’, (Pologne) a présenté une approche entre "Nedjma" de Kateb Yacine et "La légende d’Ulenspiegel" de l’écrivain belge Charles De Coster. Il affirma que les deux œuvres littéraires sont considérées comme « des fondements de la littérature algérienne et belge ». Cet universitaire a fait part de "similitudes" entre les deux écrivains, en l’occurrence leur utilisation de la langue française, leur lutte pour la liberté de leur pays ainsi que leur proximité des différentes couches de la société, travailleurs, artistes et peintres notamment. Les questions de l’espace et du contexte historique et idéologique et celles de la liberté et de la relation entre l’histoire et le mythe dans la littérature algérienne et belge ont été également abordées par M. Jedrjez. L’approche présentée a été considérée par les présents comme « une nouvelle voie pour une nouvelle lecture littéraire des œuvres de Kateb Yacine ». Le cinquième forum international sur la vie et l’œuvre de Kateb Yacine devait se clôturer hier avec des recommandations et l’annonce du lauréat du prix littéraire international Kateb Yacine, récompensant les meilleures œuvres littéraires et d’analyse éditées entre janvier 2012 et novembre 2013, selon les organisateurs. Les invités à ce forum ont été conviés à une visite dans la région d’Aïn Ghrour, dans la commune de Hammam N’baïls, territoire de la tribu Beni Keblout d’où est issue la famille de Kateb Yacine.

Convocation en masse des jeunes Kabyles au service militaire | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Tizi Wezzu
Notre source précise que les récalcitrants seront sévèrement sanctionnés. Ce qui est étrange, c’est que la plus part des jeunes appelés au service militaire ont été orientés vers des casernes frontalières. Les jeunes Kabyles sont les seuls pour le moment concernés par cette vague de convocations.
18/01/2014 - 10:37 mis a jour le 18/01/2014 - 13:13 par Saïd F.
Cette convocation subite et en masse des jeunes Kabyles a-t-elle une relation avec l’élection présidentielle qui approche ? Possible, précise notre source. Le pouvoir craindrait-il une invasion des forces militaires à partir de ses vastes frontières. Les décideurs craindraient-il un scénario à la libyenne. Un soulèvement populaire et une intervention d’une armée occidentale pour renverser son régime. Tout est possible dans ce pays, nous précise notre source.
Quoi qu’il en soit, les Kabyles sont toujours placés dans les premiers rangs du combat, comme ce fut le cas dans tous les conflits armés. Citons comme exemple l’envoi de milliers de Kabyles en Egypte par Boumediene pour défendre les Palestiniens et les Egyptiens durant les années 1970, pendant la guerre des six jours contre Israël.
Cette-fois-ci, les kabyles plus conscients et aguerris face aux dictateurs successifs qui dirigent l’Algérie, ne comptent pas se rendre. « Celui qui veut la guerre ou qui est menacé, qu’il envoie ses enfants. Je ne suis pas un traître mais je ne vais pas défendre le régime algérien si jamais les occidentaux décide à le renverser », nous a déclaré Bélaïd, un jeune de Drâa El Mizan. Un avis partagé par tous les jeunes qui ont été convoqués par la gendarmerie pour se rendre aux frontières algériennes.
Saïd F.

vendredi 17 janvier 2014

Communiqué du MAK: Commission préparatoire de la conférence nationale des cadres

Communiqué du MAK: Commission préparatoire de la conférence nationale des cadres

17/01/2014 - 18:50

KABYLIE (SIWEL) — Le Mouvement pour autodétermination de la Kabylie (MAK), convoque par voir de communiqué les cadres de sa structure dans la perspective de la préparation de la conférence nationale des cadres


Ce communiqué tient lieu de convocation

Communiqué du MAK: Commission préparatoire de la conférence nationale des cadres

Communiqué : Commission préparatoire de la conférence nationale des cadres 

La conférence nationale des cadres du MAK ayant pour mission d’adapter les textes du mouvement à la résolution du Conseil National du 4 octobre dernier aura lieu le 24 janvier à Smaoun dans le département de Vgayet. 

Ce communiqué tient lieu de convocation 

Kabylie, le 17 janvier 2014 

Mohand Ouamer Hachim, Président de la commission préparatoire de la conférence nationale des cadres. 

