mardi 29 avril 2014

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  • L'AFP qui a le devoir d'informer les français décide enfin de parler de la répression en Kabylie et de la marche du MAK, en prenant le soin d'insister que la Kabylie est algérienne, et que le nombre des marcheurs qui a dépassé les 100 000 personnes est réduit à 2000.
  • L'AFP à fait un grand effort d'évoquer une banderole sur laquelle est inscrit "Pour le droit à l'autodétermination de la Kabylie" Néanmoins Nous constatons que l'AFP est passé du black out totale à l'orientation de l'information.
  • Nous ne demandons pas à l'AFP de nous soutenir, nous lui demandons de faire son travail et d'arrêter de pervertir la vérité comme elle le fait dans l'Azawad à travers son correspondant Serge Daniel.
  • Mais qui est Serge Daniel pour décider de ce que 65 millions de français doivent savoir ou pas? Comme si les français étaient des enfants aux-quels on doit choisir avec délicatesse ce qui est bon ou pas de savoir.
  • Le mépris de l'AFP pour les français n'a l'air de déranger ni les journalistes, ni la classe politique française, ni les associations, ni les intellectuels.
  • Mais de quoi ont-ils peur toutes ces gens là? qu'est ce qui leur fait peur au point de sacrifier l'éthique et la déontologie, au point de mépriser leur propre citoyens?

Conférence de mass Lyazid Abid, vice président de l'anavad à Lausanne le...





Asarag n Mass Lyazid At Mraḥ di tmurt n Swiss

Le MAK à Illoula-Oumallou et Naciria | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Le MAK à Illoula-Oumallou et Naciria

