jeudi 27 février 2014

Katia, Une kabyle qui a refusé le Voile islamique





  1. Katia Bengana avait 16 ans quand elle fut abattue le 28 Février 1994 a quelques metres de sa maison.Les islamistes avait plusieurs fois menacé de sévir mais elle leur a tenu tete.Comme dit sa soeur dans la vidéo Katia disait toujours "plutot mourir que porter hijab" .En cet après midi du 28 Fev son bourreau attendait qu'elle revienne du lycée,il fit signe a l'amie de Katia voilée de s'écarter et de partir et lui fit feu sur Katia .Pour lui cette jeune fille de 16 ans qui refusait de se soumettre menacait sa foi et ses ideaux religieux .La barbarie a eu raison de Katia ,je me demande encore ce qu'aurait pu etre la vie de Katia si elle n'avait pas si brutalement interrompue ,ses ideaux ,son désir de liberté fesait qu'elle etait une digne héritiere de la Dihya.Si jeune déja cette jeune fille avait compris et appliqué les valeurs des Imazighen ....Amazigh = homme et femme libre.Nous oublirons jamais ton courage Katia.
  2. AAT

Projet pour un Etat Kabyle (P-E-K)



Publiée le 27 févr. 2014
VGAYET (SIWEL) — Le 24 janvier 2014, à Smaoun, dans le département kabyle de Vgayet, la Conférence nationale des cadres du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK) a longuement débattu de l'Avant-projet pour un Etat Kabyle. Les divers articles et propositions ont été discutés et certains ont été amendés avant d'être adoptés un à un. Nous publions ci-après l'intégralité du Projet pour un Etat Kabyle PEK, adopté à l'issue de la conférence nationale des cadres du MAK.

Vgayet: les émeutes se poursuivent

Vgayet: les émeutes se poursuivent

27/02/2014 - 18:16


VGAYET (SIWEL) – Des émeutes opposant les lycéens aux forces de répression se poursuivent toujours dans la ville de Vgayet.


Vgayet: les émeutes se poursuivent
Alors qu’ils manifestaient pacifiquement leur désapprobation de la décision du ministère de l’éducation de les priver de leurs vacances scolaires, pour rattraper le retard dû à la grève des enseignants, la manifestation des lycéens de Vgayet a été réprimée hier par les services répressifs algériens faisant plusieurs blessés et plusieurs interpellations. 

Aujourd'hui, le pouvoir a déployé un dispositif répressif impressionnant dans le but de museler la voix de ces jeunes kabyles coupables d'avoir exigé la prise en charge de leurs doléances légitimes. 

La répression n'a pas eu raison de leur mobilisation. Au moment où nous mettons en ligne cet article, les émeutes se poursuivent. Les lycéens occupent le rond-point sis au lieu-dit Naceria près du siège de la wilaya de Vgayet. 
Ces émeutes risquent de faire tâche d’huile surtout avec les manifestations de lycéens enregistrées dans d’autres localités kabyles. 

Un membre du conseil national du MAK se trouvant sur les lieux a déclaré à Siwel : « les lycéens sont déterminés et nous les assurons de notre soutien face à la barbarie d’un pouvoir aux abois. Cette énième répression visant la Kabylie dénote l’urgence d’agir dans l’union pour l’avènement d’un Etat Kabyle ». 