SIWEL 171850 JAN 14

Racisme d’Etat et diaspora amazighe : Le pouvoir Algérien actionne ses relais mozabites en France

Racisme d’Etat et diaspora amazighe : Le pouvoir Algérien actionne ses relais mozabites en France

17/01/2014 - 18:37

PARIS (SIWEL) — Propagande, manipulation, infiltration, le pouvoir algérien, sclérosé dans sa mentalité comme dans ses pratiques, essai d'anticiper sur la solidarité entre les peuples amazighs qui, d’année en année, ne cesse de se consolider, à l’intérieur de l’Algérie, comme à l’extérieur. Pour se faire il use comme d’habitude de quelques larbins de services. Après les Kabyles, les Chaouis et les Touaregs de service, voici venu le temps des Mozabites de service.


M. Abdallah Zekri, franco-algérien, semble être un habitué de l’infiltration. Ce chargé de mission au Conseil français du culte musulman (CFCM) était membre de l’UMP. Face à la presse, il a « déchiré » sa carte d’adhérent à l’UMP en appelant « tous les musulmans de l’UMP » à l’imiter pour protester contre un  « débat » sur la laïcité et l’Islam. une belle preuve de tolérance  (PH/DR)
M. Abdallah Zekri, franco-algérien, semble être un habitué de l’infiltration. Ce chargé de mission au Conseil français du culte musulman (CFCM) était membre de l’UMP. Face à la presse, il a « déchiré » sa carte d’adhérent à l’UMP en appelant « tous les musulmans de l’UMP » à l’imiter pour protester contre un « débat » sur la laïcité et l’Islam. une belle preuve de tolérance (PH/DR)
Dans une déclaration rendue publique sur un site algérien (Algérie-patriotique) appartenant à la mafia politico-militaire de la nomenclature algérienne, un « Collectif des Mozabites en Europe », né miraculeusement de nulle part, juste après l’annonce d’un grand rassemblement de solidarité à Paris, s’en est violemment pris à « l’internationalisation du conflit du Mzab » et donc au militant des droits de l’homme, Kameleddine Fekhar qui a eu l’audace de demander une médiation internationale dans un conflit qualifié de racial, après avoir déclaré « ne plus avoir confiance en le pouvoir algérien » et qu’il accuse ouvertement de pratiquer un ethnocide sur les mozabites. 

On comprend mieux pourquoi ce mystérieux collectif de mozabites « refuse de cautionner ceux qui veulent internationaliser les événements du M’zab », et insiste pour rester dans le giron de l’Etat « car il s’agit d’un problème algéro-algérien qui doit être réglé localement par le dialogue et la concertation »insiste-t-il.…autrement dit, ce collectif, qui attaque directement le militant des droits de l’homme Kameleddine Fekhar, veut maintenir le peuple Mozabite dans une isolation préméditée qui arrange le pouvoir algérien afin de « régler le conflits du Mzab», comme l’a proposé le premier ministre algérien, A. Sellal, en « tournant la page », en « oubliant » et en « pardonnant » et…en « partageant équitablement les terres », dont il convient de préciser que les terres qu’il souhaite partager équitablement entre arabes et mozabites appartiennent tous aux mozabites. 

Pendant ce temps, les accusations portées par le militant des droits de l’homme, Kameleddine Fekhar étant étayées par de nombreuses vidéos, photos et témoignages, le pouvoir algérien tente coute que coute de museler ce militant et lui applique la même technique qu’à Ferhat Mehenni, avec d’autant plus de hargne que ce dernier apporte au Dr Fekhar un soutien appuyé. Craignant une contagion « séparatiste », iIl n’en fallait pas plus pour que le régime tenter d’organiser l’isolation du nouveau « traitre » qui veut diviser l’Algérie sauf que cette fois, il est mozabite. 