De Tizi-Ouzou, Saïd Tissegouine
Concernant la première localité nommée, la mission de Bouaziz Aït-Chebib était d’honorer de sa présence, et ce naturellement en sa qualité de président du MAK, la commémoration du 12e anniversaire de l’assassinat du jeune Meziani M’henni par les gendarmes, événement préparé et élaboré par le comité lycéen du lycée Chahid Ammar Khodja Mehenna d’Illoula-Oumallou.
29/04/2014 - 08:39 mis a jour le 29/04/2014 - 09:10 par Saïd Tissegouine
Pour le président du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), Bouaziz Aït-Chebib, l’heure n’est pas encore au repos malgré le calendrier, pourtant très chargé, largement honoré. En effet, le premier responsable du MAK a effectué hier un périple l’ayant conduit dans la matinée à Illoula-Oumallou et dans l’après-midi à Naciria (Boumerdès). Concernant la première localité nommée, la mission de Bouaziz Aït-Chebib était d’honorer de sa présence, et ce naturellement en sa qualité de président du MAK, la commémoration du 12eanniversaire de l’assassinat du jeune Meziani M’henni par les gendarmes, événement préparé et élaboré par le comité lycéen du lycée Chahid Ammar Khodja Mehenna d’Illoula-Oumallou.
A son arrivée sur les lieux de la manifestation commémorative, c’est-à-dire dans l’espace même de l’établissement éducatif, la conférence, qui était animée par le Pr Saïd Doumane de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou sur le mouvement du Printemps I980 et ses conséquences touchait presque à sa fin. Quelques instants plus tard donc, le conférencier déclara l’ouverture des débats et sa disponibilité à répondre à toute question venant de l’assistance, et ce dans l’esprit naturellement de faire la lumière sur une éventuelle zone d’ombre.
A ce moment justement, un jeune lycéen prit le micro et posa deux questions que même le conférencier reconnut « difficiles ». Cela veut dire donc « pertinentes ». La première avait trait à la défaillance de certains animateurs du Printemps 1980 survenue plus tard. Le jeune lycéen a utilisé le terme « trahison ». La seconde a porté sur l’affaire de la Grève du cartable. Dans sa réponse à la première question, le PrSaïd Doulmane n’a aucunement parlé de trahison. Il nous expliquera plus tard en aparté qu’il ne voulait pas décourager les futurs portes-flambeau de la Kabylie. « Bien sûr qu’il y a eu des éléments qui ont trahi la cause », nous avoua le conférencier dans un chuchotement à l’oreille. S’agissant de la seconde réponse, le Pr Saïd Doulmane se montra encore peu explicite. Il a voulu se montrer indulgent à l’endroit de tous les acteurs de la Grève du cartable et, du coup, a mis presque sur la même balance Ferhat M’henni que les autres.
C’est pourquoi Bouaziz Aït-Chebib, qui maîtrise à la perfection ce dossier portant sur la Grève du cartable, a décidé d’intervenir. Il décortiqua ce dossier. L’assistance, très nombreuse, apprit même le coup diabolique de la chaîne de télévision algérienne à l’endroit de Ferhat M’henni. Lors de son intervention télévisée, Ferhat M’henni a d’abord posé ses conditions quant à la reprise du chemin de l’école. Lors de l’opération de montage du produit filmique, les techniciens, probablement des agents de l’ex-Sécurité Militaire, ont coupé le passage portant sur les conditions de reprise pour ne garder que « nous reprendrons l’école ». Par ce stratagème diabolique, les téléspectateurs ont naturellement compris que Ferhat M’henni a appelé à la reprise de l’école ; ce qui était complètement faux. Bouaziz Aït-Chebib a expliqué aux lycéennes et lycéens de l’établissement Chahid Ammar Khodja Mehenna d’Iloula-Oumallou que ferhat M’henni a apporté un démenti sur les ondes de radio chaîne 2 mais beaucoup ne l’ont pas entendu et beaucoup ont feint de ne pas l’entendre. Par ailleurs, le président du MAK a expliqué à l’assistance les enjeux politiques d’alors et qui étaient justifiés pour certains par les élections présidentielles d’alors. De même, Bouaziz Aït-Chebib a saisi cette occasion pour expliquer à l’assistance qui écoutaient religieusement que non seulement les enfants de Ferhat M’henni ont raté leur année scolaire comme tous les enfants de Kabylie mais aussi les conditions qui ont contraint Ferhat M’henni à faire fuir sa famille en France. Il s’agissait effectivement pour Ferhat M’henni de mettre sa famille à l’abri d’un danger réel. Le dilemme était de faire de faire fuir sa famille ou l’exposer à une mort certaine. Donc, Ferhat M’henni a agi comme n’importe quel père de famille à travers le monde entier aurait agi. Le talon d’Achille de tout homme est sa progéniture. L’assistance a très bien compris cette leçon d’histoire contemporaine de Bouaziz Aït-Chebib. Et pour preuve, il fut remercié par des ovations et des cris « vive Ferhat M’henni ! ».