Le grand frère absent | Kabyle.com

Le grand frère absent

Le Vigile du Sol et du Sang
Ce jeudi 24 janvier est marqué par la présence de l'immortel Lounès Matoub, le jour d'anniversaire de sa naissance (24 janvier 1956). C'est un jour de rappel et de mémoire dans ces temps de confusion, de lutte et d'ambition qui marquent l'évolution des peuples amazighs de part le monde.
Le 25 juin 1998, en milieu de journée, le plus éclairé esprit amazigh tomba sous des balles assassines. Le génie kabyle est mort ; alors le vent du désespoir s’empara de la jeunesse, des ainés, des hommes et des femmes et de tous les « hommes civilisés » de part le monde, pour reprendre ainsi les mots du Président français de l’époque M. Jacques Chirac.  Le deuil ne se fera jamais et l’éternelle blessure est toujours là, d’une ampleur semblable uniquement à l’exécution d’un autre génie amazigh : l’éternel YUGURTEN,  à Rome.
Ce jour-là fut aussi un tournant dans la pensée kabyle profonde. Inconsciemment la jeunesse sombra dans un désespoir fatal, une résignation sans précédent. Paradoxalement il y eu aussi une prise de conscience inédite mais terriblement intériorisée !
Ce repli sur soi-même, surtout de la part de la jeunesse, est dû en toute simplicité à un sentiment d’abandon par le Grand frère. Car l’homme des montagnes a l’esprit de Jugurtha en lui, il était et il est toujours celui qui représente le passé, le présent et l’avenir.
Des années après, malgré la tentative de révolte de 2001, la jeunesse kabyle ne s’est pas résignée  à faire son deuil. Un deuil qui devrait, nécessairement, passer par une refonte de l’esprit et de la condition kabyles. Une révolution qui se produira par une rupture avec un passé récent confisqué, défiguré et banalisé, des fois par ses propres artisans ! Ce refus de la dure réalité produira, par ailleurs, un gèle de la revendication amazighe et bien sûr kabyle en premier lieu.

 Lounès Matoub, l’éternel jeune rebelle de la montagne, a cette particularité d’être intemporel ! Le mythe se confond avec l’homme et l’homme s’est avéré encore plus grand que son mythe !  Le deuil ne peut se faire que par une prise de position radicale et entièrement nouvelle, car son initiateur, son inventeur est un homme nouveau. Cet homme, souvent seul et solitaire, à la recherche d’un monde nouveau ; celui d’un futur Kabyle-Amazigh.
Le repli sur soi, par vengeance et désespoir, ce n’est qu’un aveu de désarroi et d’impuissance à assumer un héritage de sang, celui du Grand frère. Et à défaut d’affronter, de combattre et surtout d’assumer notre rôle de continuateurs, nous la jeunesse kabyle, nous cherchons en nous des réponses qui se trouvent sur les bouts des lèvres ! Le défi est énorme et la tâche est à la hauteur de l’aura internationale de l’homme voyageur. Partout il le dira : Kabyle de partout, kabyle de toujours. La revalorisation de soi passera obligatoirement par la naissance d’une entité kabyle et au-delà amazighe. En clair se battre pour le premier Etat moderne amazigh, c’est-à-dire un Etat kabyle.
Sans assumer cette tâche légitimement héritée par le peuple kabyle (déjà en 1998 Lounès Matoub était l’un des premiers à utiliser cette notion, voir la dédicace sur la jaquette de son ultime album « Lettre ouverte aux … »). La frustration demeurera, et par la même occasion l’inaction et la passivité caractériseront la revendication amazighe et kabyle spécialement.


Donc, cette révolution, « impatiemment attendue », elle est là dans chaque Kabyle. Et c’est là qu’il faudrait le dire clairement, c’est à l’élite kabyle et amazighe en général qu’incombe la responsabilité de faire sauter les verrous de la réticence et provoquer le vent libérateur.
Il faudrait faire preuve d’audace et de loyauté envers les idéaux de liberté et de justice en retrouvant les qualités propres aux Amazighs, encrés dans la société kabyle, loin des dérives de l’exclusion et de la diversion. Il faudrait invoquer le retour des valeurs ancestrales  avec une clairvoyance sans vices ni lâcheté.
On devrait, d’un coup se mettre au travail afin de procéder au nettoyage de la société kabyle qui souffre de débauche et de fléaux sociaux de tous bords. Lesquels, que le Visionnaire n’a cessé de dénoncer dans l’ensemble de son œuvre-testament. Le vrai défi est de faire de la Kabylie une terre de liberté et de probité ; une Kabylie propre au sens propre et au figuré.
C’est pour toutes ces raisons que la jeunesse kabyle est interpellée avec insistance dans ce combat contre soi afin de se débarrasser de tout ce qui est sale et vilain. C’est pour cela aussi que le poète fait encore écho à la grandeur de la patrie de l’immense Massinissa, de l’innocente et belle kahina, et de ce brave  prince nommé affectueusement Aksil.
La mise en garde a été lancée par le Vigile du sol et du sang, Avec l’aide de Dieu, il nous guidera dans les sentiers perdus vers des chemins libérés. L’homme au grand cœur a semé l’espoir dans tous les coins et recoins de Tamazgha, et l’Ange aura  raison des ténèbres.