Alors, dénigrer et isoler toute tentative de solidarité entre les amazighs devient une affaire qui se fait urgente d’autant plus qu’une cinquantaine de militants mozabites a fait des milliers de kilomètres, de Ghardaia à Tizi-Ouzou, pour aller marcher avec leurs frères et sœurs amazighs de Kabylie à l’appel d’un Mouvement « séparatiste » qui prône l’autodétermination. Et comble de malchance pour le régime algérien, qui affectionne les crimes à huis-clos, le Collectif des amazighs en France, le même jour, organise un rassemblement de solidarité à Paris, sur la place des droits de l’homme au Trocadéro pendant que la disapora amazighe du canada organise, toujours le même jour, un autre rassemblement à Ottawa…s’en est trop pour le pouvoir algérien qui décide de créer sur place un collectif des mozabites pour dénier à quiconque de parler au nom des mozabites sous peine de déposer plainte contre eux ! 

Il suffit de relever passages du communiqué de ce collectif pour comprendre de suite à qui l’on a affaire. Ainsi dit par exemple qu’il , appelle « les Algériens à éliminer les germes de la fitna » et « appelle les algériens à rester solidaires pour renforcer le bon vivre ensemble dans le droit et la justice au sein de la République»... donc se soumettre au droit et à la justice qui sont bafoué par les institutions-même de cette république qui mobilise ses forces de répression . 

En outre, ce collectif mystérieux rajoute qu’il «apporter son soutien total aux revendications contenues dans la plate-forme du CCS (Comité de coordination et de suivi) de Ghardaïa en Algérie» et fait mine de rappeler aux forces répressives en action à Ghardaia qu’il « est de leur devoir d’agir, avec les citoyens, pour rétablir la sécurité, la justice, l’égalité et la paix». Ce collectif est coordonné par un certain Abdallah Zekri, personnalité connue à Ghardaia pour être partie prenante du système algérien et infiltré en France où il occupe le poste de chargé de mission au conseil français du culte musulman. 

La cerise sur le gâteau est la menace à peine voilée où les membres de ce collectif «interdisent à toute personne, associations ou partis politiques de parler en leur nom sous peine de poursuites judiciaires», avant de finir par des remerciements où ils saluent et remercient « l’élan de solidarité de tous ceux qui ont condamné ces violences, en particulier la communauté algérienne de par le monde », sachant que le seul élan de solidarité qu’il y a avec les mozabites vient non pas de la communauté algérienne de par le monde mais uniquement des peuples amazighs. 

Craignant un cet élan de solidarité amazigh, particulièrement en France qui compte la communauté amazighe la plus importante d'Europe, les dernières menaces visent clairement le Collectif des Amazighs en France qu’ils tentent d’intimider avec des poursuites judiciaires, oubliant juste que la France n’est pas l’Algérie et que, même si la France soutien les régime raciste et criminel comme l’Algérie dans la vue étroite de ses propres intérêts, l’Etat Français respecte les lois de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme sur son territoire, et ne pourrait en aucun cas interdire et encore moins poursuivre en justice des personnes qui se solidarisent avec les peuples victimes d’un racisme flagrant. 

Le 15 janvier, ce collectif d’apparatchiks mozabites a été dénoncé par le Dr. Fekahr. Dans une publication diffusée sur sa page facebook, le militant des droits de l’homme, visé par l’interdiction d’internationaliser le drame mozabite répond en ces termes : « Acculé, le pouvoir Algérien raciste fait bouger ses marionnettes !! » et met en avant que « Personne n'a entendu parler d'eux auparavant ». Le Dr. Fekhar ajoute que ces gens « n'ont jamais bougé le petit doigt pour dénoncer les agissements racistes du pouvoir Algérien contre leurs propres familles !! » et que « Ces fantômes qui ont créé l’énigmatique et très suspect association (collectif des Mozabites d'Europe) à la veille du merveilleux et glorieux rassemblement à paris de soutien au Mozabites le 12/01/2014 pour le saboter », avant de les défier d’aller prêcher leurs discours à Ghardaia : « Ici à Ghardaia on a la certitude qui ces fantômes ne sont que des lâches serviteurs du pouvoir Algérien corrompu et corrupteur. On les défie de venir ici à Ghardaia prêché leur discours asservi au pouvoir raciste devant les jeunes rebelles Mozabites » 

zp, 
SIWEL 171837 JAN 13

Malijet "La France nous avait donné son feu vert pour l'indépendance de l'Azawad" Mali Bamako



URGENT: "La France nous avait donné son feu vert pour l'indépendance de l'Azawad"





"La France nous avait donné son feu vert pour l'indépendance de l'Azawad"


Par Le Courrier du Sahara - Date: il ya 1 heure 12 réactions


avec fracas en décembre 2012, peu avant le déclenchement de l’opération Serval contre les djihadistes du Nord-Mali. Hama Ag Mahmoud estime que cette opération militaire poursuivait également d'autres objectifs.