Quant à la question qu’il posa directement au conférencier est la suivante : « Ne pensez-vous pas qu’une langue a besoin d’un Etat pour son développement ? » Le Pr Saïd Doulmane répondit que oui. D’ailleurs, auparavant il fit entendre que qu’avec seulement un statut, l’avenir de tamazight n’est pas garanti. « Dans ce cas, intervint encore Bouaziz Aït-Chebib, ne trouvez-vous pas que tamazight a besoin d’un Etat kabyle ? » « Pourquoi pas un Etat », répondit le conférencier. Et il poursuivit : « la question portant sur un Etat kabyle n’est pas tabou. Toutefois, il faut lancer au préalable un débat sur cette question ».
Sur ce, la conférence prit fin. C’est aussi le moment de se rendre au Carré des Martyrs où repose le défunt Meziani M’henni. Cependant, avant d’ordonner le coup d’envoi de la marche, les invités d’Illoula-Oumallou furent inviter à une collation. Celle-ci – il faut bien le souligner – a été faite avec l’argent des lycéennes et lycéens de l’établissement éducatif Chahid Ammar-Khodja Mehenna d’Illoula-Oumallou.
S’agissant de la procession, force est de reconnaître qu’elle mérite d’être inscrite dans les pages d’histoire de la Kabylie. En carrés bien ordonnés, les manifestants se sont lentement dirigés vers le lieu énuméré ci-dessus (le Carré des martyrs). Les slogans ont été nombreux. Certains ont été hostiles au pouvoir et d’autres pour mettre en valeur la Kabylie et ses héros. Et d’autres encore pour rappeler que la Kabylie est kabyle et non arabe.
Arrivés à destination, un groupe de filles déposa les gerbes de fleurs sur la tombe du Martyr Meziani M’henni, fauché par une balle criminelle un certain 28 avril 2001. Le défunt n’avait que I9 ans. Il était en 3e année secondaire et se préparait à affronter les épreuves du baccalauréat. Après le dépôt des gerbes de fleurs, les pèlerins et pèlerines ont observé une minute de silence en sa mémoire.
Ensuite, il y eut une prise de parole laquelle a été assurée respectivement par le président de l’APC d’Illoula-Oumallou, le président du comité lycéen Chahid Ammar-Khodja Mehenna, Farès Meziani, Bouaziz-Aït-Chebib et Larvi Tayeb. Chacun des intervenants a pu rendre un vibrant hommage au défunt et rappelé avec vigueur la noble cause pour laquelle le martyr, à l’instar des 127 autres, a donné sa vie.
Le président du MAK a démontré que les 128 personnes tuées lors de ce printemps 2001 sont bel et bien des martyrs, contrairement à la thèse du régime d’Alger qui ne les reconnaît pas comme tels mais considérés seulement comme des « victimes ». « Ils ont affronté d’une façon délibérée et réfléchie les balles meurtrières des gendarmes et non pas qu’ils ont été touchés accidentellement par des balles », a insisté le président du MAK.
Quant au premier magistrat de la commune d’Illoula-Oumallou, suite à une question qui lui a été posée par le jeune Farès Meziani et portant sur la non baptisation de la bibliothèque communale au non du Martyr Meziani M’henni, il a expliqué que les élus APC ont voté une délibération allant dans ce sens mais a été refusée par la tutelle. A notre question de savoir quelle autorité exactement a rejeté cette délibération suggérant que la bibliothèque communale soit baptisée au nom de Meziani M’henni, le Président d’APC répondit que c’était la daïra. La question qui reste posée est de savoir si c’est ce refus est venu de la simple autorité du chef de daïra où il n’a fait qu’exécuter un ordre venu d’en-haut. Il est connu cependant que les responsables civils à l’échelle régionale ne sont que de pauvres agents exécutifs. A parier donc que c’est Alger qui n’a pas voulu rendre justice à la mémoire du Martyr car baptiser un édifice public en son nom c’est le reconnaître officiellement comme un Martyr. Chez le peuple kabyle, cette question est tranchée depuis l’année 2001.
Concernant la deuxième partie de la mission du président du MAK, qui, devons-nous rappeler, l’a conduit jusqu’à Naciria, elle a été traduite par une visite auprès d’un blessé nommé Kamal Belkacemi. Celui-ci souffre d’un traumatisme cérébral à la suite de coups que les policiers lui ont infligé le 20 avril dernier à la tête. Dès le lendemain, ont témoigné son père et ses amis, Kamel Belkacemi fut sujet à de terribles hallucinations. « Il croit, témoigne son père, qu’une bombe est collée à son ventre et prête à exploser sur lui ». Selon son paternel et ses amis, les signes du début de la crise se manifestent ainsi : la victime se bouche les oreilles d’abord avant de pousser un râle indiquant la « bombe prête à exploser sur lui. La crise frappe la victime à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit, avons-nous appris auprès de nos interlocuteurs.
Bouaziz Aït-Chebib, après avoir reçu toutes les explications dont il avait besoin a rassuré aussi bien la victime que son paternel qu’ils jouiront de toute l’aide nécessaire de la part du MAK. Le premier responsable du MAK leur a même déclaré la disponibilité du MAK à leur indiquer une compétence psychiatrique pour assurer le suivi médical. Notons enfin que la victime, âgée de 24 ans, était en 4e année à la faculté de psychologie de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou.