Finalement le Grand frère est partout, dans chacun de nous, nous guidera vers la victoire finale. Il est là comme porte-étendard, le premier à monter au front, le premier à reparaître lorsqu’il le faut ! Le peuple est là, l’élite est là et l’heure de la délivrance ne tardera pas.
Aujourd’hui encore on compte sur l’homme-providence, intemporel et éternel pour nous guider dans la pénombre de la Liberté.
                                                                                                   
AMASSAN


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CONFERENCE-DEBAT
 
 
 

« On peut dire, sans risque de se tromper, que la laïcité, en tout cas le sécularisme, est inscrit dans la culture berbère, que ce n’est pas quelque chose d’importé ni de nouveau. »
27/02/2014 – 11:11 mis a jour le 27/02/2014 – 12:10 parLouisa D.
 

Dans le cadre de ses rencontres citoyennes, l’association de culture berbère de Mulhouse a organisé, samedi 22 février 2014, une conférence sur la laïcité, principe républicain, souvent mal compris et de ce fait, fait régulièrement objet d’actualités et de débats passionnés.
Garante du « bon vivre ensemble », dans le respect de la liberté de conscience de tous les citoyens, la laïcité, un des piliers de la république française, a été instaurée en 1905. Elle est le résultat d’un long et rude combat entre le camp de l’Eglise et celui de la République. Après plus d’un siècle de crises et dans une société en constante évolution, elle a bien du mal, aujourd’hui, à garder ses contours, fragilisés par une remise en cause de la frontière « public / privé » et pose question.
Pour bien comprendre ce fondement, outil essentiel de cohésion sociale , l’ACB 68 a reçu Belkacem Lounès. Fort d’une bonne connaissance du principe de laïcité, par son statut de membre de l’Observatoire Rhône-Alpin de la laïcité créé en 2013, Belkacem Lounès est aussi Conseiller Régional de la région Rhône-Alpes, Vice-Président de la Commission Enseignement Supérieur et Recherche, Professeur d’économie à l’Université de Grenoble, Président des Langues Régionales de Rhône-Alpes, ancien Président du Congrès Mondial Amazigh et un des fondateurs de la Coordination des Berbères de France dont l’ACB 68 en est membre.
Après avoir expliqué comment les sociétés d’autrefois vivaient sans réelle religion, mais avec des croyances en lien avec la nature, puis l’introduction au fil du temps des croyances divines dans le seul but de domination des peuples, nous comprenons bien pourquoi la laïcité est une nécessité et qu’on ne pourrait pas sans passer.
Si ce principe républicain a longtemps géré les sociétés sans problèmes majeurs durant des décennies, nous constatons aujourd’hui qu’il est souvent contesté par des revendications multiples à caractère religieux, surtout dans les écoles et les lieux publics, venant souvent de jeunes des banlieues se sentant rejetés par la société. À ce propos, il déclare :
« Les politiques et la société ( y compris les plus grands défenseurs de la laïcité) ont du mal à traiter ce trouble, comment le prendre en charge et comment y répondre ? »
« Un observatoire national et Rhône-Alpin de la laïcité a été créé pour être réactif et prendre des mesures concrètes pour faire en sorte que ceux qui se sont battus pour nos libertés aujourd’hui, qu’on puisse dire qu’ils ne se sont pas battus pour rien. »
Belkacem Lounès veut aussi faire connaître à l’opinion publique la position des Franco-Berbères qui est celle d’une totale adhésion au principe de laïcité, qui a toujours fait partie de leurs traditions culturelles.
« On peut dire, sans risque de se tromper, que la laïcité, en tout cas le sécularisme, est inscrit dans la culture berbère, que ce n’est pas quelque chose d’importé ni de nouveau. »
Suite à son discours clair et rationnel, la parole a été donnée à la salle, qui n’a pas montré d’opposition au principe de laïcité. La situation dans les pays d’origine a aussi pris une large place dans le débat.
Conçue comme une loi d’apaisement et de cohésion sociale, la laïcité est aujourd’hui mise à rude épreuve. Saura-t-elle garder son modèle original face à ces nouveaux défis ?
Cette rencontre a eu lieu en présence de Paul Quin adjoint au maire de Mulhouse, chargé des risques urbains, des cultes et édifices cultuels et de Carole Ecoffet représentante de Pierre Freyburger, conseiller municipal.
La soirée s’est terminée dans la convivialité, autour du verre de l’amitié où échanges et discussions se sont prolongés.
Louisa D.
PROCHAINE RENCONTRE
Printemps Berbère 
Conférence-débat avec Ferhat Mehenni 
« Printemps amazigh et identité » 
Séance dédicace livre : « Le siècle identitaire » 
Animation musicale avec Zahir Amyas 
Auberge de jeunesse Mulhouse 
Samedi 26 avril 2014 17h
Contacts : acbmulhouse@aol.com 03 89 43 57 71