Interview :


Hama Ag Mahmoud était en charge des affaires Extérieures dans le Conseil Transitoire de l’Etat de l’Azawad, le gouvernement autoproclamé du MNLA, formé en juin 2012 après la conquête des villes du nord du Mali.





Farouchement opposé à l’alliance entre les indépendantistes touaregs et le groupe djihadiste Ansar Dine d’Iyag Ag Ghali, Hama Ag Mahmoud a démissionné en décembre 2012, quelques mois avant le début de l’offensive française Serval au Mali. Ancien ministre de la fonction publique sous la présidence de Moussa Traoré, Hama Ag Mahmoud est également un fin connaisseur des enjeux économiques régionaux.


Il a officié en tant que secrétaire général de la Chambre de Commerce et de l’Industrie du Mali et a été élevé au rang de Chevalier de l’Ordre National du Malien 2009, une distinction qu’il a refusé de se voir décerner. Témoin clé des événements ayant conduit au déclenchement de l'opération Serval il y a un an,Hama Ag Mahmoud livre son analyse pour Le Courrier du Sahara.


- Un an après le déclenchement de l’offensive française au Mali, quel bilan faites-vous de ces opérations ?


- J’ai surtout vu des assassinats de civils, des pillages, des destructions d’habitats et de points d’eau. La presse n’en parle pas. Qu’a-t-on dit au sujet des 600 morts civils que nous avons répertoriés depuis le début de ces opérations militaires? Et quand vous regardez les images de Hollande à Tombouctou, vous ne voyez pas une seule personne blanche. Comparez l’arrivée de Hollande à Tombouctou avec celle de Chirac et vous allez voir la gaffe de l’armée française. On a procédé à une épuration ethnique des 3 régions du nord sous le regard impassible de l’armée française et de la communauté internationale. Personne n’en dit mot. Ça me révolte.


- Doit-on comprendre que vous mettez en cause la légitimité de cette intervention ?


- Tout le monde sait aujourd’hui qu’il y a un agenda caché derrière cette intervention. Durant toute l’année 2012 on a mis en garde la communauté internationale contre cette intervention. On ne peut pas lutter contre le terrorisme avec des avions et des blindés. Les terroristes connaissent particulièrement bien la région. Ils circulent avec des 4X4 qui filent à 100km/h hors piste. Ils connaissent le moindre petit trou de rat dans le désert.




"Le MNLA, avec le soutien des populations de l'Azawad, pouvait faire échec aux terroristes mille fois mieux que l'armée française"





Les français n’ont pas accepté les solutions qu’on leur avait présentées à l’époque. A savoir négocier pour parvenir à la paix, comme le préconisait la résolution 2085 du conseil de sécurité. On pouvait régler les problèmes politiques et laisser les populations locales faire la guerre aux terroristes, sans dégâts collatéraux. Le MNLA, avec le soutien des populations de l’Azawad, pouvait faire échec aux terroristes mille fois mieux que l’armée française.


- Après avoir conquis le nord du Mali, le MNLA s’est retrouvé débordé par les djihadistes. La menace était bien réelle, vous l’admettez ?


- Mais bien sur que je l’admets. Je sais aussi pourquoi. C’était pour faire échec au MNLA. Tous ces mouvements ne sont pas venus de rien. On sait d’où ils viennent, qui les ravitaille, qui les finance. Toutes les positions politiques qu’ils proclament correspondent aux positions politiques défendues par certains pays. Soyons clair, ils faisaient la guerre au MNLA par procuration.


- Ce sont des arguments que vous avez tenté de faire entendre à Paris lorsque vous étiez en charge des affaires extérieures du MNLA?


- Au départ, on avait dit à la France faites attention. Vous tenez les deux bouts. C’est vous qui nous avez incité à revenir dans l’Azawad. C’est vous aussi qui détenez le pouvoir politique à Bamako. Arrangez les problèmes avant qu’il ne soit trop tard. La France ne l’a pas fait. Aujourd’hui je crois que c’est même trop tard.