lundi 28 avril 2014

Le MAK rend visite à un blessé

Le MAK rend visite à un blessé

28/04/2014 - 21:53


LAAZIV (SIWEL) - Dans l'après midi, le président du MAK, à la tête d'une délégation, s'est déplace à Laâziv (ex Naciria) dans le département de Boumerdes, pour rendre visite à un blessé nommé Kamal Belkacemi. Celui-ci souffre d’un traumatisme cérébral à la suite de coups que les policiers lui ont infligé le 20 avril dernier à la tête. Dès le lendemain, ont témoigné son père et ses amis, Kamel Belkacemi fut sujet à de terribles hallucinations.


Le MAK rend visite à un blessé
« Il croit, témoigne son père, qu’une bombe est collée à son ventre et prête à exploser sur lui ». Selon son paternel et ses amis, les signes du début de la crise se manifestent ainsi : la victime se bouche les oreilles d’abor avant de pousser un râle indiquant la « bombe prête à exploser sur lui. La crise frappe la victime à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit, avons-nous appris auprès de nos interlocuteurs. Bouaziz Aït-Chebib, après avoir reçu toutes les explications dont il avait besoin a rassuré aussi bien la victime que son paternel qu’ils jouiront de toute l’aide nécessaire de la part du MAK. Le premier responsable du MAK leur a même déclaré la disponibilité du MAK à leur indiquer une compétence psychiatrique pour assurer le suivi médical. Notons enfin que la victime, âgée de 24 ans, était en 4ème année à la faculté de psychologie de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. 

cdb 

SIWEL 282058 042014

27 avril 2014 : La Kabylie plébiscite le MAK et désavoue publiquement le mensonge, la manipulation et l’usurpation

28/04/2014 - 20:13 par SIWEL - Agence kabyle d'information
TIZI-OUZOU (SIWEL) — Malgré le black-out médiatique, le sabotage, la désinformation, la récupération et les manipulations en tous genres, le MAK a réussi le formidable pari de s’imposer à tous ses ennemis et détracteurs, malgré l’unanimité des médias qui s’étaient évertués à nier son importance au sein du peuple Kabyle en publiant des articles purement mensonger sur la paternité des 3 marches de Kabylie le 20 avril. A l’inverse de tous ceux qui prétendaient récolter le fruit de son investissement, de sa loyauté et de son engagement exclusif envers la Kabylie et peuple kabyle, le MAK a définitivement démontré qu’il était, et de très loin, la seule force politique en laquelle le peuple kabyle avait placé sa confiance : une confiance acquise par 10 années de dur labeur dans des conditions déplorables avec à ses trousses un régime pervers et criminel.
 27 avril 2014:  La  Kabylie plébiscite le MAK et  désavoue publiquement le mensonge, la manipulation et l'usurpation
Les médias algériens et même l’inénarrable AFP, ont cette fois, bien été obligés de reconnaitre la force de présence du MAK sur le terrain. Ainsi, la théorie qui voulait que les 3marches auxquelles avaient appelées le MAK soient attribuée à une poignée d’anciens animateurs d’un mouvement mort depuis 20 ans et à des formations politiques qui, soit n’avaient même pas appelé à célébrer le 20 avril, soit qui l’avaient déjà célébré quelques jours avant, a fait un tonitruant ...FLOP !

La presse algérienne, secondée par l‘AFP ont eu beau publier des articles réducteurs et mensongers pour déposséder le MAK du fruit son dur labeur, le mensonge, la manipulation et le hold-up médiatique ont été vertement désavoué par le peuple Kabyle lui-même. 

D’autre part, malgré les dates contradictoires diffusées par certains journaux pour semer la confusion, les uns donnant la date du 29 avril ou du 5 mai, pendant que d’autres affirmaient que malgré « l’interdiction », la marche était quand même maintenue et que d’autres encore, dans les campus universitaires, faisaient courir le bruit de « l’annulation » pure et simple de la riposte du MAK, la marche du 27 a été un franc succès, une victoire éclatante sur la répression, le mensonge et la manipulation. 