mercredi 26 février 2014

Hommage à Mouloud Mammeri, l’incorruptible intellectuel | Kabyle.com

Hommage à Mouloud Mammeri, l’incorruptible intellectuel



-Tu sais d’où je sors ? M’interpella Dda Lmouloud Mammeri, un jour des années 70, le croisant à la sortie de la Faculté d’Alger. A ma réponse négative, il m’apprit :
- Je sors de chez le Recteur. Il m’a fait part de la proposition du Ministre pour que j’aille les représenter à la rencontre internationale sur la francophonie…
- Et ?...
- Je l’ai remercié en lui montrant mon billet d’avion, pour lui prouver que je suis déjà invité par l’organisme international même…
Voilà donc le côté incorruptible de Mouloud Mammeri.
Lui qui vit publier l’un de ses rares communiqués par le quotidien national El-Moudjahid, organe du pouvoir, dans la rubrique “nécrologie” entre deux avis de décès en 1972. Une injure grave faite à celui qui rédigea un rapport, à l’adresse de l’ONU, en faveur de la décolonisation de l’Algérie, durant la guerre de libération.
Lui qui s’est vu fermer son petit cours, par ailleurs informel, à la limite de la clandestinité, de langue berbère, dans cette même Faculté.
Lui qui s’est vu refuser de donner une conférence sur la poésie kabyle ancienne dans son propre pays, le 10 mars 1980 !

Basse Kabylie
Photographie Dalil Amazigh Kabyle.com D.R.