- La France aurait donc poussé le MNLA à occuper les villes du Nord du Mali ?


- Oui tout à fait. La France a demandé au MNLA de l’aider à faire déserter tous les combattants de l’Azawad qui étaient dans l’armée libyenne, pendant la guerre de Libye. Ensuite de bloquer le recrutement des libyens dans l’Azawad et dans l’Aïr au Niger.




"La France nous avait donné son feu vert pour l'indépendance de l'Azawad"





Et en contrepartie, elle nous avait donné son feu vert pour l’indépendance de l’Azawad. C’est l’accord qui a été conclu avant la guerre entre le MNLA et la France. Et immédiatement la guerre gagnée par le MNLA, la France a changé complètement de politique. Elle a mis tout son dispositif diplomatique contre le MNLA. Alors conclusion, l’objectif de la France était tout simplement d’affaiblir le gouvernement malien et je peux vous assurer que ce n’était pas pour donner raison au MNLA.


- A vous entendre, les enjeux de cette guerre sont cachés. Quels sont-ils, selon vous ?


- Tout le monde convoite notre territoire. Il y a une guerre pour les ressources minières. La France a pris les devants pour obliger le Mali à signer un accord de défense et ensuite s’octroyer des concessions minières et protéger celles qui existent déjà. C’est ça l’essence de cette guerre. Les autres puissances ne sont pas dupes. Et ça pourrait ouvrir la porte à une intervention étrangère avec une implication des américains, des russes et même des chinois. Je vois mal ces pays laisser la France faire une OPA sur les ressources de l’Azawad et de la région.


- Quelles sont ressources auxquelles vous faites référence ?


- Il y en a énormément et rien n’a encore été exploité ni même exploré. Vous avez de l’or, vous avez du phosphate, du gaz, du pétrole et surtout vous avez de l’eau. C’est une ressource qui deviendra plus importante que le pétrole ou l’uranium. Le bassin de Taoudeni est une mer intérieure d’eau douce.


Imaginez les enjeux dans cette région où l’eau va se raréfier de plus en plus. La zone est éminemment stratégique. Les grandes puissances cherchent à se positionner dans le nord du Mali depuis très longtemps. Prenez la base de Tessalit, elle a toujours été convoitée par les américains, les européens mais aussi les russes. Tout le monde veut avoir cette base.






"Trouver la stabilité pour pouvoir exploiter les ressources de la région, c'est l'un des enjeux de cette guerre"





A partir de là, comme à Tamanrasset (n.d.l.r : sud de l’Algérie), vous avez un point de vue sur toute la région. Donc c’est une zone hautement stratégique et tout le monde a un œil dessus. Mais on ne peut pas exploiter des ressources dans une région en état d’insécurité permanente. Il faut trouver la stabilité avant de pouvoir exploiter. C’est l’un des enjeux de cette guerre.


- Vous avez une position très critique vis-à-vis de la France. Comment étiez-vous perçu par Paris lorsque vous étiez en charge des Affaires extérieures au MNLA ?


- La France ne voulait plus de contacts avec nous. Elle a tout bloqué. Elle a mis tout son arsenal diplomatique pour bloquer le MNLA dans le monde. Mais tout le monde savait que nous avions raison sur le fond. C’est un problème qui existe depuis très longtemps, une conséquence du découpage de la colonisation. Un découpage qui n’a pas respecté les réalités africaines et qui a voulu faire des Etats imaginaires impossible à faire exister sur le long terme.


Les Etats prennent des siècles voir des millénaires à se constituer. On ne fabrique pas des Etats en quelques années. Ce sont des pays créés artificiellement. Des pays dotés d’institutions calquées sur le modèle français. Ce n’est pas utile en Afrique. On ne peut pas travailler les sociétés africaines avec des institutions françaises.


- En mai 2012, le MNLA et Ansar Dine annonçaient officiellement leur alliance. Qu’en pensiez-vous à l’époque ?