A Tizi-Ouzou, ce 27 avril, le peuple kabyle a apporté un démenti fracassant aux mensonges de la presse en reprenant à gorge déployés les slogans de l’autodétermination du peuple kabyle, un peuple qui, depuis des millénaires porte en lui ce formidable trésor qu’est la LIBERTÉ ! 

zp,
SIWEL 281902 AVR 14

Lyazid Abid, vice-président du GPK : " 70 % des effetifs de l'ALN étaient kabyles"

Lyazid Abid, vice-président du GPK : " 70 % des effetifs de l'ALN étaient kabyles"

28/04/2014 - 15:05


LAUSANNE (SIWEL) — Invité par la diaspora kabyle pour donner une conférence sur le 20 avril, M. Lyazid Abid, vice président du GPK, a fait le tour de la question kabyle depuis le mouvement national algérien. Il a révélé que 70 % des effectifs de l'Armée de libération nationale (ALN) étaient tous kabyles et venaient de la wilaya III historique.


"Si l’Algérie est indépendante, c’est essentiellement grâce à la Kabylie qui avait fourni à l’armé de libération national (ALN) plus de 70% de ses effectifs", a révélé M. Abid.

M. Abid, vice-président du GPK. PH/DR
M. Abid, vice-président du GPK. PH/DR
« Ce qui vient de se passer en Kabylie et en Algérie la semaine passée (répression des manifestants du 20 avril) suffit pour comprendre la tragédie du peuple kabyle et la déliquescence de l’Algérie post-coloniale », a dit le vice président de l’Anavad. "C'est un pouvoir qui a reconduit pour un 4e mandat, un président mort-vivant avec un score à la Brejnev, qui réprime violemment les marches pacifiques du 20 avril (printemps amazigh) en Kabylie", a-t-il relevé en ajoutant qu'un fait grave, le même pouvoir "précède cette répression de la Kabylie, le jour de la marche du 20 avril, par un acte “ terroriste“ le 19 avril, où des dizaines de militaires sont assassinés en haute Kabylie par des terroristes islamistes". "En Algérie ce genre d’actes terroristes à des lieux et dates précis sont planifiés et exécutés à partir des bureaux des services de renseignement installés à Alger", a dit M. Abid, en insistant que l'objectif est de montrer la Kabylie, aux yeux du monde, " comme région abritant Al-Qaida Maghreb", et ce dans le cas où il nous pourrons contenir la contestation kabyle. Selon lui, c'est l’engrenage mortel que réserve l’Algérie aux pays des Kabyles. 

abordant le printemps amazigh, le vice-président du GPK s'est interrogé si la révolte du printemps amazigh est l’acte de naissance de la nation kabyle ? " Il est un repère incontournable dans l’histoire de la Kabylie", a-t-il dit, avant de donner un aperçu historique sur les événements. "Tout a commencé, le 10 mars 1980, lorsque le pouvoir algérien interdit à l’illustre écrivain et anthropologue kabyle, Mouloud Mammeri, d’animer une conférence à l’université de Tizi Ouzou sur “La poésie kabyle ancienne“. Parler de la poésie kabyle, évoquer la force de la culture kabyle et amazighe avaient suffi pour ébranler les fondements de la nation algérienne. Cette “dangereuse“ conférence devait être interdite par tous les moyens. Quelques semaines plus tard, le 20 avril, toute la Kabylie se retrouva dans la rue pour revendiquer la reconnaissance de la culture amazighe et la démocratie pour toute l’Algérie. Depuis, chaque 20 avril, les Kabyles rappellent au pouvoir algérien par des marches pacifiques qu’ils ne renoncent pas à leur identité et à leur liberté", a-t-il relaté. 