Et ce qui devait arriver, arriva, car :
 - Quand on bâillonne trop de rêves, quand on  rentre  trop  de larmes, quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher, à la fin, il suffit du bout de bois d’un esclave, pour faire dans le ciel de Dieu et dans les cœurs des hommes, le plus gigantesque incendie. »  (In « Le foehn »)
L’histoire donnera raison à Mammeri : l’interdiction de sa conférence, ce sera  la cause du soulèvement populaire historique d’avril 1980.
- Il était temps de happer les dernières voix avant que la mort ne les happe. Tant qu’encore s’entendait le verbe qui, depuis plus loin que Syphax et que Sophonisbe, résonnait sur la terre de mes pères, il fallait se hâter de le fixer quelque part où il pût  survivre, même de cette vie demi-morte d’un texte couché sur des feuillets morts d’un livre.”
Le  message mammèrien est clair et ne souffre d’aucune ambiguïté : notre langue et notre culture se doivent de passer de l’oral à l’écrit, c’est-à-dire aux livres, « avant que la mort ne les happe ». Il y a donc péril en la demeure.
Mouloud Mammeri explique, dans une conférence donnée à l’Université de Montréal, le 9 mars 1984, l’origine du mal multimillénaire dont souffre la langue berbère :
-… Le statut le plus évidemment défavorisé, c’est celui du berbère. Celui-là, pendant longtemps, a été tout simplement ignoré. C’est-à-dire que son statut a été l’inexistence. Naturellement, il était toléré dans les faits : il y avait des gens qui parlaient berbère, mais il n’était reconnu à aucun degré… Cette langue est considérée comme une espèce de résidu, comme une espèce de séquelle qui n’a jamais servi en tant que langue écrite, en tant que langue de civilisation et qui,  par conséquent, n’a pas de statut légitime ou légal…
Après les Phéniciens sont venus les Romains. Après les Romains, les Vandales. Après les Vandales, les Byzantins. Après les Byzantins, les Arabes. Après les Arabes, les Turcs. Après les Turcs, les Français. C’est-à-dire que, à aucun moment, l’histoire de l’Afrique du nord n’a été entièrement déterminée de l’intérieur même de l’Afrique du nord.
Bien sûr, il faut nuancer, parce que, pour diverses raisons, ces dominations ne sont pas toutes équivalentes. Même si, c’est le même phénomène colonial qui se répercute d’une période à l’autre, il y a quand même des différences entre elles. Mais sur le plan de la culture, puisque c’est lui qui nous occupe en ce moment, quelle a été la conséquence ? C’est que, dès le départ, il y a toujours eu une langue officielle, qui n’était jamais celle du peuple nord-africain, quel qu’il fût. Déjà du temps des Phéniciens, alors que l’Afrique du nord entière était uniquement berbère, et que, par conséquent, il y avait une unité de peuplement de l’Afrique du nord qui a été rompue par la suite, donc à aucun moment où il y avait une unité réelle des peuplements de l’Afrique du nord, la langue officielle même des rois numides, c’est-à-dire des rois berbères (Massinissa, Jugurtha, Makawsen et tous les autres…) était le punique, c’est-à-dire la langue de Carthage. Parce que le punique était une langue répandue dans tout le bassin occidental de la Méditerranée et que, par conséquent, ils avaient intérêt, ou ils étaient contraints, de se servir de cette langue que les autres comprenaient...”
Dans son ouvrage Poèmes kabyles anciens (objet de l’interdiction de conférence citée plus haut), Mouloud Mammeri lance un appel  aux  Kabyles et à travers eux à tous les Amazighs :
- A toi Mohand, à ceux de ta  génération, je dédie ce livre. Il te donnera une image de la Connaissance, une image fondamentale, essentielle qui te rappellera ce qu’ont fait et dit tes ancêtres.
Certains de ceux à qui tu le montreras, te diront :
- ça c’est des histoires anciennes, des contes de fées et autres ogresses tout justes bons à faire dormir les enfants. Où est notre intérêt dans ces contes ? Laisse donc les histoires anciennes aux anciens. Nous, nous sommes des gens d’aujourd’hui, de notre époque, de la modernité, de l’ère des cosmonautes parvenus jusqu’à poser leurs pieds sur la lune ; l’époque où les avions rapprochent un pays d’un autre en un laps de temps ; l’époque, où à travers un simple bout de verre grossissant on peut voir loin, toute une ville… »
Mouloud Mammeri a fait l’objet de plusieurs études, recherches, thèses et autres maîtrises universitaires. Citons-en deux :
- Mouloud Mammeri et le problème kabyle, par Irène Licini, Vénise, 1970, thèse de licence ;
- Le Réveil du nationalisme dans l’œuvre de Mouloud Mammeri, par Jacqueline Rosay, Université d’Aix-en-Provence, 1972, mémoire de maîtrise.
Les œuvres de Mammeri sont en outre citées dans plusieurs travaux universitaires, comme références.
Plusieurs ouvrages lui sont consacrés. La liste est, bien sûr, longue :
- Mouloud Mammeri, écrivain algérien, par Mildred Mortimer, paru au Canada aux éditions Naaman. Dans lequel, on lit en introduction :
- Ethnologue et romancier, Mouloud Mammeri fait partie de la génération d’écrivains algériens de langue française, celle qui apparut dans les années cinquante. Il apporte à la littérature algérienne la perspective d’un homme imprégné de la culture berbère de la Kabylie. Au cours de son évolution artistique, Mammeri n’a cessé de traduire avec de plus en plus de force la réalité, le déroulement quotidien. Il dépeint une société en mutation, bouleversée tout d’abord par des événements venant de l’extérieur, puis par des éléments intérieurs…
Depuis 1965, Mammeri tente divers modes d’expression : traductions, nouvelles, théâtre, cinéma. La traduction en français des Isefra, poème en langue berbère de Si Mohand ou Mhend, ainsi que la publication des Poèmes kabyles anciens, deux recueils qui valorisent la tradition orale de la Kabylie, dévoilent son intérêt pour la littérature orale…
Par son œuvre, Mammeri mérite toute notre attention car il situe l’Algérie dans son contexte socio-historique et montre l’attitude de l’Algérien vis-à-vis de son passé, son présent et son avenir. Mammeri exprime le problème que rencontre tout Africain : Comment affirmer sa propre originalité et préserver ses traditions millénaires, tout en marchant d’un pas sûr vers l’avenir ? »
L’auteur, parlant de la personnalité de Mammeri, le présente ainsi :
- Féru de civilisations anciennes et modernes, Mouloud Mammeri apporte à la littérature algérienne la perspective d’un homme imprégné de la culture berbère.
Dans l’univers de Mammeri, l’homme reste un étranger sur cette terre jusqu’au moment où il renoue ses liens avec elle. De cette communion entre l’homme et la nature, tant valorisée par le monde traditionnel, naît un nouvel accord. L’homme nouveau chez Mammeri est celui qui, en s’engageant dans la lutte aux côtés de ses frères et en renouant ses liens avec la nature, se réconcilie avec lui-même. »
Durant les années 1970, lorsque je lui remettais un exemplaire de la revue Itij, (Le soleil), la première B.D. en langue amazighe, qu’on publiait, mes camarades, un cousin et moi, clandestinement à Alger, il me posait toujours la même question :
- Comment vous arrivez à faire ça ?
Dda Lmouloud nous a enseigné l’écriture de notre langue afin de la préserver de sa disparition programmée.
Son roman éponyme « La Colline Oubliée » sera adapté et réalisé en film, en 1994, après un dur et long combat, par l’autre défunt grand militant de la culture amazighe, Abderrahmane Bouguermouh. « Tawrirt ittwattun » (La Colline oubliée) sera, ainsi, le premier film en langue amazighe.
Dda Lmouloud Mammeri nous a quittés, physiquement, à l’âge de 78 ans, trop tôt, une certaine triste nuit du 25 au 26 février 1989, des suites d'un accident de voiture qui eut lieu près d’Aïn Defla, à son retour d'Oujda (Maroc), d'un colloque sur l’amazighité.
Cependant, il est toujours présent, car son enseignement et son influence intellectuelle, son exemplaire intégrité, sa sincérité, son dévouement et son engagement pour la sauvegarde de la langue et culture berbères nous servent de Code de Déontologie Intellectuelle, que l’on devra qualifier, à juste titre : Le Serment de Mammeri.
De son vivant,  il aimait  rappeler : «  Nous avons défriché le terrain, à présent, c’est aux autres de continuer ».
Indéniablement, le meilleur hommage que l’on puisse rendre à Mouloud Mammeri, l’intellectuel incorruptible qui préféra la culture du peuple à la culture de salons, c’est de continuer son œuvre grandiose inachevée. C’est Le Serment de Mammeri auquel nous devons tous et toutes adhérer.