- Il y a toujours eu des discussions. Mais l’annonce officielle de l’alliance est le résultat de manipulations venant de l’étranger et visant à ternir l’image du MNLA. A l’origine, le MNLA n’a jamais été pro-islamiste. Mais le MNLA a été infiltré au plus haut niveau par les pays qui financent le terrorisme. Je veux parler de l’Algérie mais aussi du Qatar. On a tous vu comment s’organisaient les distributions d’argent et de ravitaillement dans le nord du Mali et qui en était à l’origine. Et je n’exclus pas que les français et les américains soient aussi impliqués.


- Plusieurs ONG internationales ont accusé le MNLA d’avoir commis de graves exactions lorsque le mouvement était présent dans les villes du nord du Mali. Vous réfutez ces accusations ?


- Absolument, ce n’était pas le fait du MNLA. Il faut se rappeler que le MNLA est venu dans l’Azawad avec les combattants d’Ansar Dine et d’AQMI. Ces hommes se sont infiltrés dans le MNLA et ce sont eux qui ont provoqué tous les crimes commis durant cette époque. Le MNLA a, au contraire, sauvé des européens qui étaient là-bas en les escortant jusque vers la Mauritanie, l’Algérie, le Burkina et le Niger.




"Le MNLA n’a jamais voulu commettre des exactions contre les populations"





C’est la preuve que le MNLA n’a jamais voulu commettre des exactions contre les populations. Il ne faut pas confondre la propagande avec la vérité. La vérité c’est que Bamako a toujours été un allié des terroristes et des trafiquants de drogue et que cette alliance a perduré pendant que les terroristes occupaient l’Azawad.


- Les revendications du MNLA sont passées de l’indépendance à l’autonomie. Bamako parle d’une décentralisation poussée. Le MNLA a progressivement abandonné ses revendications historiques, vous le confirmez ?


- Oui bien sur parce que le MNLA a été infiltré. Depuis longtemps, le MNLA cadre sa politique avec les désidératas des pays étrangers. Ce n’est plus le MNLA originel. Et ce n’est pas ce que veulent les populations de l’Azawad. Sinon le MNLA n’aurait jamais signé les accords de Ouagadougou. Toutes les revendications du MNLA ont été vidées de leur substance avec cet accord.


- La direction du MNLA ne représente plus la base, selon vous ?


- Non et de loin. Sinon le MNLA n’aurait jamais signé ces accords. La preuve, c’est que cet accord a été adopté sans en référer à la base. Regardez aujourd’hui, les dirigeants du mouvement ne peuvent plus aller à Kidal. Comment peut on se battre pendant des années pour l’autonomie, l’indépendance et dire aujourd’hui on n’en veut plus? On accepte la constitution du Mali, une copie du système français, à l’encontre des usages en cours dans l’Empire du Ghana, du Mali et de Gao.


- Selon votre analyse, le MNLA arrive à la fin?


- Absolument, le MNLA a atteint ses limites. Il va passer à la trappe comme il l’a déjà fait en 1991. Mais si on veut un Mali stable, un Mali qui se développe, il ne faut pas fermer les yeux sur la réalité. La vérité c’est que le MNLA défend l’Azawad. L’Azawad, c’est la boucle du Niger constituée d’Etats indépendants avant l’arrivée des français. C’est une zone qui a fait partie pendant des millénaires de l’ensemble des royaumes et empires africains.




"Les touaregs ont de tout temps joué un rôle politique et social qui a bénéficié aux populations noires"





Il faut rappeler que les touaregs n’ont jamais fait la guerre aux noirs. Ils ne se sont jamais révoltés contre l’empire du Ghana, du Mali ou de Gao. Pourquoi? Parce qu’ils ont de tout temps joué un rôle politique et social qui a bénéficié aux populations noires. Ils ont assuré le commerce transsaharien. Ils ont enrichi les empires noirs. Ils ont organisé la sécurité du Sahara. Les touaregs étaient reconnus et respectés dans les empires noirs. Ce que ni le Mali ni la France n’ont réussi à faire.


Il faut revenir à ça si on veut la stabilité de la région. Il faut accepter le principe d’une entité à part. On le voit aujourd’hui, les islamistes gagnent du terrain, ils constituent une menace au Mali, dans l’Azawad mais au Niger, au Cameroun et au Nigéria. Ils sont présents en Algérie et en Libye. Tant que cette question ne sera pas réglée politiquement, le désordre ne pourra que se généraliser dans la sous-région.