A propos du Printemps noir, le conférencier a souligné que le 20 avril 2001, " le pouvoir algérien commit l’irréparable. 128 jeunes manifestants ont été tués par les forces de gendarmerie et de police algériennes, qui ont utilisé des balles réelles". Il a rappelé qu'un ministre d’Etat, ministre des affaires étrangères (A. Belkhadem), qui deviendra par la suite chef du Gouvernement, proposa, en plein conseil des ministres, un bombardement de la Kabylie. A ces massacres de jeunes kabyles et à ces appels au génocide, les Kabyles non compromis avec l’Etat algérien créèrent le Mouvement pour l’Autonomie pour la Kabylie qui deviendra en décembre 2011 le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie. Depuis, le MAK exige un Referendum sur l’autodétermination de la Kabylie. 

"Allant plus loin dans la recherche de sa souveraineté perdue en 1857 contre la France coloniale, la Kabylie se dote aussi d’un Gouvernement provisoire installé à Paris le 1 juin 2010 et présidé par Ferhat Mehenni", a-t-il ajouté. 

Après un aperçu historique sur la dé"marche de la Kabylie au sein du Mouvement national, il a mis en avant les dissensions nées au sein du mouvement pour aboutir à la crise anti-berbéristes de 1949. "Les Kabyles posèrent clairement la question de l’identité culturelle de l’Algérie. C’est alors que débuta une chasse aux cadres du PPA/MTLD issus de la Kabylie. Beaucoup d’entre eux furent emprisonnés ou abattus. Des militants d’une très grande valeur comme Amar Ould Hammouda, Ouali Bennai et Embarkek Aït Menguellet ont été sacrifiés parce qu’ils n’acceptaient pas la confusion idéologique du mouvement national, qui niait l’existence même des Imazighen", a-t-il dit. 
Cette suspicion maladive à l’égard des Kabyles s’érigera en axe fondateur de l’Algérie arabo-musulmane autour duquel toutes les alliances anti-kabyles se construiront. 
La stigmatisation qu’allait vivre la Kabylie n’a pas d’égale. Même l’écrivain Mouloud Mammeri que nous avons cité plus haut sera traité de régionaliste et par conséquent de collaborateur après la publication de son roman la Colline oubliée, en 1952, sous prétexte que son livre ne parle pas de l’Algérie mais de Kabylie. 

Ensuite le conférencier a traité de l'Algérie indépendante où il a relevé l'antikabylisme de l'etat algérien, soutenu par les pays arabes, notamment l'Egypte. 

" En 1963, la Kabylie, sous la houlette de Hocine Ait Ahmed, se rebella contre la dictature de Ben Bella. Bilan 400 morts non reconnus à jour", a-t-il souligné, en ajoutant que "50 ans après l’indépendance, les même réflexes refont surface. La Kabylie est géographiquement inexistante et la reconnaissance de son identité n’est reconnue que pour mieux l’étouffer. Bien que meurtrie, stigmatisée et isolée, elle retrouve les ressorts qui forgent son identité millénaire et aspire aujourd’hui à sa liberté par l’organisation d’un referendum d’Autodétermination". 

" A l’image des Catalans, des Écossais et des Flamands, les Kabyles aspirent à leur souveraineté par des processus politiques démocratiques reconnus par l’Onu. La charte des Nations Unis souligne l’importance de cette démarche dans ses textes. Cette légitimité est d’abord affirmée par l’article 1 de la charte des Nations Unies qui consacre le principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, les peuples déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel. En plus de ces principes qui fondent un État, à savoir, une population, un territoire et un gouvernement, nous avons aussi une histoire commune et une communauté de destin", a plaidé M. Abid, en précisant que la République kabyle sera démocratique et laïque. La Suisse, à qui la Kabylie ressemble beaucoup par son organisation politique traditionnelle, reconnaitra certainement en elle, un partenaire fiable et durable, du coté sud de la méditerranée". 