Œuvres de Mouloud Mammeri :

- Romans parus aux éditions Plon à Paris : La Colline oubliée, (1952), Le Sommeil du juste (1955), L’Opium et le bâton (1965), La Traversée (1982) ;
-  Théâtre : Le Banquet (Librairie Académique Perrin, Paris, 1973), Le Foehn, pièce de théâtre, non publiée, jouée en avril 1967 à Alger, à Constantine et à Oran par le Théâtre National Algérien ;
-  Nouvelles et récits : Le Zèbre,  Preuves n° 76, juin 1957 ; La Meute, Europe n°567/568, juillet-août 1976 ;
-  Contes pour enfants parus aux éditions Bordas, à Paris, en 1980 : Machaho ! Contes berbères de Kabylie ;  Tellem chaho ! Contes berbères de kabylie ;
- Traductions de poèmes parus aux éditions Maspero : Les Isefra, poèmes de Si Mohand Ou Mhend (1969) ;  Poèmes kabyles anciens (1980) ;
- Grammaire berbère paru aux éditions. Maspero, en 1976 : Tajerrumt N Tmazight, grammaire berbère kabyle ;
- Revue Awal.
(Extrait d’Abc Amazigh : une expérience éditoriale en Algérie (1996/2001) volume 2, de Smaïl Medjeber, Edtions L’Harmattan)

Smaïl Medjeber