- Les djihadistes, très affectés par l’offensive Serval, semblent se reconstituer. Ils sont à nouveau une grave menace selon vous ?


- Absolument. A-t-on dénombré les pertes dans les rangs djihadistes? Personne ne l’a fait. 200 morts selon les français. Qui a vu les corps? Où sont-ils? L’opération Serval n’a servi que de test pour les islamistes. Ils sont en train de se préparer pour reprendre une guerre sous une autre forme. Regardez, 2 hommes sont arrivés à Tombouctou pour semer la pagaille. Ils sont rentrés jusque dans le camp de bataillon. Ils ont exterminé des gens. A Kidal, à Tessalit, à Gao ils font la même chose. 2 ou 3 hommes suffisent à mettre en échec un bataillon durant plusieurs heures.


- Les casques bleus et les soldats français, ça ne suffit pas ?


- Ca suffit en apparence mais c’est inefficace en réalité. Le nombre d’hommes est supérieur aux vrais besoins. Mais c’est inefficace. Les Français sont dans leurs avions et dans leurs blindés. Ce n’est pas là que la guerre se joue. Les soldats de la MINUSMA sont venus pour les salaires et les avantages. Ils ne vont pas s’entretuer avec les islamistes pour la sauvegarde des intérêts du Mali. Quant aux militaires maliens, ils ne font rien.




"La guerre contre le terrorisme, c’est d’abord une guerre politique"





Comment voulez-vous qu’il y ait une guerre contre le terrorisme dans ces conditions là? La guerre contre le terrorisme, c’est d’abord une guerre politique. Il faut la gagner sur ce terrain là et à travers les populations. Sans la collaboration pleine et entière des populations, cela restera totalement inefficace. Tout ça est mal fait, mal conçu et n’apportera absolument aucun résultat.


- Que préconisez-vous pour régler la question sur le plan politique? Une meilleure représentation de la société civile dans les négociations?


- Ce que je préconise, c’est un règlement politique qui prenne forme sur des bases préexistantes. Inutile de faire du raccommodage. Inutile de revenir à ce qui s’est fait dans le début des années 90. Ces accords n’ont jamais rien résolu. Ils n’ont fait qu’aggraver la déchirure et n’ont apporté aucune solution. La communauté internationale n’a aucun intérêt à ce que les islamistes prennent prétexte des problèmes sociaux, politiques et économiques pour pouvoir infester la région. Il faut régler le fond du problème. C’est un problème politique. C’est en réglant ce problème qu’on règlera le problème du terrorisme.


Dans cette région, personne ne veut aller avec les terroristes. Les populations sont hermétiques au terrorisme. Si le terrorisme a pris corps, c’est parce que les gens avaient besoin de travailler. Parce qu’ils voulaient les salaires et les autres avantages que les terroristes pouvaient leur donner. Rien d’autre.


- Pensez-vous que le MNLA devrait désarmer?


- Mais bien sur car l’arme ne joue plus. C’est la diplomatie maintenant. Il faut défendre les thèses du MNLA par la diplomatie, par la presse, par la communication. A quoi peuvent nous servir les armes aujourd’hui? Le désarmement a été signé. Quand on s’engage à désarmer, il faut le faire. Les accords de Ouagadougou exigent du MLNA qu’il soit désarmé et cantonné.


- Avez-vous l’impression que le président IBK est sincère dans sa volonté de négocier?


- Ah oui, le président IBK est un homme de parole, je le connais personnellement. Il a la volonté de régler les problèmes. Mais avec qui peut-il compter aujourd’hui au Mali ? Il n’y a personne. Ce sont les mêmes hommes qui ont détruit le pays par la corruption, les liens avec AQMI, avec les trafiquants de drogue. Ils ont détruit les institutions au Mali. Il n’y a pas de classe politique de rechange, il n’y a pas d’administration de rechange. IBK est prisonnier de cette situation. Quel que soit sa bonne volonté il lui faut des institutions, des hommes nouveaux et il n’y en a pas au Mali. Il est entouré des mêmes gangs qui ont miné le Mali depuis 20 ans.




Source: Le Courrier du Sahara