Il faut rappeler que M. Abid était en Afrique du sud, à Johannesburg où il avait plaidé la cause kabyle auprès de l'ANC du défunt Mandella. Cette action a permis la médiatisation de la question kabyle. 

aai 
SIWEL 28 1405 AVR 14 

Halal/Haram : le binaire tragique du monde que je subis « tamoudre

Halal/Haram : le binaire tragique du monde que je subis

Kamel Daoud
Le chroniqueur l’avait déjà écrit un jour: les deux plus grands partis politiques dans le monde dit « arabe» sont le Halal et le Haram. Tout le reste est fiction, désormais. Deux colonnes, deux mondes, deux univers et de deux cosmos et rien de plus. Curieusement, la liste Halal focalise sur la nourriture : égorgée, assommée, mâchée, écrasée ou empoissonnée. Le centre du halal n’est pas le bonheur mais la viande. On y parle de ce qui entre dans l’estomac et pas de ce que fabrique la main. Le halal est gastronomique, alimentaire, du stade oral collectif. Il ne partage pas la nourriture entre ce qu’on produit et ce qu’on achète, mais entre ce qu’on égorge et ce qu’on assomme. Halal est une carte, un menu, un caprice, un repli, un tracé de frontière, une affirmation du rite, pas une mesure du poids.
En face le Haram. L’autre monde. Celui de l’empiétement, de la transgression et de l’Altérité refusée. Ceci en définition. La liste des Harams (interdits), dans le texte du Coran, est très courte. Mais la liste Haram, dans la bouche des « Arabes » désœuvrés, est infinie et s’allonge chaque jour, cheikh après cheikh : on y parle de vin, de sanglier mais aussi du corps, de la cuisse, du bonheur, de la danse, du rire, de la joie, de l’Autre. C’est une façon de refuser l’autre, ses rites, calendrier, manières de table, vêtement, fêtes et noces. Dans les faits, Halal/Haram est un tracé de frontière. Ce sont les deux pôles de la terre sacrée, plate mais arrondie. On parle de la viande halal en Occident et de Boko Haram au Nigeria. Au Nord on ne veut pas manger la viande assommée et au Sud on assomme la viande de l’Occidental. Le mouton n’est pas halal s’il n’est pas égorgé et l’Occidental n’est pas Haram à égorger. Tout est dans l’usage du corps, du cadavre, de la viande. La liste des produits halal s’allonge en Occident et la liste des produits haram s’allonge dans la planète d’Allah. Le halal est un fion commercial en Occident. Le haram est une intolérance, une différence, chez nous. Le halal est un investissement confessionnel chez les spécialistes du commerce.
Le haram est chez nous dicté par n’importe qui, enfant du temps que l’on perd, signe extérieur de repli intérieur, affirmation du refus par l’exclusion et l’amputation. La liste des produits, faits, gestes et mets haram est plus longue dans la bouche du musulman que dans la parole de Dieu qui s’est contenté de quelques produits sur l’étalage de la création.
En plus secret, Halal concerne l’alimentaire, comme dit plus haut. Et le Haram concerne en gros la joie, l’ivresse, le plaisir, le désir. L’un est à l’affût de la viande et l’autre de la chair. Le Halal est un commerce et le Haram un refus de commercer avec l’humanité et ses cultures. Les deux catégories marquent aujourd’hui les objets du monde, les nuances du plaisir, les produits, les tons et les arômes, les corps et les danses, les pays et les peuples. Tout le reste s’est effondré de ce que nous avons arraché à l’Occident comme modernité après ses douteuses décolonisations. Dans le vaste désert que l’on promène et que l’on propose, il n’y a rien que l’infini et le tracé d’une ligne unique entre deux mondes et deux façons. Le monde binaire des «Arabes» : Halal/Haram. Zéro et un. Au choix. Mais sans aboutissement, ni saut informatique.
Juste une binarisation, en attendant la fin du monde qui, en vérité, est déjà fini. Une longue conversation maladive entre un homme qui recule et un désert qui avance. Et qui aujourd’hui pénètre nos familles, nos jours, nos mets, nos gestes et nos vies avec son mauvais sable.